Aux yeux de Kundera, tout personnage est un "ego expérimental" . Avec l'autofiction, l'équation s'inverse : c'est l'ego qui se fait personnage expérimental. Dans ces pages, l'auteur tente une expérience inédite : celle d'un personnage intermittent courant d'emploi en contre-emploi, au gré des offres de l'Agence Rôle-Emploi chargée des intermittents de la Fiction. Homme de théâtre, Larbi est un Algérien réfugié en France, suite à une fatwa lancée contre ses adaptations en arabe de Tartuffe et des Femmes savantes. Alors que son pays vient de commémorer les 60 ans de son indépendance, il se retrouve engoncé dans la peau d'un personnage obnubilé par la défense de la langue française qui l'engage dans une croisade surréaliste contre ce qu'il appelle les Accords déviants. La presse le surnommera "Le Fou de Molière" . Pendant qu'en Algérie, le régime lance son "Grand remplacement" (le français par l'anglais), en France, les élites sont au chevet de la langue française, menacée par le langage minimaliste des réseaux sociaux, mais pas seulement... Dans un improbable jeu de rôles, Larbi va traverser ce "roman qui ne veut pas en être un" (Adam Thirlwell), et s'incarner là où le lecteur ne l'attend pas... Tournant délibérément le dos à l'histoire de son pays, à peine évoquée entre dérision et réalisme, l'auteur expérimente, ici, un genre de fiction fragmenté, comme l'est l'Algérie depuis l'indépendance : une sorte de série-fiction. Pour reprendre la formule idoine de Kundera : "Il s'agit de nouvelles emboîtées (...) Une autre façon de dépasser la linéarité" .
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
2620
Date de parution
04/02/2023
Poids
296g
Largeur
135mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782494387003
Titre
Molière m'a tuer. L'homme des Accords déviants
Auteur
Guemriche Salah
Editeur
ALTAVA
Largeur
135
Poids
296
Date de parution
20230204
Nombre de pages
2 620,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Depuis la fin du XXe siècle, un mouvement qui semble irrépressible, en particulier au Maghreb mais aussi dans le reste du monde arabe et même en Occident, conduit de plus en plus de musulmans à tourner le dos à l'islam pour rejoindre la religion de Sidna Aïssa - autrement dit de "Notre Seigneur Jésus". Au Maroc et en Algérie comme dans la discrète Tunisie, on parle de milliers de convertis au christianisme chaque année. L'oeuvre d'un ou de plusieurs réseaux d'évangélisateurs en quête de nouveaux adeptes? Une réaction face à certaines évolutions en terre d'islam et notamment à la montée de l'islamisme? Des candidats à l'exil qui n'hésitent pas à "vendre leur âme"? Des conversions troublantes de sincérité? Cet ouvrage propose une enquête sur ce phénomène nouveau aux multiples facettes. Et qui, au fur et à mesure qu'il prend de l'ampleur, suscite régulièrement l'émoi en terre d'islam, où les autorités comme les familles portent un regard pour le moins suspicieux sur les"apostats". Une enquête qui a conduit l'auteur, un Algérien qui réside en France depuis plus de trente ans, dans son pays d'origine, tout particulièrement en Kabylie. Mais aussi dans les autres pays du Maghreb, en Espagne - notamment en Andalousie - et dans plusieurs régions de France. Ce qui lui a permis de recueillir, et de rapporter ici, de nombreux témoignages de convertis pour illustrer son propos.
... Depuis ses années de lycée, toute première phrase de roman exerce sur lui un attrait quasi mystique. " Ainsi commence le livre de Salah Guemriche qui raconte l'histoire de Youssef, écrivain d'origine algérienne. Fasciné par la première phrase des romans de la littérature mondiale. Le jour où il signe sa première phrase à lui, Youssef ne sait pas encore qu'elle sera le fil conducteur d'une fatwa occulte. Après l'assassinat de son épouse, il fuit l'Algérie pour s'installer à Paris. Un Paris " décalé " par son regard d'exilé, lieu de rencontre où règnent aussi la suspicion et la haine. La boucle sera bouclée quand Youssef sera rattrapé par son destin dans une ville de province... par la faute d'une fatale première phrase. Bâti autour d'une extraordinaire idée - la collection très oulipienne des premières phrases de romans -, ce livre mêle la dérision au tragique pour dire l'immense noirceur des " événements ", le déchirement et les désillusions de l'exil.
Cet essai relate le cheminement, à travers la Bible, d'une pensée libre, en opposition à la "rétention honteuse, chez les musulmans, pour aller à la découverte de la Torah et des Evangiles" (Youssef Seddik), et à leur "indifférence pour ce qui relève de la connaissance du monde juif, de son passé ou de sa pensée" (Victor Malka). En relevant, à travers l'épopée du peuple "inventeur du dieu unique", les codes qui fondent la morale juive, l'auteur a eu le sentiment de découvrir en YHWH un "Grand Ordonnateur de feuilles de route". Une route rigoureusement balisée, avec ses bornes et ses "haies" de protection - qu'en hébreu on appelle des syagim. Ainsi, après quatre années passées à glaner sur les "terres" du judaïsme biblique, telle Ruth glanant sur les terres de Booz, après avoir étudié plus de cent textes juifs, anciens et contemporains, l'auteur interroge ici le rapport du Juif à son prochain (parent, voisin, étranger, allié ou ennemi). Une découverte.
Résumé : "Ce recueil couvre quatre décennies de mon immigration. Une immigration "choisie" non pas au sens où l'entendait Nicolas Sarkozy, mais au sens premier du terme : mon départ du pays, l'Algérie, ne fut ni une émigration économique ni un exil politique. Il fut dicté par un besoin impérieux d'un ailleurs, d'une quête existentielle. Comme si, l'indépendance ne suffisant plus, il me fallait la liberté. Celle de dire et de se dire. Suprême paradoxe : ce fut la langue qui décida de la destination... Ces chroniques retracent un parcours de vie, le cheminement d'une pensée, celle d'un immigré qui, sans rien céder de sa liberté et de son esprit critique, se découvre (sous le regard narquois de son propre fils, Français de souche... nouvelle) plus intégré qu'il ne se pensait." Salais Guemriche.
Résumé : La haine aveugle qui s'abattit sur la génération d'après-guerre fut générale. Pour le régime, les jeunes qui contestèrent le mythe d'une nation otage du jacobinisme, du léninisme et, déjà, de l'intégrisme menaçaient la patrie. Les anciens opposants furent exaspérés par des prétentieux s'immisçant dans une scène réservée à l'aristocratie guerrière. Pour les islamistes, les laïcs souillaient la Oumma. Le courant socialiste français diabolisa des intrus réfutant la fable islamo-tiers-mondiste qui devait, sinon occulter, du moins relativiser ses coupables égarements. Exception notable : de son exil, le vieux Boudiaf observait l'antagonisme pouvoir-société. Sitôt rentré, il se voua à la nouvelle cité. Lui aussi fut rattrapé par la haine. Dans ce tome III, on suit l'émergence d'une génération atypique qui transcenda la peur, récusa la haine, osa les rêves d'une Algérie démocratique, d'une Afrique du nord réconciliée avec son histoire et d'une entente adulte avec l'Europe. Un projet qui manqua d'aboutir avec l'insurrection citoyenne de février 2019.
Résumé : L'ingénieux derviche Sidi Ahmed Ibn Engeli est une créature ascétique qui, à cause de ses lectures excessives et son manque de sommeil et de nourriture, a du mal à se tenir à un même endroit. Comme il ne fait que dévorer des livres de voyage, il achète un vieux chameau usé, Sérendipité, met le livre Voyages d'Ibn Battuta sous son manteau et va à la rencontre du monde. Cependant, le derviche est constamment pris en embuscade par des bandits du désert sur le chemin, et il se sauve à chaque fois en racontant une histoire. Parallèlement, se déroule le destin du "soldat Saavedra" , pris en otage par des pirates en revenant de la bataille de Lépante. Saavedra sera longtemps en captivité à Alger et une importante rançon lui est demandée en tant que personnalité éminente. Le derviche Sidi Ahmed, qui a écrit un récit de voyage basé sur ses expériences, lui demande de traduire le livre en espagnol - Saavedra ne connaît pas l'arabe -, alors il laisse Sidi Ahmed lui raconter son histoire et le paraphrase librement lui-même. Saavedra n'est autre que Miguel de Cervantès.
Résumé : La présence juive en Algérie a souvent été minimisée, même niée dans les discours de tous les des vainqueurs. Pourtant, malgré tout, elle s'est maintenue jusqu'à ce que la colonisation la dissolve dans ses statistiques : On parlera alors de Français, puis on les affublera de l'identité "pied-noir" . Déchirement. Dans l'Algérie postcoloniale, la liesse de l'indépendance et les enjeux idéologiques (aussi) finissent par faire de ces autochtones une réalité anecdotique. Pourtant, deux mille ans d'histoire et un héritage culturel des plus féconds sont là pour témoigner d'une trajectoire historique qui place la judéité au coeur de l'intimité algérienne. L'Algérie juive, ce n'est pas une Algérie à coté, ou contre d'autres Algéries, mais c'est l'une des nuances les plus authentique d'un creuset multiculturel et multiethnique plusieurs fois millénaires.
Jusque-là, Adam mène une vie paisible. Il se perd vertigineusement dans son monde sans passion. Un matin, un événement inattendu vient chambouler sa routine. Tout perd alors son sens à ses yeux et il se résout à se contenter de ce que lui offrent les mains paresseuses du destin. Mais sa rencontre inopinée avec Don Pablo va progressivement le faire revenir à la vie à travers des chemins inexplorés aussi passionnants les uns que les autres. Commencent alors pour lui des aventures existentielles, jalonnées de rencontres fantastiques et de magie, qui le révèlent à lui-même et lui font découvrir le miracle de la littérature. En s'engouffrant dans un monde où la réalité et la fiction se confondent jusqu'à ne plus se distinguer, où la frontière entre le présent et le passé, le bien et le mal, la vie et la mort, devient de plus en plus fine, Adam découvre la force de son regard et sa capacité à reformuler le monde en fonction de son imagination et de ses propres goûts. Subtile mise en abîme, Les vies (multiples) d'Adam est un engrenage où toutes les évidences et les lieux communs volent en éclat et où le monde perd son sens propre pour n'être plus qu'une insaisissable métaphore.