Le recueil Herbe amère (Barihidhët) - écrit en 1976 lors de ma dernière année de lycée dans la ville de Lushnje, en Albanie - ne fut pas publié par l'éditeur du régime "N. Frashëri" de Tirana. En effet, selon la censure, "les textes de ce recueil ne traitent pas le thème de notre village socialiste. Le héros de ces poèmes est un homme solitaire, quise tient loin de ses camarades, de l'Association de la jeunesse, de la réalité. De plus, dans ces vers, les transformations qui ont amené au Socialisme dans les campagnes sous le guide du Parti, sont absentes... ". A cette époque, la plaquette avait comme titre journal de la forêt. En 1999, j'ai traduit ces poèmes en italien. Deux ans après, en 2001, le recueil est publié pour la première fois chez l'éditeur italien Fara. En 2013, la deuxième édition est sortie chez l'éditeur Cosmo Iannone en version augmentée. En effet, elle comprend des textes inédits que j'ai retrouvés parmi mes vieux manuscrits. En offrant ces vers aux lecteurs, c'est comme si je revenais aux années de la dictature albanaise : une période s glaciale " et "inhospitalière", pendant laquelle a commencé mon parcours de poète.
Corps présent fait partie d'une oeuvre qui a pris naissance en Albanie, mais que Gëzim Hajdari a "pétrie" en Italie. Ce "corps" est issu de sa lignée et de l'histoire de tout un peuple. Dans cette aventure où le nous alterne avec le je, il déroule une sorte d'autobiographie intemporelle, épopée d'une quête tout à la fois personnelle et collective. Comme il s'en confiait à Andrea Gazzoni, ce "corps présent" figure, en définitive, un moi multiple : "Mon corps est un corps collectif, celui d'un peuple, un corps d'exilé, d'itinérant. Il revêt mille formes, il est doté de mille yeux, de mille bouches. Il chante, vibre et meurt pour renaître en de nouvelles vies. C'est un corps qui devient prière, parole, se tourne en mystère. Au coeur de cet exil, mon corps est mon pays, mon identité, ma terre mère, mon Albanie. Je suis l'Albanie et je suis le monde".
Belfakih Abdelbaki ; Péquignot Bruno ; El Hadari R
Quotidien et imaginaire : ces deux notions sont généralement considérées comme antinomiques, du fait de la domination d'un paradigme escapiste décrivant certains biens de consommation culturelle comme des moyens de fuir le quotidien en se réfugiant dans le domaine de l'illusion. Or, depuis les travaux de Michel de Certeau, les sciences humaines et les arts soulignent à quel point le quotidien lui-même peut être source d'imaginaire. Cette "invention du quotidien" est aussi perçue comme l'origine des changements sociétaux, de nouvelles pratiques et conduites naissant d'abord dans les foyers et dans la rue avant d'être admises, voire reconnues.
Barbara Pravi livre un manifeste pour la liberté et l'amour universel. " Levons nos voix Crions pour celles qui ne peuvent pas Crions pour celles qui ne peuvent plus Pour celles qu'on n'a jamais entendues " Dans cette invitation à la solidarité, elle en appelle au " réveil " de chacune et chacun d'entre nous pour nous exhorter à défendre nos libertés en refusant la résignation et la haine. Un texte fédérateur, traduit en arabe par Aref Al-Haidari et préfacé par l'autrice Huriya Asmahan, accompagné d'illustrations de Barbara Pravi.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...