Ce qui frappe d'abord dans la poésie de Frédéric Dieu, c'est son ampleur. A la différence des haïkus de Bashô ou des miniatures de Jean Follain une inclination spéciale le portait à ce genre de poésie , il préfère le court paragraphe ; à la forme brève, la marche longue. Rien pourtant de l'accumulation baroque. Ampleur n'est pas surcharge. La longueur ici est moins pour additionner de la matière que pour prolonger le dépouillement : "A se laisser dépouiller de ses jours et laisser choir leur écriture". Il faut tourner la page, puis une autre, puis une autre encore, comme on ôte les épaisseurs d'un vêtement. C'est comme si ce qui venait d'être dit n'était rien encore, et qu'il fallait relancer l'approche, avancer une nouvelle formule qui finira par tomber encore, comme une coque brisée, pour laisser enfin paraître l'amande d'une présence éblouissante, absolument certaine et totalement incomprise. Chaque autre page s'ajoute ainsi pour opérer la soustraction de la précédente, et assurer jusqu'au bout l'oeuvre de dépouillement dont témoigne toujours la dernière ligne, avouant qu'elle n'a pas le dernier mot : "Aveugle attendant que dise une voix la neige ôtée des yeux". Ce qui nous saisit au coeur, nous ne pouvons en parler, mais nous ne pouvons davantage le taire. Il ne reste plus alors, au terme de l'effeuillement des pages, que "exclamation et suspension" , soit l'effroi et la supplique, soit l'adoration et la louange, qui sont la tâche sabbatique que Frédéric Dieu assigne à ces Processions poétiques.
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Date de parution
10/04/2012
Poids
185g
Largeur
139mm
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EAN
9782940402861
Titre
Processions
Auteur
Dieu Frédéric
Editeur
AD SOLEM
Largeur
139
Poids
185
Date de parution
20120410
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Ma vie jusqu'à la tienne est unlivre constitué d'un seul poème, écrit par un père pour son fils mortaccidentellement au lendemain de ses vingt ans. Un unique poème donc en formed'adresse à ce fils : cri devant l'immense douleur de sa mort, de son enlèvement ; étonnement face à l'invincible force de l'amour, qui fait découvrir la vie etrenaître la parole là où la mort semblait avoir dit le dernier mot. L'auteur, jusqu'alors adepte d'unverset ample et musical, recourt cette fois à une succession de vers brefs etsecs, lapidaires, parfois même cliniques, seuls à même de dire le hurlementintérieur que provoque la mort d'un fils, seuls à même de faire entendrel'horreur, l'immense mutilation que constitue pour un parent la perte de sonenfant. Les vers disent donc d'abord la douleur du père. Mais ils évoluentensuite vers une adresse de celui-ci à son fils. Un dialogue entre euxs'engage, étrange et neuf : le père découvre que son fils, mystérieusement, luiouvre une voie, l'invite à le suivre dans son nouvel état, sa nouvelle vie, cherche à lui faire comprendre que leur amour, s'il s'est transformé, transformé par la mort, est cependant entré dans une nouvelle dimension où ilest destiné à croître toujours plus, à renaître différemment mais sans cesse. à mesure que le père accepte ainsi devoir son fils le précéder, l'enseigner et l'appeler à le suivre pour l'aimerautrement, le vers se fait plus doux, plus tendre, plus lumineux, retrouveaussi plus d'ampleur et de chair. En sorte que ce qui commence par et sousl'empire de la mort, d'une mort odieuse et inacceptable tant elle estcontre-nature, s'achève en déclaration d'amour. " Un cri que je ne connais pas. Un cri qui ne teconnaît pas. Un cri qui ne sortira pas, plus insoutenable pourcela. La mort, ta mort, impensable impossible. La sentence la peine capitale dans la lumière pure defévrier. " Frédéric Dieu : Poète et critique littéraire pour Les Lettres françaises, Frédéric Dieua publié deux recueils de poèmes chez Ad Solem : Processions (2012) et Matièreà joie (2016) puis, aux éditions de Corlevour, Seule chair, Prixinternational de poésie francophone Yvan-Goll 2022, et Car le jour touche àson terme, Prix Ganzo révélation 2024.
Tombé du soir - lui. Négligé du soir. Négligé du soir dont il faut reconnaître le tissu afin de s'orienter et de vite gagner demeure si demeure. Négligé du soir dans les pans duquel ils se dispersent - et s'éteignent. Poète et critique littéraire pour Profession spectacle, Frédéric Dieu a publié deux recueils de poèmes chez Ad Solem : Matière à joie (2017) et Processions (2012).
Est-il en ma chair une région non corrompue où tu demeures ? Saurai-je abriter quelque sanctuaire où tu demeures et te plaises ? Ai-je enfin tant saccagé ma demeure et vendu ma chair au plus offrant que tu ne puisses plus y révéler la joie parfaite ? La parole ou l'écriture nous élargit, ou bien nous cache -à nous-mêmes, aux autres-, comme un masque fait de mots. Mais elle peut aussi se faire exercice de vérité. Les mots deviennent alors les pas que laissent le poète derrière lui, traces sur le chemin parcouru par lui jusqu'à ce lieu où ce qu'il dit et ce qu'il est tendent à coïncider. Qu'y découvre-t-il alors ? Un visage "qui aime à s'imprimer" sur le coeur - sur la page. Dans ce nouveau recueil, Frédéric Dieu invite son lecteur à un voyage -"voyage au centre de mon coeur où parcourir l'écriture de ton visage. Voyage en commerce avec toi, voyage au centre de mon coeur où ton visage aime à s'imprimer. Voyage vers ce dont il se vêt, ce précieux linge pour toi."
Il n'y a que deux êtres absolus dont l'existence s'atteste et s'éclaire mutuellement : moi-même et mon Créateur" affirme Newman dans l'Apologia pro vita sua. Comment partager cette adhésion vitale non à une doctrine mais à celui dont l'existence lui est "plus certaine que celle d'avoir des mains et des pieds" ? Quel argument avancer en faveur de son existence ? La réponse qu'apporte Newman, c'est sa propre vie - l'histoire d'une existence s'abandonnant sans réserve à Dieu qui ne cesse de se donner à l'homme. Une histoire dont le secret repose sur la conviction que l'assentiment de foi repose sur l'amour - "nous croyons parce que nous aimons" - et qui se propose comme une invite à tenter, à notre tour, l'aventure de la foi. Sans la charité, il n'y aurait pas de quête de l'intelligence de la foi. Ni de fidélité à la promesse dont témoigne une vie ajustée à temps et à contretemps à l'engagement baptismal. C'est cela l'argument de la sainteté de Newman. Grégory Solari est chargé d'enseignement et éditeur. Il a soutenu une thèse de doctorat en philosophie sur Newman (Le Cogito newmanien. Essai sur la Preuve du théisme de John Henry Newman).