La ressemblance dans l'oeuvre de Jochen Gerz. Edition bilingue français-anglais
Debary Octave ; Gaudin Pierre ; Gallix Andrew
CREAPHIS
29,00 €
Sur commande, 2 à 4 jours
EAN :9782354281137
Cet ouvrage problématise la notion de culture en tentant de rendre compte de ses enjeux dans le cadre d'une réflexion sur l'art et la mémoire. Il s'agit, à travers un véritable essai, de se demander ce qu'un anthropologue, travaillant sur les notions de mémoire et de restes, peut arriver à dire, à échanger avec un artiste contemporain qui lui aussi travaille sur la mémoire, en particulier dans l'espace public. En suivant l'analyse d'une trentaine d'ouvres de Jochen Gerz, artiste allemand internationalement connu, né à Berlin en 1940, ce livre s'interroge sur cette tendance qu'une partie de l'art contemporain entretient avec la notion d'ouvres ouvertes, d'ouvres participatives, pensées dans et pour l'espace public. Les processus de création de nombre de ses ouvres, dispositifs ou mémoriaux, invitent à faire du moment de réception de l'art un temps constitutif de l'oeuvre. En proposant aux gens de participer, en creusant un "déficit des ouvres", Gerz laisse une place vacante, des objets partiels, une mémoire que le spectateur s'oblige à revisiter à partir de lui-même. Dans cette perspective, son travail propose à l'art de se défaire du rôle passif qu'il réserve souvent à ses spectateurs et engage la mémoire à s'énoncer à partir du présent. De Dachau (1972), Harburg (1986), Sarrebruck (1993), Biron (1996), Berlin (1997), Paris (2000), Coventry (2004), jusqu'aux rues de Dortmund (2010), à travers l'Europe, qu'il compare à "un arbre sans ombre", Gerz conçoit des ouvres dédiées aux vivants. Pour qu'à la suite des monuments dédiés aux morts, à l'art funéraire, succède un art de revenir à la vie. Il dresse la liste des noms des vivants, parfois de leurs signatures, d'autre fois de leurs mots. Ces inventaires s'invitent dans les rues, consignent la vie, ordinaire, discrètement. Comme une ressemblance. Cet ouvrage est la première monographie consacrée entièrement à cet artiste conceptuel et de l'espace public. Le livre se construit autour de nombreux entretiens menés par l'auteur avec Jochen Gerz, pendant plus deux ans (entre 2013 et 2015). Il propose une réflexion sur la place des objets dans l'ouvre de Gerz mais également en référence à d'autres artistes (comme Duchamp, Sarkis, Boltanski, Christo.) ou écrivains (Primo Levi, Marcel Cohen.). En plus du texte (français/anglais), l'ouvrage présente, dans un cahier descriptif, l'ensemble des ouvres auxquelles le texte fait référence ainsi que leurs photographies. Il est également accompagné de documents (photographies couleurs et noir et blanc) réalisées en Irlande, dans le lieu où vit Gerz depuis 2008, par Pierre Gaudin/Créaphis. Le livre est bilingue français/anglais. Jochen Gerz, né à Berlin en 1940, a vécu et travaillé plus de 40 ans en France avant de partir pour l'Irlande en 2008. Il est l'un des représentants les plus célèbres de l'art conceptuel et de l'art dans l'espace public. Connu mondialement pour ses anti-monuments contre le fascisme (Harburg), ou contre le racisme (Sarrebruck) ou célébrants les vivants (Biron), il a réalisé près de 1000 ouvres (poésie visuelle, performances, photos/textes, vidéos, installations), présentes dans plus de 20 pays. Ses ouvres, de plus en plus inscrites dans l'espace public aujourd'hui, mettent la mémoire collective et sa représentation sociale aux prises avec la question de l'intervention des individus, invités à participer à l'art, à faire de l'art. Comme acteurs sociaux, acteurs politiques, auteurs de l'art ? Octave Debary est anthropologue, maître de conférences à l'université de Paris-Descartes et chercheur au LAHIC (CNRS-EHESS). Il travaille sur la façon dont une société met en mémoire ou en musée son histoire, participant ainsi autant à son souvenir qu'à son oubli. Il s'intéresse principalement aux objets et aux restes. Il a publié plusieurs ouvrages sur ces sujets dont Voyage au Musée du quai Branly, avec Mélanie Roustan, Préface de James Clifford, La Documentation française (2012), Montrer les violences extrêmes. Théoriser, créer, historiciser, muséographier, avec Annette Becker (dir.), Créaphis (2012), Vide-greniers, avec Howard S. Becker (texte) et Philippe Gabel (photographies), Créaphis (2011). Il travaille régulièrement avec des photographes, artistes, metteurs en scène ou conservateurs de musées (en Allemagne, au Canada, en France et en Suisse).
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
224
Date de parution
01/06/2017
Poids
550g
Largeur
168mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782354281137
Titre
La ressemblance dans l'oeuvre de Jochen Gerz. Edition bilingue français-anglais
Auteur
Debary Octave ; Gaudin Pierre ; Gallix Andrew
Editeur
CREAPHIS
Largeur
168
Poids
550
Date de parution
20170601
Nombre de pages
224,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Un des traits fondamentaux de la modernité est la mise en mémoire, la mise en musée, forme particulière du rappel de l'histoire mais aussi de son oubli. À partir d'une enquête ethnographique de terrain, l'auteur raconte comment, après avoir été le temple de l'industrie métallurgique française, Le Creusot est devenu dans les années 1970 le théâtre d'un rassemblement contestataire cherchant à révolutionner l'histoire de la ville grâce à un musée. Le temps d'une génération se sont succédées des formes de muséographies qui ont accompagné le démantèlement d'un système de production paternaliste. La scène muséale érigée dans le château de la Verrerie, ancienne résidence patronale des Schneider, est devenue le lieu de cette histoire. Mais l'impossible mise en mémoire et en musée d'une histoire sans objets à exposer (ceux des Schneider ayant quitté la ville et ceux de l'industrie étant encore en activité) a provoqué l'avènement de l'écomusée comme nouvelle muséologie. Cet écomusée a-t-il rejoué l'histoire et la destitution d'un paternalisme culturel dans la mise en scène d'un musée vivant ? Cette muséographie ne serait alors qu'une solution de compensation. Mais n'est-ce pas là la fonction de ce type de musée : venir toujours trop tard ? La seule réponse que notre société fournit à la reconversion industrielle serait-elle la reconversion culturelle de son histoire par la théâtralisation de son oubli ?
Entretien entre l'anthropologue et l'artiste sur les relations entre l'anthropologie et l'art contemporain dans ses rapports à la mémoire collective et individuelle. Octave Debary suit le chemin d'une pensée qui laisse une place à ses " enquêtés " à l'intérieur même de son propre texte, offrant ainsi la matière première d'énonciation du discours de l'artiste. Depuis plusieurs années Octave Debary, professeur à l'université Sorbonne-Paris-Cité et directeur du centre d'anthropologie culturelle (Paris-Sorbonne), développe un projet d'anthropologie comparée de la mémoire et du temps. En s'intéressant à la façon dont une société met en mémoire (et en musées) son histoire, ses recherches l'ont conduit à l'étude de l'art contemporain dans ses rapports à la mémoire collective et individuelle. Au-delà de sujets, il s'agit de construire une posture et une analyse qui promeuvent une dimension collaborative, comme avec les artistes allemands Jochen Gerz et Swaantje Güntzel et comme ici avec l'artiste français Christian Boltanski. Ce livre s'inscrit dans une recherche entreprise depuis presque vingt années sur les " artistes de la mémoire " et constitue une contribution originale et importante au développement d'une anthropologie de l'art et de la réception. Ce livre a comme sujet principal les relations entre l'anthropologie et l'art contemporain. Il s'est construit pendant toute une année en intelligence et en connivence avec Christian Boltanski. Figure centrale de l'art contemporain dont les oeuvres sont présentes dans le monde entier, Boltanski parle de son travail en évoquant les tracés d'un art fragile, d'un art de l'ordinaire et du commun mais aussi de la musicalité, de la mémoire... Ses oeuvres d'abord présentées sous forme d'objets (inventaires, photographies, documents, pièces à conviction, vitrines de références...) ont établi autant l'existence d'une histoire individuelle que leur ressemblance à celle des autres. L'artiste a poursuivi son travail autour d'objets de plus en plus fragiles, davantage reliés à une existence en suspens, à une transmission parlée, sonore, du mot à la note, dont sa dernière grande exposition Faire son temps (Centre Georges-Pompidou, 2019), comme son opéra comique Fosse (2020) et l'exposition Après (2021) sont les ultimes expressions. La raison d'être de cet ouvrage est marquée par la volonté (au-delà d'un apport documentaire, journalistique ou critique...) de promouvoir une anthropologie dialogique, où la prise de parole n'est pas le seul fait du chercheur. Octave Debary suit le chemin d'une pensée qui laisse une place à ses " enquêtés " à l'intérieur même de son propre texte, offrant ainsi au lectorat la matière première d'énonciation du discours de l'artiste.
Ce livre rassemble des réflexions fondamentales sur les arts, l'anthropologie, les écritures de l'histoire, en relation avec la mémoire. En s'intéressant à la façon dont une société met en mémoire (et en musées) son histoire, Octave Debary a étudié en particulier l'art contemporain en prenant le cas de plusieurs artistes "enquêtés. Ce livre rassemble des réflexions fondamentales sur les arts, l'anthropologie (que l'auteur accorde au pluriel), les écritures de l'histoire, en relation avec la mémoire. En s'intéressant à la façon dont une société met en mémoire (et en musées) son histoire, les recherches de l'anthropologue Octave Debary l'ont particulièrement conduit à l'étude de l'art contemporain en prenant le cas de plusieurs artistes "enquêtés" - dans ses rapports à la mémoire collective et individuelle. Sa recherche entreprise depuis presque vingt années sur les "artistes de la mémoire" constitue une contribution originale et importante au développement d'une anthropologie de l'art et de la réception. D'autre part, ses réflexions sur les objets et les déchets présentent un autre aspect de sa recherche. Par exemple, dans son chapitre sur l'artiste allemande Swaantze Güntzel, se rejoignent les deux pôles de sa recherche. "Depuis l'avènement de la société industrielle, la ressemblance entre le destin des objets et celui des humains pose question" s'interroge l'auteur. Cet ouvrage est écrit à la première personne mêlant subjectivité du récit personnel aux fondamentaux de la pratique anthropologique. Il s'agit là d'un texte propre à faire avancer la pensée et l'interrogation sur la place des arts plastiques, les rapports avec les artistes, mais aussi la confrontation avec les objets, leur sens et leur devenir dans une pratique d'anthropologue.
Résumé : L?invitation au voyage. Une expérience de la perte dans l?espace. Des ombres. Des objets. Raconter l?histoire. La quête de l?autre. Un monde disparu. L?impossible souvenir. Présentation des auteurs. Liste des enquêtés. Liste des illustrations. Bibliographie
Robert Jean-Louis ; Weber Alain ; Dreyfus Michel ;
La Bellevilloise, fondée aux lendemains de la Commune de Paris, sur les hauteurs de Belleville et de Ménilmontant, (Paris, XIXe et XXe arrondissements), a été l'une des sociétés les plus représentatives et les plus célèbres du mouvement coopératif français.Autour de la distribution de produits de consommation courante, La Bellevilloise a progressivement développé des oeuvres sociales, éducatives et culturelles étonnamment étendues. Les enfants pouvaient participer à son patronage et bénéficier de séjours en colonies de vacances. Les veuves ou les grévistes y trouvaient le soutien nécessaire pour faire face aux difficultés immédiates. On pouvait y apprendre l'espéranto ou la dactylographie, pratiquer un sport ou chanter, s'initier au théâtre ou assister à un concert donné par de grands interprètes, emprunter des livres à la bibliothèque ou venir danser à l'occasion de nombreuses fêtes, assister à la projection du Cuirassé Potemkine interdit par la censure ou suivre des conférences sur la tuberculose ou la guerre au Maroc, consulter un médecin ou se faire soigner les dents. ?uvrant très tôt aux côtés du Parti socialiste, puis du Parti communiste, La Bellevilloise fut un instrument particulièrement efficace de solidarité ouvrière et de socialisation politique. Son histoire mouvementée, retracée dans cet ouvrage, soulève des questions toujours d'actualité, entre autres : les économies sociales alternatives relèvent-elles de l'utopie ? l'organisation des consommateurs, conjointement avec celle des travailleurs, est-elle réalisable ? quels rapports la culture de masse peut-elle entretenir avec les avant-gardes culturelles ?
Résumé : A partir de petits carnets oubliés dans une maison abandonnée, Pas vu Maurice raconte la vie quotidienne d'un hameau du Haut-Forez dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, à 900 m d'altitude. Une histoire rurale disparue. Ces carnets, une quinzaine, de 1997 à 2000, ont été retrouvés parmi les matelas éventrés, les empilements de journaux et les bocaux de haricots périmés par le nouveau propriétaire de la maison, Claude Benoit à la Guillaume, photographe. Il les a montrés à sa plus proche voisine qui a bien connu la personne qui les remplissait. En découvrant et ouvrant ces carnets, Laurence Hugues a souhaité donner à entendre cette voix qui s'est tue. Elle a entrepris de transcrire ces textes de listes, très contemporains dans leur style, leur énoncé, leur répétition, sans affect même lorsque des morts surviennent et de les reprendre dans sa propre écriture, au sens de repriser, comme on répare un tissu. Le récit repose sur une part d'histoire de vie. Marie, paysanne, consigne son univers quotidien dans ces petits agendas recyclés en carnet de bord dans une écriture de plus en plus serrée au fil des années qui passent et la solitude qui s'installe chez elle. Elle y inscrit les travaux et les jours, les visites du neveu, Maurice (tel jour "vu", tel autre "pas vu"), le nombre de bocaux de confiture ou de haricots, le temps qu'il fait. Les notes se répètent à chaque saison, presque à l'identique, comme ces tâches répétées tout au long de sa vie et de la vie du hameau. Cette vie rurale disparue, ou presque, a aussi sa noblesse et de nombreuses vertus. Ténacité, frugalité, accord avec les saisons... un sens du travail en commun, de la communauté, même. A la lecture de ces chroniques de la vie ordinaire (infraordinaire aurait dit Georges Perec), Laurence Hugues a puisé dans ses souvenirs les motifs listés de la corvée de patates, la mise à mort du cochon, les slips qui battent au vent. Autour d'extraits des carnets elle propose une écriture à deux voix des moments de la vie de deux femmes, à des années de distance. Le photographe, de son côté, a documenté par l'image les carnets. Son travail, en contrepoint des écritures mêlées, donne à voir de très belles photographies au plus près du matériau même des agendas et des objets de l'univers de Marie. Dans l'imbrication d'une approche intime, documentaire mais aussi littéraire et artistique, se dessinent en creux deux portraits de femmes, au tournant du millénaire, dans un même lieu mais avec des vies bien différentes. C'est aussi une manière très concrète d'évoquer la désertification des villages. Mais ce double témoignage n'a pas seulement caractère d'archive. Il peut faire écho chez celles et ceux qui aujourd'hui sont tentés par une vie plus simple, plus sobre, loin des grands centres urbains.