Comment se satisfaire du récit de la Genèse quand on a quelque révérence pour la femme, ? Dieu l'aurait tirée du flanc d'Adam, ce qui autoriserait l'homme à tenir sa compagne pour inférieure ? Dieu, en frappant d'interdit l'arbre de la Connaissance du bien et du mal, aurait dénié l'autonomie morale à ses créatures, les punissant ensuite d'avoir agi en êtres libres ? N'est-il pas, en outre, singulier, que la Bible soit muette sur la beauté d'Eve, alors que Dieu n'a pu que mettre toutes ses complaisances dans Son ultime ouvrage ? et muette sur l'union charnelle d'Eve et d'Adam, ode sacramentel par excellence ? Irrité par les crimes de leur descendance, le Créateur aurait effacé toute chair de la surface de la Terre, mais, comme dépourvu de prescience, aurait sauvé Noé dont la postérité allait perpétuer le Mal ? Que d'énigmes sont promises au lecteur des Saintes Ecritures. Avant que plus rien ne subsistât du jardin primordial, il importait d'en célébrer les rares vestiges. Avec, s'il se peut, les yeux " non habitués " d'un Adam ; avec ceux, voilés d'une essentielle nostalgie, de la première femme, de la " première mortelle ". Puisse le poète avoir fidèlement transcrit le chant du cygne d'un monde condamné. Puisse-t-il avoir infusé, dans les regards, attention, ferveur et gratitude envers tout ce qui témoigne encore de sa haute origine. A commencer par la femme plénière qu'Eve inaugure. Que soit louée, en celle-ci, la filiation indéfinie de ses pareilles, dépositaires successives de l'enfance du monde, toute grâce et tendresse ; de la courbe accomplie ; du temps cyclique - et d'un rebord de seuil donnant sur un goulet marin ! De quoi, si l'on en croit Camus, savoir quelque chose, ici-bas, du Paradis. De quoi, pour le philosophe, s'aviser que cette preuve tangible, irrécusable, de l'existence de Dieu, qu'il avait tant cherchée, se trouvait en foule sous ses yeux. F. S. Poète de l'Arbre et de l'Océan, François Solesmes est aussi l'auteur d'une " Poétique de la femme ", en deux volets : La Nortpareille et Faites intimes.
Nombre de pages
191
Date de parution
16/03/2006
Poids
912g
Largeur
225mm
Plus d'informations
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EAN
9782841863068
Titre
L'inaugurale
Auteur
Solesmes François
Editeur
ENCRE MARINE
Largeur
225
Poids
912
Date de parution
20060316
Nombre de pages
191,00 €
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L'érotisme qui gouverne ces pages, bien que s'autorisant toutes les précisions, toutes les audaces, ne vise nullement au scandale. Il s'agit simplement de déceler par quel mystère la caresse de la main sur la peau offerte ( main de l'homme sur la peau de l'éternelle Amoureuse) éveille en nous un tel flux de désir, d'images elles aussi longuement «caressées», de promesses inouïes.Nous est donc proposé un «voyage» à travers les différents paysages du corps féminin, non point un blason statique des beautés et des prestiges de la chair, mais une active rêverie où tous les gestes sont osés, exaltés, «filmés» avec cette minutie cérémonielle qui est la marque de toute dévotion. François Solesmes ne connaît de religion que celle de l'Amour majuscule. Pour lui comme pour les anciens troubadours, l'érotisme n'est que l'autre nom d'un accomplissement qui engage à parts égales - et à part entière - le corps et l'âme.
Revue de presse S'il est bien vrai, comme le dit avec tant de fine discrétion un poète chinois parlant de l’amour, qu’ « il est des paroles qu’on ne peut se dire que sous la lune », il est bien vrai aussi que la lumière ordinaire du jour suffit lorsque le plus infime retrait prend le pas sur l’intimité.Tout le thème du livre est là, dans cette obscure transmutation, que n’impose aucune nécessité et qui toujours est pathétique, de la nuit lumineuse qui ouvre au don réciproque de soi, où « chacun s’adresse à l’autre de l’intérieur du Nous », à la lumière nocturne dans laquelle les moi, en sens inverse, affirment leur territoire respectif, la prise de distance, le détachement.Sur un thème aussi délicat que celui-ci, aussi universel et qui altère depuis toujours d’innombrables couples promis au bonheur, nous ne connaissons pas de pages aussi intenses que celles que nous propose aujourd’hui François Solesmes, aussi éloignées qu’il est possible de l’être du regard du moraliste comme de celui du psychologue, dans lesquelles, tout au contraire, vibre une empathie et une sincérité si extrême qu’elles en fendent, dans leur exercice, la pierre et le métal.Sous la forme de réflexions libres ou de lettres fictives, transposées et recomposées à partir d’histoires réelles, que s’adressent des couples en souffrance d’adultère ou de rivalité, de perte de vitesse ou de frustrations, de disgrâces ou de manque d’attention, c’est toujours le mot et l’expression juste qui viennent sous la plume de l’Auteur, la noblesse des sentiments jusque dans la plue crue lucidité d’un désamour en cours.Un mot d’Ibn Arabî n’a cessé de remonter à l’esprit au fil de ces douleurs, dont la teneur est sublime :Quand pour l’adieuNous nous sommes rencontrésTu aurais pensé que nous étionsComme une lettre redoublée,Au moment de l’union et de l’étreinte.Même si nous sommes constituésD’une double nature,Les regards ne voientQu’un être unifié.A quel moment et comment devient-il possible que, petit à petit ou brusquement, les regards, non seulement ne se rencontrent plus dans la « cueillette des roses », comme dit le même mystique, mais qu’ils séparent à nouveau ce qu’ils avaient unifié dans l’extase ?Il est impossible de répondre, car il s’agit là d’une expérience si inattendue et si terrible que, parce l’objectivité et la subjectivité s’y entremêlent, personne n’a plus raison ni tort.Il n’en demeure pas moins, si l’on devait une conclusion provisoire à cette présentation d’un aussi beau livre que « mieux vaut souffrir d’avoir aimé que souffrir de ne pas avoir aimé ». (Jean Borel 2007-07-09)
2 volumes sous coffret vendus non séparément Tome I Clémence Ramnoux consacra sa vie entière à l'étude et à la sémantique des penseurs présocratiques comme Héraclite, Empédocle ou Parménide, afin de remonter aux sources de la philosophie. Pour ce faire, elle élabora une méthode de recherche interdisciplinaire, redevable de l'histoire des religions, de la philologie, de la philosophie et de la psychanalyse. Dans ce premier volume se trouvent rassemblés les trois premiers ouvrages (La Nuit et les enfants de la Nuit dans la tradition grecque, Héraclite ou l'homme entre les choses et les mots, Mythologie ou la famille olympienne) de cette grande helléniste qui font toujours autorité. A chaque fois l'auteur a proposé de nouvelles traductions des textes présocratiques. Clémence Ramnoux n'étudie pas seulement l'évolution du mythos au logos, en s'attachant à démontrer le passage du nom des puissances divines à l'abstraction philosophique, elle s'est également intéressée aux fragments d'Héraclite en proposant une lecture non plus fondée selon la division traditionnelle - cosmologie, anthropologie, logique - mais sur une nouvelle méthode de groupement des formules de mots. Dès lors, elle éclaire les fragments d'Héraclite, en se mettant à l'écoute des mots, de leurs jeux, de leurs résonances, de leurs échos pour les entendre philosophiquement et les comprendre dans leur unité, nous faisant oublier le surnom que la tradition lui donnait : "Héraclite l'Obscur" . Dans sa présentation, Rossella Saetta Cottone dit la dette immense de la recherche française envers Clémence Ramnoux qui a su dépasser les clivages disciplinaires pour aborder une question capitale de notre culture comme celle de la naissance de la pensée rationnelle. Tome II Dans ce second volume consacré essentiellement aux études présocratiques, Clémence Ramnoux reconnaît l'apport de Nietzsche en montrant que le retour aux sources archaïques permet de comprendre comment de l'éloignement progressif des dieux vont naître les commencements de la philosophie. Cette dernière se détachera peu à peu du mythe (encore largement présent chez Platon), pour faire émerger la pensée abstraite, toujours en mutation, fille adultérine de la pensée archaïque. C'est à l'aune de ces rencontres agonistiques entre penseurs anciens que la philosophie s'affirmera. Dans une suite d'articles sur les présocratiques, on découvre ce glissement du mythe à la pensée rationnelle, déjà en germe avant Socrate. Avec la traduction commentée du Poème de Parménide, l'auteur montre l'importance de la transmission des textes anciens dont il faut aussi savoir faire une étude critique. Un choix d'articles peu connus, jusqu'alors dispersés et difficilement accessibles, permet de mieux comprendre les relations complexes - à la fois complices et novatrices - de Clémence Ramnoux avec la pensée contemporaine, notamment avec la psychanalyse et avec la philosophie de Bachelard. Cette nouvelle édition en deux volumes des oeuvres majeures de Clémence Ramnoux, entièrement revue et corrigée, est enrichie d'une Table de concordances des fragments orphiques, d'un Index des sources, d'un Index général, d'une Bibliographie raisonnée des oeuvres citées par l'auteur et d'une Bibliographie de ses oeuvres et des articles qui lui ont été consacrés.
Sils-Maria, haut lieu de villégiature philosophique de Friedrich Nietzsche : de son bureau, au c?ur de la haute Engadine, il voit, là, juste sous le ciel, une haute falaise très escarpée. Viendra s'y construire peu de temps après sa disparition, un chalet. Au bord du précipice. C'est là qu'Anne Frank passa, chez des amis de ses parents, les étés de 1935 et 1936, années pathétiques de l'hitlérisme conquérant. Entre le philosophe et la toute jeune Anne, d'une maison l'autre, dans un au-delà du temps qui sollicite rencontre et dialogue, un pays au-delà du crépuscule se dessine. Par petites touches. Dans le froid glacial du haut plateau de la haute Engadine. Dans la clairière aménagée par Hölderlin et Plutarque. Dialogue des morts avec les textes philosémites de Nietzsche, l'ermite de Sils-Maria, avec l'allégresse de celle qui va, bientôt, nous livrer son Journal. Peu à peu les mots construisent le chalet qui n'existait pas, révèlent l'admiration et le respect du Philosophe pour le Peuple juif auquel Anne appartient. Ecritures d'ombres sur les pierres, les parois, les clairières, les poutres des chalets, des chambres de l'Une, du bureau et de la petite table de l'Autre. Immémoriales stèles dans les clairières de l'Engadine. Croisement d'âmes sur les sentiers de l'Alpe. Il fait décidément beau à Sils-Maria,. Très beau.
Concernant l'idée de révolution, six thèses principales paraissent ressortir d'un examen systématique des ?uvres complètes de V.I. Lénine. 1°/ La révolution est une guerre ; et la politique est, de manière générale, comparable à l'art militaire ; 2°/ Une révolution politique est aussi et surtout une révolution sociale, un changement dans la situation des classes en lesquelles la société se divise ; 3°/ Une révolution est faite d'une série de batailles ; c'est au parti d'avant-garde de fournir à chaque étape un mot d'ordre adapté à la situation objective ; c'est à lui de reconnaître le moment opportun pour l'insurrecion ; 4 °/ Les grands problèmes de la vie des peuples ne sont jamais tranchés que par la force ; 5°/ Les révolutionnaires ne doivent ni ne peuvent renoncer à la lutte en faveur des réformes ; 6°/ À l'ère des masses, la politique commence là où se trouvent des millions d'hommes, voire des dizaines de millions. Et les foyers de la révolution tendent à se déplacer vers les pays dominés.