Le Muscle et l'Esprit. Masculinités germano-juives dans la post-migration : Le cas des yekkes en Pal
Farges Patrick
P.I.E. P. LANG
56,40 €
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EAN :9782807614505
En 1933, le régime nazi mit en place une politique de discrimination puis de persécution des citoyens juifs du Reich, qui contraignit des milliers de personnes à la migration forcée vers diverses destinations, dont la Palestine sous mandat britannique (qui deviendra Israël en 1948). Cette migration des années 1930 est parfois appelée "cinquième aliyah" dans l'historiographie israélienne. Pour ces personnes, l'adaptation post-migratoire fut complexe : la migration représenta une rupture importante, affectant tant les liens sociaux que l'identité culturelle et les représentations genrées. Relationnelle, multidimensionnelle et intersectionnelle, l'histoire des masculinités intègre différentes formes de domination : domination des hommes sur les femmes, domination de certains hommes sur d'autres hommes, mais aussi rapports de domination sociale et raciale. Ce sont ces intersections sociales complexes, ainsi que l'influence des différentes formes de nationalisme (du nationalisme antisémite exacerbé en Allemagne jusqu'au projet sioniste) sur l'injonction à agir "en homme" , qui sont au coeur de l'ouvrage. Après le nazisme et la Shoah, il est devenu difficile de penser ensemble identité juive et allemande. Par bien des aspects pourtant, les Juifs germanophones en Palestine/Israël (désignés par le terme yekkes) ont maintenu une identité distincte. L'un des défis fut de satisfaire aux exigences du programme genré du sionisme, marqué par une obsession de la régénérescence virile et un état de guerre quasi-permanent, conduisant à survaloriser les conduites martiales. Or la majorité des hommes de la "cinquième aliyah" ne correspondaient en rien à l'idéal du pionnier (halouts) ni du "Nouveau Juif" sionistes, et certains parmi les yekkes - hommes et femmes - ne pouvaient pas ne pas voir à quel point ce nationalisme viriliste exacerbé ressemblait à celui qui les avait chassés d'Europe.
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Nombre de pages
366
Date de parution
01/11/2020
Poids
443g
Largeur
148mm
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EAN
9782807614505
Titre
Le Muscle et l'Esprit. Masculinités germano-juives dans la post-migration : Le cas des yekkes en Pal
Auteur
Farges Patrick
Editeur
P.I.E. P. LANG
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148
Poids
443
Date de parution
20201101
Nombre de pages
366,00 €
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Dans les années 1970, en pleine "deuxième vague" féministe, on a pu lire les premiers travaux allemands et français sur l'histoire des mouvements de femmes en Allemagne. Les féministes visaient à explorer l'histoire de leur propre mouvement dans une perspective identificatrice. Malgré ces débuts prometteurs, la recherche française sur les féminismes allemands restait, à l'aube du XXe siècle, toutefois lacunaire. Le présent ouvrage s'inscrit dans le renouveau historiographique qui caractérise actuellement l'histoire des femmes et du genre. La naissance d'un mouvement de revendication des droits des femmes est l'héritage, dans les pays de langue allemande, de la révolution de 1848, qui a vu émerger des figures féministes "pionnières". La "question de femmes" a ensuite sans cesse été reconfigurée par les grandes idéologies politiques traversant l'époque, à l'exemple du libéralisme, du nationalisme ou du socialisme. Si l'historiographie s'est longtemps contentée de distinguer différentes "vagues" de féministes, ce volume met en avant l'histoire complexe et imbriquée des associations et des lieux de sociabilités féministes. L'accent est également mis sur la présence de réseaux de personnes, qui se structurent à plusieurs niveaux : à l'échelle locale, nationale et internationale. Enfin, l'analyse fait une large place à l'histoire croisée et intersectionnelle des féminismes ainsi qu'aux représentations, notamment genrées, suscitées par leur essor.
Les enjeux de genre appliqués au masculin ouvrent des perspectives pour comprendre la société nazie et le nazisme en guerre. Le régime, qui prônait un idéal de camaraderie et de pureté raciale, réglementa le genre, les sexualités et la procréation par des lois racistes, homophobes, sexistes et eugénistes. Or la période des années 1930 aux années 1950 fit coexister des contraintes sexuelles et des formes de violence de genre avec l'ouverture de nouveaux espaces d'expérimentation hétérosexuelle. L'attaque de la Pologne en 1939 et la guerre de conquête et d'anéantissement marquèrent une césure importante. En tant que combattants et colonisateurs, les hommes allemands et autrichiens se trouvèrent au coeur de mutations genrées : acteurs de la violence, agents de la guerre et, in fine, porteurs de la défaite. Chaque chapitre du livre explore, dans une perspective d'histoire intégrée du genre (femmes/hommes ; hétérosexuels/homosexuels ; Juifs/non-Juifs), la diversité et l'ambivalence des situations vécues au quotidien par les hommes.
Farges Patrick ; Chamayou-Kuhn Cécile ; Yavuz Peri
Aucun doute: la catégorie du "genre/Gender" a bien fait son entrée dans l'institution universitaire française. Mieux encore, cette catégorie d'analyse "voyageuse" se reconfigure sans cesse au gré des transferts transatlantiques et des appropriations disciplinaires qu'elle connaît. Le présent volume aborde différentes formes de narration contemporaine, de la fiction ou au film à l'entretien clinique ou au récit de vie. Il est né de la volonté de croiser, autour du problème de la narration genrée, cette réalité française "décalée" avec des perspectives développées plus tôt dans la recherche germanophone sur le genre. Les études sur la narration ouvrent un large champ d'exploration et d'expérimentation des identités. Dans le sillage du Performative Turn, il devient possible de penser le genre comme l'un des éléments constitutifs de l'acte narratif. Le genre est le résultat d'un dire qui est, dans le même temps, un faire. Dire "je suis femme/homme", c'est en partie se constituer en tant que tel-le. La narration de l'identité de genre apparaît alors comme une éternelle refiguration, c'est-à-dire une manière signifiante pour soi d'arranger et d'agencer son récit de soi pour les autres. Dès lors, la narration de soi fonctionne comme un espace performatif de représentation construit par le sujet et au sein duquel il se définit in medias res, dans une constante évolution.
Cervulle Maxime ; Farges Patrick ; François Anne I
Donner à voir sous un jour nouveau les représentations de la masculinité, ce prétendu neutre invisible qui n'est que récemment sorti d'une ombre construite et longtemps soigneusement entretenue : tel est le projet de cet ouvrage. La question du regard et des dispositifs de visibilité sert ici de fil rouge à l'étude de textes filmiques, télévisuels et littéraires où apparaissent des formes de masculinités en marge, qu'elles soient rendues "exotiques" ou qu'elles marquent un déplacement face au modèle hégémonique du masculin. Au croisement des études cinématographiques, de la littérature comparée et des études de genre, l'ouvrage interroge dans une perspective interdisciplinaire et intersectionnelle les processus de décentrements et de recentrements de la masculinité qui se déploient au coeur de la fiction. Des travestissements de Marlène Dietrich à l'altérisation sexuelle du Juif dans les nouvelles d'Oskar Panizza, du trouble dans la masculinité des vampires de True Blood à celle des "hommes de papier" qui peuplent les romans de Mathieu Riboulet, ce volume s'attache à exposer les corps et corpus masculins pour les soumettre à un examen critique : "Circulez, il y a à voir".
Gola Sabina ; Pierrard Michel ; Tops Evie ; Van Ra
Résumé : Les méthodologies d'apprentissage des langues étrangères ont fortement varié durant les siècles, et notamment au vingtième. De la grammaire traduction à la méthode actionnelle, en passant par les méthodes structuro-globales, behavioristes, naturelles, communicatives, voire éclectiques, les raisons des modifications sont à chercher tant du côté de l'évolution et des avancées scientifiques, notamment dans le domaine des sciences humaines, que des modifications des besoins et de la prise en compte de la valeur des échanges linguistiques, sans oublier les changements idéologiques qui les sous-tendent. Les évolutions technologiques ont également apporté leur lot de potentialités nouvelles. Tous ces changements ont également eu un impact sur la relation entre apprenants et enseignants, à côté de laquelle se sont par ailleurs développés d'autres modes d'apprentissage qui sont venus compléter la panoplie des méthodes, notamment en contexte multilingue. L'apprenant, devenu acteur de son apprentissage, trouve des ressources ailleurs qu'auprès de l'enseignant de langue, que ce soit par le biais d'enseignements de matières spécifiques donnés en langue étrangère (enseignement EMILE-CLIL), de nouvelles technologies (blended learning ou Moocs, plateformes en ligne ou applications) ou en ayant recours à des pairs, le cas échéant, hors de la classe (tables de conversation ou tandems linguistiques). Le présent volume se propose d'étudier scientifiquement quelques-uns de ces dispositifs d'accompagnement : leur conception, leurs conditions d'apparition et les résultats observés.
Ce travail propose de s'interroger sur l'articulation de l'espace à la langue et à l'écriture dans les oeuvres de Thomas Bernhard et Paul Nizon. L'objectif d'une telle étude est triple : permettre d'une part d'accroître la visibilité scientifique de Paul Nizon, réévaluer d'autre part le paradigme descriptif afin d'en relativiser l'influence souveraine, et contribuer, en troisième lieu, à la mise au jour d'une esthétique déceptive fondée sur les notions de décalage et de non-congruence (Fehlentsprechen). Cette étude vise à démontrer les vertus d'un rapprochement littéraire qui contribue à l'élaboration d'une poétique voire d'une esthétique comparée de Thomas Bernhard et de Paul Nizon. A travers une analyse détaillée et microtextuelle des deux oeuvres, l'auteure entend montrer que le travail de ces deux écrivains doit être considéré comme une auscultation vigilante de la langue allemande et comme une entreprise de réfection verbale passant notamment par un dépoussiérage lexical d'envergure. Progressivement, l'interrogation littéraire sur l'espace se mue en un questionnement des plus contemporains sur la subversion générique et l'espace littéraire.
Les dimensions négligées des apprentissages, tel est le propos de cet ouvrage : pourquoi, en effet, ne pas aller voir du côté des " évidences invisibles " que partagent, parfois à leur insu, ceux qui enseignent et apprennent ? Quand se déploient les résultats des neurosciences et du cognitivisme, mais aussi les pratiques massives et souvent peu réfléchies issues du Cadre européen commun de référence, il nous semble urgent de nous distancier de ces discours convenus et contradictoires. Autrement dit, cet ouvrage constitue un lieu d'interrogation formative indispensable pour les enseignants et formateurs, et tous ceux qui apprennent en particulier des langues. Ce qu'on nomme couramment l'intime est en fait ce segment souvent oublié qui relie le " je " de chacun à ses motivations, désirs, attentes, projets et activités. Cet ouvrage explore donc l'intime, en s'appuyant sur des recherches et des expérimentations menées avec des publics variés : enfants et jeunes en situation scolaire, mais aussi migrants apprenant la langue du pays d'accueil, étudiants en formation pour le professorat, étudiants en immersion bilingue, bref tout individu " prenant langue en terre nouvelle "... Ainsi cet ouvrage se donne-t-il pour objectif d'étudier en profondeur les corpus, les situations et les contextes étudiés, en mobilisant de nombreux exemples, notamment issus de moments dans la classe, dans lesquels apparaît l'émergence des différentes dimensions de l'intime et du sujet apprenant.
Dans l'après-guerre comme dans les années 80, la recrudescence des mythes grecs et latins dans une trentaine de romans de langue allemande entraîne un jeu passionnant de narration et de réécriture. Entre création et recréation, la redécouverte d'un mythe interroge à la fois un fondement culturel essentiel et le monde contemporain. Mais le recours au mythe laisse aussi affleurer toute une interrogation sur le genre choisi. Jusqu'où peut aller le roman contemporain quand il véhicule un mythe ? Quatre textes (Der blaue Kammerherr de Wolf von Niebelschütz, Amanda de Irmtraud Morgner, L'esthétique de la résistance de Peter Weiss et Medusa de Stefan Schütz) ont poussé la réflexion jusqu'à penser le renouveau d'un genre, l'épopée, alliant ainsi de façon plus conséquente et plus audacieuse que les autres romans une réflexion sur le fond et sur la forme. Du mythe à l'épopée, c'est le caractère singulier d'une récriture contemporaine qui ressort de cette étude.