Il ne s'agit pas de dresser l'historique du dialogue entre juifs et chrétiens. Pour les gens de bonne volonté, ce dialogue existait tant bien que mal depuis toujours. Pour les autres, le problème ne s'est jamais posé en termes de dialogue mais de rejet réciproque. Les questions qui se posent sont d'un tout autre ordre : à quoi bon un dialogue mené par un très petit groupe d'intellectuels ou de théologiens qui ne débouche sur rien de pratique à une plus grande échelle ? Ce dialogue a-t-il changé des mentalités ? En cette fin de XXe siècle, le moment est venu de réfléchir, à la lumière d'un siècle de débats. Une partie du monde chrétien, consciente de sa part de responsabilités dans le nazisme, avait besoin de ce dialogue avec les juifs pour battre sa coulpe. Les juifs d'Europe, les survivants qui devaient continuer de vivre en milieu chrétien avaient eux aussi besoin de la reconnaissance de cette partie du monde chrétien qui faisait pénitence. Chacun essayait d'exorciser ses propres démons. Le fond de l'affaire reste aujourd'hui le même qu'il y a cinquante ans ou mille ans ! C'est pourquoi faire le tour du problème ou parler de ce qu'on écrivait sur le sujet au début de ce siècle, ce n'est pas parler de situations révolues, depuis longtemps dépassées, mais c'est parler du présent. La forme du débat a certainement changé, mais le fond est resté le même : il existe encore et toujours une évidente incompatibilité de dialogue quand celui-ci porte sur des points de théologie. Et si ce n'est pas de théologie, de quoi parler d'autre dans un dialogue qui prétend éclairer le contentieux religieux ...
Nombre de pages
146
Date de parution
01/03/1991
Poids
200g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782701012261
Titre
L'écrivain juif et les Evangiles
Auteur
Finkelstein Bluma
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
136
Poids
200
Date de parution
19910301
Nombre de pages
146,00 €
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Physiquement, nous vivons après Babel, mais spirituellement, nous en sommes les héritiers directs. Est-ce un bon ou un mauvais héritage ? Quels avantages pourrons-nous tirer de l'enseignement biblique concernant la destruction de la Tour de Babel ? N'aurions-nous pas été plus tranquilles et moins hargneux les uns envers les autres, si l'unité du genre humain eût été acquise lors de la construction de la Tour ...
Poémes écrits à la mémoire de Benjamin Fondane : Et alors, il lui dit : Talitha koumi1 ! Et la jeune fille se prosterna à ses pieds comme dans un conte de fées, « En tant que juif, Fondane savait que l´Histoire de son peuple contient trop d´ironie et il n´avait d´autre recours que de crier et d´hurler sa révolte avec cynisme et un humour grinçant ! Il valait donc mieux rire de son propre sort, tout en déversant des invectives contre Dieu et en lui expliquant quel Néant il avait introduit dans son univers le sixième jour de la Genèse, en créant l´Homme. Mais, bien épuisé du travail intensif précédent, Dieu décida d´aller se reposer. N´avait-il pas déjà conclu que « tout était bien » en ce monde ? « Depuis que j´ai reçu le Prix international de litté - rature francophone Benjamin Fondane en 2019, toute une série de poèmes, dont le présent recueil Talitha Koumi, m´habitent et je me rappelle même avoir murmuré, à l´adresse de Fondane, dans le yid - dish de mon enfance, en Moldavie : ikh vel nisht fargesn. Non, je ne suis pas prête d´oublier. Je n´oublie rien.»
L'auteur met en relief les divergences fondamentales entre le judaïsme et le christianisme et analyse ce différend qui ne disparaîtra peut-être jamais.
Jérémie grandit dans une famille dont les membres le fascinent et le répugnent à la fois. A l'adolescence, en plein coeur de mai 68, il sent qu'il étouffe et choisit la fuite vers des pays lointains croyant s'affranchir de ses démons. Il finira par trouver l'amour, fonder un foyer et connaîtra la dépendance sexuelle jusqu'au chaos final. Au travers des expériences tragi comiques de Jérémie au sein de vénérables institutions telles que la justice des mineurs puis l'Université, c'est un demi-siècle de lente agonie des institutions françaises qui défilent sous nos yeux.
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.