Inciter, et non juste citer. Mais qui? et à quoi? A (être) nous, avant tout ou plutôt envers et contre tout. Or "nous", c'est un pronom aussi traître que le nom de Personne au lieu d'Ulysse. Il n'y a que nous - mais nous autres. Autres que tout, autres, même, que nous, si par là "on" entendait quelque Un. Entre nous soit dit et bien dit, ce n'est pas simple. Surtout entre nous: car c'est là que cela se noue et se dénoue. Un entre tient à nous et nous entretient de nous. C'est ce singulier pluriel, que, pour le nommer, Jean-Luc Nancy aura cité à comparaître devant nous. Nous devant nous, et devant être devant nous. Mais aussi bien il retombera derrière nous. Car nous sommes mortels, ne sommes peut-être que cela - quel étrange lieu commun, tout de même! Lieu où la communauté s'envoie par le fond avant même d'avoir vu le jour, restant toujours en souffrance de naissance et de sens. Peut-on mettre la fin derrière nous, là où elle ne se trouve nulle part? Et pourtant, il ne dépend que de nous d'en finir avec la politique des grands moyens et des fins misérables, comme si toute fin, hormis la tragédie, ne l'était pas... Mais comme la tragédie elle-même est derrière nous, comme le dernier mot est tombé de L'arrêt de mort, il nous faudra rester du côté de la vie à qui il manque de pouvoir ne dire rien que "Oui".
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
188
Date de parution
23/10/2002
Poids
370g
Largeur
155mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782718605968
Titre
Incitations
Auteur
Froment-Meurice Marc
Editeur
GALILEE
Largeur
155
Poids
370
Date de parution
20021023
Nombre de pages
188,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
La Disparue, c'est une jeune femme, Catherine. Sa mort brutale - suicide ou overdose, nul ne sait, a réveillé chez le narrateur (Marc) une passion absolue, plus proche de la fascination que des sentiments humains. Il lui faut, dit-il, déposer. Mais quoi ? La vie de celle qui fut, dix ans durant, son amie proche et insaisissable, lointaine et souveraine, lui échappe dès qu'il tente de la mettre à plat. Aussi n'écrira-t-il pas des souvenirs et une biographie, mais plutôt, entre l'élégie et l'oraison funèbre, un récit des signes de vie, jusque dans l'impensable mort, et en toute humilité, dans l'urgence et le désarroi : elle fut son double, il est son revenant, ou inversement. A travers les éclats de la mémoire reviennent les images d'une solitude violente, d'une beauté farouche, intraitable. Errance infinie, par les confins du monde, trouble et vertige du sens, il semblait que Catherine n'eût de désir qu'à brûler ses vaisseaux, et ne laisser aucun reste. Ou seulement sa voix de chanteuse lyrique.
La chose même : de quoi s'agit-il — et existe-t-elle ? Non, si c'est d'un sujet qu'elle se soutient. Plutôt une in-existence, mais poétique. Une expérience, mais sans vécus. De ce qui fait signe plutôt que sens, et qui donne des orientations de pensée dans la désorientation même. Par exemple ces "choses" toutes simples, qui nous hantent : l'image, l'identité, la liberté. Avec quelques jalons — Rousseau, Nietzsche, Derrida — et les passerelles frêles du langage, frayer des chemins, des claires-voies — jusque dans le massif de l'"art" — ou du "désart" : Hölderlin, mais aussi Michaux, Mallarmé mais aussi Cage ou Duchamp. Un second souffle de "Solitudes".
Résumé : "Nichts zu sagen !" Monsieur Barbie l'a répété sur tous les tons à ses juges de Lyon : les tortures, les rafles d'innocents, l'envoi en camps de la mort : il n'a rien à en dire. "Nous avons les moyens de vous faire parler", menaçait la Gestapo. Ces moyens qui ont manqué à la Justice, le romancier Poirot-Delpech y supplée par l'imagination et l'ironie, seule possible devant l'horreur. Présent au procès (pour R.T.L.), il ne rend pas compte des audiences, déjà connues. A chaud, il mêle impressions, détails inaperçus, réflexions et inventions pures. Malgré sa banalité, à cause d'elle, l'accusé est mis en scène dans l'espoir d'élucider la question capitale d'hier et d'aujourd'hui : Comment un peuple de haute culture peut-il engendrer "ça" ?