Repenser le possible. L'imagination, l'histoire, l'utopie
Dumont Augustin
KIME
26,00 €
Épuisé
EAN :9782841749409
Introduite par Thomas More en 1516, la notion d'utopie a rapidement pénétré le champ de la littérature et de la philosophie. La double apparition de la problématique de l'utopie dans l'univers de la fiction et dans celui de la réflexion philosophique n'a toutefois été accompagnée d'aucune promotion à proprement parler. En effet, la référence à l'utopie a suscité, de la part des philosophes modernes et contemporains, davantage de réserve que d'adhésion. Il n'est pas exagéré de dire qu'une telle notion continue de faire difficulté aujourd'hui, cinq siècles après la publication, par More, de sa fameuse Utopia. Ce volume collectif se propose d'ouvrir à nouveau le dossier problématique de l'utopie. A cette occasion, l'on propose de revisiter quelques moments essentiels de l'histoire de la philosophie au cours desquels ont été façonnés les outils qui nous ont permis et nous permettent encore d'interroger notre rapport au "possible". Le contexte de crise généralisée que l'on traverse aujourd'hui (bouleversements climatiques et environnementaux, remise en cause de la démocratie représentative, retour des fascismes, panne des systèmes éducatifs, crise du libre-échange, crise des religions, etc.) invite de manière plus pressante que jamais à revisiter l'utopie, un concept forgé à l'époque renaissante à partir du grec ou-topos, "ce qui est sans lieu", précisément dans le contexte d'une crise profonde et systémique : ébranlement des certitudes médiévales par la découverte de l'Amérique, conflits sanglants entre catholiques et protestants, bouleversements artistiques, émergence d'un sentiment d'impuissance devant l'exercice du pouvoir politique, etc. Ce rapport entre la crise du sens, à la fois individuelle et propre au vivre-ensemble, et la nécessité de se projeter dans un avenir susceptible de rouvrir du possible, est très précisément ce que le concept d'utopie a jadis voulu problématiser. Il ne s'est donc pas naïvement proposé comme "solution" à la crise, voire comme simple pansement idéologique, contrairement à ce que suggère l'image d'Epinal.
Nombre de pages
284
Date de parution
11/09/2019
Poids
380g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782841749409
Titre
Repenser le possible. L'imagination, l'histoire, l'utopie
Auteur
Dumont Augustin
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
380
Date de parution
20190911
Nombre de pages
284,00 €
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Construisant un jeu de miroir où l'idéalisme et le romantisme allemands se renvoient l'un à l'autre une image déformée d'eux-mêmes, ce livre entend explorer des possibilités encore insoupçonnées de la période postkantienne. On se consacre ici à la question de l'expérience sensible. en s'arrêtant plus précisément sur les figures de Fichte et de Novalis. Poser la question du sensible, dans ce contexte, revient principalement à interroger l'image et ses différentes modalités (apparaître, apparence, etc.). L'image n'est toutefois que le titre général d'un processus complexe et à jamais inachevé, constituant l'affaire même de la philosophie transcendantale : celui de l'articulation du travail sensibilisateur de l'imagination transcendantale à l'affectivité et au langage qui les manifeste. Philosophe, poète, romancier et scientifique, Novalis est l'un des lecteurs les plus attentifs de Fichte à l'époque où la première Doctrine de la science est saluée dans toute l'Allemagne. La lecture subversive mais désordonnée qu'il fait des premiers textes fichtéens le conduit à élaborer un "système de l'absence de système" original. dont nous n'avons pas encore mesuré toutes les conséquences. Loin de disqualifier l'influence - souvent soulignée - de la mystique rhénane, de Schiller ou de Leibniz sur son oeuvre, la transformation sourde du fichtéanisme opérée par Novalis lui permet au contraire de se réapproprier - respectivement - les thèmes du "regard par le fond", du "voile d'Isis" ainsi que la combinatoire. Et ce, quitte à faire marcher Fichte sur la tête, à travers une série d'expériences d'écriture convoquant aussi bien le concept que le vers poétique ou l'observation minéralogique. Sans se limiter à un simple "Novalis lecteur de Fichte", l'ouvrage se présente également. et en retour. comme une enquête sur l'ensemble de la philosophie fichtéenne de l'image, de l'affectivité et du langage. L'objectif est de confronter différentes solutions spéculatives apportées à un même problème philosophique de départ, partagé par Fichte et Novalis.
A partir d'une relecture du Faust de Goethe, cet essai s'attache à suivre le chemin de crête conduisant d'un sommet de la métaphysique allemande à l'autre avant de faire halte dans le lyrisme hölderlinien. L'objectif de cette pérégrination est d'interroger à nouveaux frais la complicité inédite qui se noue dans l'idéalisme allemand entre la rénovation indissociablement critique et métaphysique du "possible" et les actes imaginatifs par lesquels les auteurs de cette tradition ont affirmé leur liberté contingente de s'inventer moderne. Entre les deux se glisse l'ombre de Méphistophélès et d'une négativité intransigeante avec laquelle il leur a fallu composer, assumant chacun à sa manière les conséquences du "pacte" qu'il aura signé avec elle. A rebours de la fascination si fortement réactivée aujourd'hui, de part et d'autre du "divide" analytique/continental, pour l'autosuffisance logico-discursive du discours philosophique, les coupes transversales du moment classique allemand proposées ici visent à réveiller la dimension essentiellement problématique du geste réflexif. Chemin faisant, c'est tout à la fois la force et la précarité de notre imagination configuratrice d'un monde habitable et partageable qui se voit repensée dans sa foncière indétermination.
Cet ouvrage a pour objectif d'interroger en profondeur la manière avec laquelle, historiquement, les philosophes ont "pratiqué l'image dans le concept" . Les auteurs s'interrogent sur le recours à la visualité et à la métaphore dans l'élaboration des schèmes philosophiques à travers l'histoire de la philosophie et les rapports que cette dernière entend tisser avec l'histoire du monde. On tâche de cerner les raisons que les philosophes ont pu avoir de mobiliser ou au contraire de rejeter cet opérateur conceptuel, d'assumer sa performativité ou bien de déplorer son caractère résiduel et résistant à toute systématisation de la rationalité. L'ouvrage cherche ainsi à dégager quelques figures centrales du nouage que les philosophes ne cessent d'opérer au sein du chiasme reliant la construction philosophique de l'image et la constitution de la pensée par l'image. Platon, saint Augustin, Descartes, Spinoza, Kant, Fichte, Schelling, Nietzsche, Bergson, Bachelard, Wittgenstein, Fink, Sartre, Merleau-Ponty, Castoriadis, Simondon et Deleuze sont les auteurs privilégiés dans cet ensemble.
Le numéro 16 de la revue Incidence est organisé autour d'un essai de Carlo Ginzburg qui touche au coeur ignoré de la plus brûlante actualité, dans le monde globalisé qui est le nôtre, celle qui voit se déchaîner des conflits entre les cultures, les genres, les religions... : "Nos mots et les leurs. Une réflexion sur le métier d'historien, aujourd'hui" . Que peut apporter la réflexion d'un historien sur la démarche qui permettrait de tenter de comprendre l'autre, celui qui est en face ? Carlo Ginzburg, à partir de son métier, préconise une attitude critique et détachée qui exige de prendre en compte deux niveaux, non seulement celui de la parole de ceux qui se font entendre à travers les traces laissées par l'Histoire, mais aussi celui de l'observateur lui-même impliqué dans sa recherche avec ses propres mots, et les façons de penser qu'il partage avec ses contemporains. L'historien part donc de ses propres questions, inévitablement anachroniques, pour chercher des réponses, mais ces réponses modifient elles-mêmes les questions, de sorte que, dans un jeu dynamique d'allers et retours, s'affine peu à peu la possibilité de parvenir à l'interprétation des sources en reconstruisant les modes de pensée des individus et des sociétés des époques analysées, si différentes des nôtres. Mais il précise bien que cela reste une interprétation, c'est à dire que même parvenu à restituer les réponses apportées par les documents, il doit garder à l'esprit qu'il y a toujours un travail de traduction. Il est donc important de maintenir la tension entre les questions et les réponses, nos mots et les leurs. Ce que l'historien a élaboré pour tenter de penser le passé peut servir de modèle pour aider à franchir les distances qui séparent aujourd'hui les genres, les cultures, les nations etc. au niveau mondial. Carlo Ginzburg dans le déroulement de ce fil réflexif ne cesse de rayonner vers les autres sciences humaines, s'enrichissant de cette ouverture constante aux disciplines elles aussi confrontées aux nécessités de l'enquête et de l'interprétation : la linguistique et l'anthropologie qu'il donne en exemple de cette rigueur méthodologique, mais aussi la philologie et la littérature. La revue Incidence réunit ici des chercheurs de grande compétence, de sciences humaines, et de critique littéraire, pour dialoguer avec lui à partir des problèmes auxquels ils sont confrontés dans leur propre domaine d'étude.