La mémoire des saints originels entre XVIe et XVIIIe siècle
Dompnier Bernard ; Nanni Stefania
ECOLE ROME
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EAN :9782728313006
Alors que les travaux sur le culte des saints à l'époque moderne ont largement privilégié ces dernières décennies l'étude de la construction des réputations de sainteté et celle des procédures de canonisation, et donc surtout les figures les plus récentes, ce livre propose de s'attacher à la place que tiennent les saints les plus anciens dans la piété et dans la culture des XVIe-XVIIIe siècles. Quelles que soient les sources examinées, il apparaît en effet que le patrimoine cultuel et culturel du catholicisme moderne est largement organisé autour de personnages portés sur les autels depuis de nombreux siècles. Bien plus, on assiste à la même époque à un regain de ferveur pour les saints des origines, qu'illustrent aussi bien la diffusion des reliques des catacombes romaines dans toute la catholicité que l'intérêt renouvelé pour de "vieux" saints locaux, plus ou moins oubliés avec le temps. L'Eglise tridentine, notamment en réponse aux attaques protestantes, s'édifie donc en donnant une nouvelle actualité à l'ancien sanctoral, non sans opérer évidemment une relecture des figures qui le composent, mises en conformité avec les nouveaux idéaux confessionnels. Mais les enjeux liés à la sainteté originelle dépassent le seul domaine du culte. La réactivation de la mémoire des vieux saints ne saurait ainsi être séparée de stratégies des pouvoirs politiques - Etats comme villes - en quête de renforcement de leurs assises. Plus largement, le corpus de ces figures de sainteté constitue un bien commun, au-delà de la seule institution ecclésiale. La familiarité avec elles est suffisante pour que les diverses formes de productions culturelles (théâtre, littérature, peinture, musique) s'en emparent comme d'un répertoire librement disponible. Le projet qui porte ce livre, fondé sur le croisement d'interrogations conduites sur des documents de divers types, l'inscrit dans le courant actuel d'histoire de la mémoire, c'est-à-dire qu'il accorde une attention particulière, à travers la pluralité des représentations, aux relectures, (ré)appropriations et reconstructions tant des figures singulières que de la cohorte à laquelle elles appartiennent, patrimoine symbolique pour les sociétés des XVIIe et XVIIIe siècles.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
560
Date de parution
26/04/2019
Poids
903g
Largeur
163mm
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EAN
9782728313006
Titre
La mémoire des saints originels entre XVIe et XVIIIe siècle
Auteur
Dompnier Bernard ; Nanni Stefania
Editeur
ECOLE ROME
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163
Poids
903
Date de parution
20190426
Nombre de pages
560,00 €
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Fondé à l'orée du XVIIe siècle par François de Sales et Jeanne de Chantal, l'ordre féminin de la Visitation apparaît comme l'une des créations les plus originales du temps de la Réforme catholique, en mettant l'accent sur la totale soumission à la volonté divine plus que sur les austérités corporelles. La rapide augmentation du nombre de ses monastères témoigne du succès du modèle qu'il propose, empreint de cordialité et de douceur. En dépit de l'absence de gouvernement central, les monastères de la Visitation conservent tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles une forte identité commune, dans le partage d'une conception de la vie en religion comme dans celui d'une spiritualité. Le présent volume rassemble les Actes d'un colloque tenu à Annecy, berceau de l'ordre, en juin 1999, sous la responsabilité scientifique de Bernard Dompnier et Dominique Julia. Instrument de travail par ses mises au point et sa bibliographie générale, il propose un bilan des études récentes et suggère des directions de recherche en lien avec les orientations actuelles de l'historiographie religieuse. Par la richesse des sources conservées et son caractère original, la Visitation offre un terrain privilégié pour une compréhension renouvelée des ordres entre la Réforme catholique et la Révolution française.
Il fallait à l'évidence une certaine audace pour choisir de consacrer une thèse de doctorat, qui est à l'origine de ce livre, à la réception de la Bible en langue vulgaire à l'époque de Gutenberg et dans la crise religieuse qui a suivi l'affaire Martin Luther, dont nous venons de célébrer le 500e anniversaire (1517-2017). Le propos qui se limite ici au domaine français et au réformateur protestant suisse Pierre Viret (1511-1571), l'un des plus proches collaborateurs de Jean Calvin, est double et appelle de ce fait deux types de méthodes. Le premier volet relève de la recherche érudite la plus rigoureuse, domaine aujourd'hui un peu délaissé, peut-être en raison de ses exigences particulières qui paraissent trop ingrates au chercheur pressé. Il s'agissait en effet de donner une édition scientifique de deux traités du milieu du XVIe siècle, demeurés jusqu'à présent anonymes, et de tenter de leur attribuer une paternité de manière certaine. Le second pan du projet de René Paquin était de situer les deux traités choisis dans les controverses qui se développent à l'âge des Réformes sur la possibilité - voire la nécessité - de mettre la Bible à la disposition de tous les fidèles dans leur propre langue. Le résultat de ce travail est en tout point remarquable.
Parfois qualifiés de " Petits Carmes ", les Carmes dits " déchaussés " ou " déchaux ", pour les distinguer des " réformés ", " mitigés ", " anciens ", " chaussés ", ou " grands ", sont sinon méconnus. du moins très mal connus. La particularité de leur institut, originaire d'Espagne, issu de la réforme d'un ordre médiéval, réside principalement dans un double idéal, d'oraison et d'action, affiché dès les premières patentes obtenues en 1567 pour les deux premières fondations. Cette spécificité, cette double vocation qui allie vie mystique et vie apostolique, s'enracine dans les temps les plus reculés de l'ordre et dans l'expérience des " primitifs " ermites qui. à l'époque des croisades, se sont retirés sur le Mont Carmel. Aussi, les manifestations mais également la coexistence et surtout l'évolution de cette identité, de ce double idéal, de cette " vie mixte ", depuis l'introduction de l'ordre en France en 1611, jusqu'à sa dispersion en 1792, à une époque et en des lieux bien différents de ceux de sa naissance, méritent-elles d'être analysées. Manifestations et coexistence au sein de l'enclos conventuel tout d'abord, au travers du modèle que proposent les religieux et leurs noms de religion, les " auteurs " et leur production littéraire, les bibliothèques et leurs ouvrages, les bâtiments et leurs " images ". Manifestations et coexistence dans le siècle ensuite, à partir du ministère auquel se livrent les disciples de Thérèse de Jésus et de Jean de la Croix, encadrement des laïcs, missions, ou cérémonies extraordinaires. Manifestations de continuité, d'évolutions ou de ruptures enfin, à la veille de la Révolution, d'un idéal confronté à la réalité du siècle et à l'épreuve du temps.
Le déploiement désordonné de la cruauté infernale semble rétif à toute mesure et à toute chronologie. Il s'agit pourtant, dans cet ouvrage, d'historiciser les conceptions et les représentations de l'enfer. Le livre montre que l'importance des représentations infernales ne cesse de s'accentuer au cours de la période étudiée. On ne bascule pas dans le "christianisme de la peur", car l'enfer s'inscrit toujours dans une séquence et le faire peur n'est que le point de départ d'un faire agir. L'image de l'enfer invite à se libérer de la faute qu'elle fait voir, grâce aux moyens de salut offerts par l'Eglise. L'analyse de plusieurs centaines d'oeuvres permet de situer au Camposanto de Pise, dans les fresques de Buonamico Buffalmacco, l'épicentre d'une mutation décisive. S'impose alors un compartimentage des lieux infernaux et une logique pénale prenant pour base principale le septénaire des péchés capitaux. C'est le signe d'une recherche accrue d'efficacité, en rapport étroit avec la pratique de la confession. Dès lors, la figuration de l'enfer est à la fois une incitation à avouer ses fautes et une préparation à l'examen de conscience dont elle anticipe la forme.
En combinant une histoire sociale de la région à une anthropologie historique du christianisme moderne, cet ouvrage constitue une introduction à l'histoire des chrétiens du Proche-Orient à partir du XVIIe siècle. Il offre des clés pour saisir leur situation concrète et légale dans l'islam et dans le régime politique ottoman. Il met en lumière la proximité structurelle des chrétiens avec leur entourage musulman, mais il démontre aussi la nécessité d'une réflexion sur l'organisation interne des Eglises et des communautés. L'ouvrage porte également sur les conditions de la rencontre et de l'interaction entre les chrétiens locaux et le catholicisme moderne. Terre Sainte, Croisade et Réforme de l'Eglise forment le cadre idéologique et spirituel dans lequel se déploie l'activité missionnaire sur le terrain, selon des méthodes qui s'apparentent à celles des missions en direction des catholiques européens, et s'adaptent mieux aux dissidents de l'islam qu'aux sunnites. A travers le développement de l'enseignement et de l'alphabétisation, ou la constitution de confréries, émerge progressivement un catholicisme oriental, différencié de l'orthodoxie et de l'islam, et caractérisé par une mentalité dévote, une mort "christianisée", un nouveau culte des saints, une pratique matrimoniale transformée.
L'établissement de la domination romaine sur le monde grec ne relève pas seulement de l'histoire politique et militaire, mais aussi d'une histoire culturelle qui conduira à la mise en place d'un véritable empire bilingue. Centré sur la période allant de 200 à 85 av J-C, cet ouvrage aborde les thèmes suivants : la liberté des Grecs dans la propagande romaine et l'écho qu'il rencontra ; la réflexion sur la conquête et l'empire de Rome menée par les historiens et les philosophes grecs ; le contenu des messages que les Grecs adressèrent tant aux Romains qu'à leurs compatriotes ; la signification politique et proprement culturelle du philhellénisme de certains aristocrates romains.
L'ambition de ce livre a été de faire entrer dans le territoire de l'historien cette terra incognita qu'a longtemps constitué la sainteté médiévale. L'auteur a étudié le processus qui a conduit l'Eglise romaine, entre la fin du XIIe et le début du XVe siècle, à promouvoir des modèles de perfection à travers les procès de canonisation qui sont apparus et se sont développés à cette époque. L'enjeu était de taille, car la sainteté était la valeur suprême dans la chrétienté médiévale et les pouvoirs attribués aux saints étaient considérables. Ce livre, qui a suscité depuis sa publication de nombreuses recherches, met en lumière les efforts déployés par la papauté médiévale pour étendre le contrôle de l'Eglise à tous les aspects de la vie religieuse des fidèles, y compris le choix de leurs protecteurs célestes.