Transformations soviétiques et mémoires en Asie centrale. De l'indigénisation à l'indépendance
Fourniau Vincent
INDES SAVANTES
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EAN :9782846544573
Depuis la fin de l'URSS, le monde s'est aisément habitué à l'existence de quinze Etats différents se partageant l'espace ex-soviétique et il a considéré comme acquis que l'Ouzbékistan soit le pays des Ouzbeks et le Kirghizstan celui des Kirghizes. Il a semblé également logique que l'éclatement de l'URSS soit dû largement à son ingérable diversité, surtout quand y évoluaient de nombreuses populations musulmanes dont on estimait qu'elles avaient été globalement tenues en dehors des réseaux de pouvoir. Les développements politiques au sein de l'espace post-soviétique semblent aussi aller dans ce sens, notamment depuis l'accession de Vladimir Poutine au pouvoir en Russie en 1999 : seule la Russie accepte de lier son nom à l'héritage étatique soviétique, avec lequel les anciennes républiques non russes se sont grandement distancées depuis 1991. A sa fondation, l'URSS a systématisé le fait d'ériger certains conglomérats ethno-confessionnels et linguistiques en " fait national ". On désigna ces identités ethnolinguistiques et culturelles par les mots traduits en français par " nationalité ", qui rend ce que nous appelons plutôt des ethnies. Avec le vote de la souveraineté puis de l'indépendance par les parlements des cinq RSS de la région, le " national " s'est servi des institutions soviétiques pour modifier son identité et en éliminer le soviétique. Il est donc nécessaire d'observer comment l'Empire, tsariste puis soviétique, a conçu les relations du centre avec ses " indigènes " et les interrelations, parfois inattendues et surprenantes, qui se sont développées en un siècle.
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Nombre de pages
350
Date de parution
21/03/2019
Poids
528g
Largeur
158mm
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EAN
9782846544573
Titre
Transformations soviétiques et mémoires en Asie centrale. De l'indigénisation à l'indépendance
Auteur
Fourniau Vincent
Editeur
INDES SAVANTES
Largeur
158
Poids
528
Date de parution
20190321
Nombre de pages
350,00 €
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Le contact colonial en Indochine, particulièrement en Annam et au Tonkin, dans sa première phase, n'avait encore jamais été étudié sérieusement dans sa complexité et ses contradictions entre le fait colonial et le fait national. Les récits sur les Pavillons Noirs et autres bandes chinoises masquèrent le fait capital d'une résistance nationale vietnamienne aux aspects multiples, dont la forme armée, le Cân Vúóng (aider le Roi) dura dix ans, menée par les lettrés confucéens et soutenue par la majorité de la paysannerie. L'âpreté de la lutte est cependant attestée aussi bien par ce qu'elle a coûté au budget français (un demi-milliard de francs-or) que par une succession d'événements tragiques : le sac de Huê, des incendies de villages, des épidémies de choléra, le massacre de plusieurs dizaines de milliers de catholiques, etc... L'opinion métropolitaine connut très mal toute cette affaire et l'historiographie perpétua cette ignorance jusqu'à une date récente. Ces faits n'en constituent pas moins un aspect majeur aussi bien de l'histoire du peuple vietnamien que de l'expansion française. Pendant des années le Tonkin occupa une place importante, parfois décisive dans les débats de la République, au Parlement et dans la presse. En même temps se mettaient en place une administration, une société et une économie coloniale, sous la direction de quelques-uns des grands noms de la IIIe République (P. Bert, Constans, de Lanessan). L'établissement de cette France d'Asie est encore embryonnaire en 1895 quand, avec l'écrasement du Cân Vúóng s'achève cette première période de la résistance vietnamienne et de la domination française sur le nord et le centre du Vietnam. Mais la spécificité et l'importance de cet ensemble de faits en rendent l'étude indispensable pour la connaissance générale du colonialisme français, de son implantation et de son évolution en Indochine, comme des racines modernes du nationalisme vietnamien.
Le Vietnam occupe une place particulière dans ce qui fut l'empire colonial français, et insuffisante dans notre historiographie. De nombreux points demandent à être étudiés de plus près : Comment s'est faite la conquête des différentes parties du Vietnam par la France, et comment ont été mises en place les premières phases de l'exploitation, puis les tentatives de " coopération indochinoise " ? Pour répondre à ce questionnement, il fallait suivre chronologiquement et à partir de la multitude des sources, notamment d'archives, les spécificités complexes des 56 premières années de ce contact franco-vietnamien. Cet ouvrage s'efforce d'étudier conjointement les aspects essentiels de l'affrontement de la domination coloniale et du mouvement national vietnamien. L'étude approfondie de ces premières phases du contact franco-vietnamien intéresse donc : - L'histoire nationale, politique, économique et culturelle du Vietnam. - L'histoire générale du colonialisme français dont l'Indochine était un des fleurons. - L'histoire des évolutions politiques intérieures françaises (rôle de Napoléon III, chute de Jules Ferry, rôle des gambettistes, des radicaux...). - L'histoire des relations internationales en Asie (guerre franco-chinoise, chemin de fer du Yunnan...). Malgré les avancées importantes de l'historiographie récente, des aspects déterminants étaient encore à préciser, en en renouvelant, au moins partiellement, la périodisation et les problématiques. Il n'en reste pas moins que cette étude pose par elle même une multitude de questions, et signale d'immenses et multiples champs de recherche.
Cet ouvrage est le troisième de quatre volumes, dont les deux premiers sont parus en 2019 et 2020. Le premier, intitulé "l'Inde entrevue" , est consacré aux deux Compagnies, celle de Colbert et celle de Law, aux comptoirs et à leur commerce, à la politique de Dupleix et à la rivalité franco-britannique, qui se termine par la mainmise de l'East India Company et à l'éviction complète des intérêts français dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Au XIXe siècle, des officiers napoléoniens qui administrent le royaume sikh du Punjab et des missionnaires catholiques entretiennent une présence française dans un pays où la France ne joue plus aucun rôle. Elle végète dans ses misérables comptoirs jusqu'au Second Empire quand, grâce aux progrès du libre-échange au Royaume-Uni, grâce à l'essor de l'émigration indienne aux colonies à sucre, grâce à son industrie textile, Pondichéry connaît un spectaculaire renouveau. Le second volume traite de la politique d'assimilation de la Troisième République dans ses comptoirs, dont tous les habitants sont dès 1871 proclamés citoyens et électeurs sans distinction de couleur, de religion ni de caste. Imposée sans concertation préalable par le pouvoir central, cette politique qui se veut décentralisatrice produit des effets désastreux, conférant le pouvoir à un parti indien réactionnaire et anti-français, puis, à partir de 1906, à de véritables maffias politiques. Les effets de l'assimilation se font sentir jusqu'au dernier moment : héritière de sa devancière, la IVe République ne peut céder ses établissements à l'Inde de Nehru sans consulter leurs habitants qui sont des citoyens français. Or, le parti du Congrès ne veut pas d'un référendum. Le troisième et le quatrième volumes sont consacrés aux regards et aux influences croisés. Les représentations de l'Inde en France, l'image et l'influence de la France en Inde, les perceptions du nationalisme indien en France et les relations bilatérales après l'indépendance de l'Union indienne jusqu'à nos jours. Le quatrième volume " Les relations bilatérales " est la suite du troisième et reprend la bibliographie et un index général. Jacques Weber, professeur émérite d'Histoire contemporaine à l'université de Nantes, membre de l'Académie des Sciences d'outre-mer, grand spécialiste de l'Inde à laquelle il a consacré de nombreux ouvrages, et de l'histoire coloniale. Il a publié aux Indes savantes : Les Relations entre la France et l'Inde de 1673 à nos jours ; Littérature et Histoire coloniale (ouvrage collectif) ; Le Siècle d'Albion. L'empire britannique au XIXe siècle (1815-1914) ; Les Elections législatives et sénatoriales outre-mer (1848-1981) avec L. Jalabert et B. Joly".
L'auteur raconte l'histoire culturelle du travail selon les variations du regard que l'homme porte sur sa propre nature du milieu du XVIIe siècle au milieu du XIXe siècle. Il indique les voies par lesquelles cette vision de l'homme et de son labeur sont devenus des normes juridiques. Le foisonnement des doctrines pour définir le travail mais encore pour instaurer un ordre social qui face sa place à celui-ci est tel qu'il est difficile de trouver des césures chronologiques claires, étant posé une fois pour toute que la Grande Révolution ne fut pas un bloc. En deux siècles, le travail change de base aussi sûrement que l'homme change ses propres assises.
Biographie de l'auteur Pierre-Henri Simon (1903-1972), membre de l Académie française, est l écrivain le plus pénétrant auquel les Charentes ont donné naissance. Il réussit là un roman d une intense vigueur, qui marie la modernité à la raison classique. Il s y montre ici d une clairvoyance extrême sur ce qui fonde toute vie intelligemment conduite : le tiraillement entre un humanisme jamais assez conciliant et sa nécessaire mise en doute.