De la philosophie et des philosophes en Afrique noire
Diagne Mamoussé ; Hountondji Paulin J.
KARTHALA
17,00 €
Epuisé
EAN :9782845867697
Ce livre propose une sorte de "refondation". En le lisant, on a l'impression que l'auteur dit que nous, Africains d'aujourd'hui, qui répugnons désormais aux interrogations sur la valeur de nos modes anciens de pensée, cherchons à nous installer dans le mode de pensée de l'Autre. Mieux encore, selon l'auteur, nous privilégions d'instinct les questions de méthode plutôt que les questions de fond: "[...] le problème n'est plus [...]: existe-t-il ou non une philosophie africaine - au sens d'une philosophie traditionnelle? mais: quelle tâche ou ensemble de tâches, identifiables selon des critères à définir, se propose ici et maintenant, quelqu'un qui entreprend de philosopher dans et sur les sociétés africaines à travers leur expression multiforme?" Mamoussé Diagne essaie de nous faire sentir une réalité qui demeure, au sens strict du terme, impensée. Ce qu'il propose, c'est d'abord d'apprendre à discerner les chances non réalisées qui sommeillent dans les replis de l'oralité, à savoir "le rapport entre dramatisation et philosophie" et d'oser une sorte d'exode de la pensée devant cet "obstacle" qu'est la dramatisation. C'est peut-être là le vrai mérite de ce livre. Si je l'ai bien lu, j'ai l'impression qu'il veut nous inviter à préférer le questionnement véritable, l'interrogation philosophique au pugilat, il veut nous inviter à dépasser ce qui nous fait le plus de mal aujourd'hui, à nous Africains. Il veut nous aider à sortir de ce que le journaliste franco-américain Stephen Smith, à la suite de Stanislas Adotévi, appelle dans son livre "Négrologie" pour que notre continent apprenne à penser, c'est-à-dire à ne jamais se satisfaire de ses traditions et soit capable d'en inventer d'autres et de nouvelles plus porteuses. Bonaventure Mvé-Ondo, docteur en philosophie, vice-recteur de l'OIF.
Nombre de pages
115
Date de parution
01/09/2006
Poids
210g
Largeur
160mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782845867697
Auteur
Diagne Mamoussé ; Hountondji Paulin J.
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20060901
Nombre de pages
115,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
La version de l'épopée du Kayor, présentée par le philosophe Mamoussé Diagne, est représentative du degré de littérarité que peut atteindre le genre épique au Sénégal. Elle a été analysée dans une thèse monumentale qui propose la réflexion la plus aboutie sur la tradition orale des sociétés sahéliennes. Du proverbe au mythe, en passant par le conte, l'image et la mise en scène constituent les médiations les plus adaptées à cette fin. Les stratégies discursives mises en place visent à assurer la victoire de la mémoire sur son terrible ennemi, l'oubli. D'inspiration épique, les premiers textes du livre sont déclamés sur un ton et un rythme particuliers, leur production pouvant même être accompagnée de divers instruments de musique comme le xalam, la kora ou le balafong. Ils sont le fait des professionnels de la parole, les griots, spécialistes de l'évocation des généalogies et des hauts faits d'hommes hors normes-tel Lat Dior Diop-qui peuplent le panthéon oral. Le souffle poétique les arrache à la contingence, les propulse au rang d'archétypes structurant le code axiologique de la société et révèle, au-delà du souci de restitution du fait, une quête du sens. Les textes du second groupe diffèrent par le style : ils ne sont pas l'apanage des griots et les personnages qu'ils mettent en scène n'appartiennent pas forcément aux couches aristocratiques. Ainsi les entretiens concernant Kothie Barma et d'autres figures remarquables nourrissent les réflexions sur la païdeia ainsi que sur la fonction du proverbe ou de la devinette. Comme les récits épiques, ils se rapportent à la riche historiographie orale wolof.
Souffrances de l'espoir retracent l'exemplaire combat citoyen du héros Safoura. Incarnant la figure de l'intellectuel engagé, Safoura constate pour réprimander les maux socio-politiques qui dévastent la Républiquede Zongo. Ils ont entre autres pour noms violence, adversité politique, hypocrisie, incivisme, corruption, misère, souffrances. Les crises et souffrances se suivent et bouleversent son peuple. Après les inondations, c'est la pandémie coronavirus qui surprend avec une rare violence la République de Zongo, laissant un peuple meurtri et déboussolé. Le roman, Souffrances de l'espoir est, ainsi, constitué de fiction et de réalité dans un contexte débridé où les repères se perdent et où la prise de conscience et l'engagement libèrent.
Dans l'atelier de "la fileuse d'amour", il s'en tisse des histoires... il y en a huit, à la fois tendres et fortes. Grande tendresse, amour non feint, ironie acerbe, revendiation féminine, détermination sans faille, tels sont les secrets de la "Fileuse d'amour" et de ses savoir-faire.
Dans un quartier populaire, un jeune homme bascule dans le trafic de drogue pour survivre. Un braquage le conduit en prison où il découvre la foi, l'introspection et l'amitié à travers une relation touchante avec un corbeau. Débute ainsi une véritable métamorphose intérieure. A mi-chemin entre témoignage social et fiction introspective, L'Arabe noir dresse le portrait d'un homme en quête de sens, pris entre ses blessures, ses croyances et son besoin de rédemption. Un roman brut, poétique et profondément humain.
Paul Blanquart (1934-2024) est né dans le Nord dans une famille marquée par le christianisme social dont il a hérité sa vocation militante. Il entre en 1955 chez les dominicains, parce que certains d'entre eux avaient soutenu les prêtres-ouvriers condamnés par Rome en 1954. Il y voyait une alternative à l'Église institutionnelle et cherchait surtout une réponse existentielle à ce qu'il ne trouvait pas de manière satisfaisante dans le marxisme dont il s'est toujours revendiqué mais dans une perspective chrétienne et prophétique : la fraternité. Après ses études au Saulchoir et son service militaire en pleine guerre d'Algérie, Paul Blanquart enseigne quelque temps à la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris et participe à la « prise de parole » de mai 1968 tout en s'intéressant de près aux événements révolutionnaires de l'Amérique latine, notamment au Brésil et à Cuba. Il entendait promouvoir le rôle spécifique des chrétiens dans les luttes révolutionnaires. En 1973, Paul Blanquard est poussé à interrompre ses cours à l'Institut catholique de Paris, en raison d'oppositions. Il travaille alors comme rédacteur en chef adjoint à Politique Hebdo et participe à la création de La Gueule ouverte. Puis, après avoir dirigé le Centre de création industrielle de Beaubourg (1982-1984), il enseigne la sociologie à l'Université Paris-XII. Esprit brillant, homme de grande culture, militant résolu, passionné de rencontres, il s'engage dans l'éducation populaire et l'écologie en mettant en garde contre un monde dominé par la connivence entre technologies et hiérarchies au détriment de la fraternité. D'où son engagement dans la Fondation Un monde par tous pour promouvoir une culture qui ne soit pas coupée de la nature, une politique qui ne soit pas simple gestion technocratique et une économie qui ne se réduise pas à la valeur marchandise. Les textes présentés ici visent à faire connaître son engagement et cette pensée originale qui n'a pas toujours été bien comprise, notamment dans sa défense du « Dieu » d'Abraham et des prophètes qui marche à nos côtés en rupture avec le « Dieu » des institutions ecclésiastiques et des appareils technocratiques... Marginalisé par plusieurs institutions, il s'est toujours revendiqué « chrétien et dominicain », éveilleur de consciences, à la fois provocateur et homme de fraternité.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.