Extrait «Mon frère est mort. - Je le sais bien.» Charlotte posa son verre qui heurta le faux marbre de la table avec un tintement. Elle leva les yeux vers l'adolescent qui lui faisait face, les traits dissimulés derrière le rideau de ses longs cheveux bruns tombés sur son visage. «Mais est-ce que cela doit t'empêcher de vivre ? Est-ce que tu vas pour toujours t'interdire de vivre, Dylan ?» Il haussa les épaules avec lassitude. «Je ne sais même plus ce que veut dire : toujours. Quant à vivre...» Elle voyait le verre trembler dans la main du garçon. L'autre, immobile sur la table, était tellement crispée que les jointures en étaient livides. Doucement, elle posa sa main sur le poing serré. «Tu crois que personne ne peut t'aider, murmura-t-elle. Tu te trompes.» Comme il ne réagissait pas, la jeune fille retira sa main. Il tourna la tête vers la fenêtre. Des gens marchaient. Un homme s'arrêta à la hauteur du café pour allumer une cigarette, protégeant de sa main la flamme du briquet. Deux écoliers riaient parce qu'ils se bousculaient l'un l'autre en marchant. Une femme se mira dans la vitre pour rectifier sa coiffure, sans voir ceux qui se trouvaient à l'intérieur. Dylan se sentait seul au monde. Seul face à sa douleur. Seul face à ces questionnements sans fin dans lesquels il perdait pied. «Dylan ?» Il sursauta. Il avait oublié la présence de Charlotte. Il lui demanda brusquement : «Est-ce que tu étais amoureuse de lui ? - Tu sais bien que non, répondit-elle avec humeur. Tu me l'as déjà demandé, je t'ai déjà répondu. Arrête, tu te fais du mal ! - Tu aimes quelqu'un d'autre ? - Oui, je te l'ai dit. - Qui ?» Elle marqua un temps de silence, ses doigts glissant sur la buée du verre. «Je n'ai pas voulu le dire à Christophe. Pourquoi je te le dirais, à toi ? - Parce que j'essaie de comprendre ! - Il n'y a rien à comprendre. Il s'agit juste d'accepter.» Il rejeta ses cheveux en arrière et la fixa durement : «C'est ce que je ne peux pas faire, justement. Accepter que mon frère soit mort ? Non ! Jamais.» Quand il vit des larmes dans les yeux sombres de la jeune fille, il se leva : «On rentre ?»
Nombre de pages
160
Date de parution
24/10/2012
Poids
202g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9782706709753
Titre
LE NOEUD DU FOULARD
Auteur
Haumonté Odile
Editeur
SALVATOR
Largeur
110
Poids
202
Date de parution
20121024
Nombre de pages
160,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le désir d'être humble ! Voilà ce qui taraude Benoît Standaert depuis son plus jeune âge. A partir d'août 2007, ce moine bénédictin, devenu ermite, a relevé dans les pages d'un cahier ses expériences et ses réflexions pour approfondir sa quête. Dans le sillage des Pères du désert ou des mystiques flamands Ruysbroeck et Dom André Louf, ce moine d'aujourd'hui rappelle que le secret de la foi, de la joie chrétienne, n'a qu'un nom : l'humilité. C'est par l'humilité qu'on devient pauvre de coeur et c'est par l'humilité que l'Evangile vaincra toutes les résistances, à commencer par les nôtres ! Un plaidoyer remarquable pour un christianisme humble.
Discours au Parlement européen et au Conseil de l'Europe (Strasbourg, 2014) ; à la réception du Prix Charlemagne (Vatican, 2016) ; aux chefs d'état et de gouvernement de l'Union européenne (Vatican, 2017) ; aux participants à la conférence "(Re)Thinking Europe" (Vatican, 2017). Préface du cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'Etat du Saint-Siège.
Terre inconnue dans laquelle nous pénétrons lentement, âpre pays à traverser et à conquérir, la vieillesse a ses grandes ombres, ses embûches et ses fragilités, mais ne doit pas être séparée de la vie : elle fait partie du chemin de l'existence, avec ses propres atouts. La vieillesse est un art de vivre que nous pouvons bâtir, jour après jour, en s'appuyant sur notre conscience, nos choix, la qualité de nos relations avec les autres, et jamais sans les autres. Elle nous prépare, peu à peu, à accepter l'inachevé, à relâcher le contrôle que nous avons sur le monde et sur les choses. Dans l'inexorable face-à-face avec le corps qui progressivement nous trahit, Enzo Bianchi invite chacun de nous à accueillir cette étape, sans jamais considérer l'avenir avec une nostalgie mélancolique, mais en y trouvant au contraire l'occasion précieuse d'un acte généreux de confiance envers les nouvelles générations.