La mission du communicateur et sa responsabilité sociale doivent toujours le conduire à livrer au public une information vraie, en évitant la diffamation. Parmi les infractions définies par le code pénal camerounais susceptibles d'être commises par voie de communication sociale, la diffamation apparaît comme l'infraction qui guette le plus souvent les journalistes au Cameroun. La vérité des faits rapportés par le journaliste est la raison d'être de son information au public, et le propre des médias est de dire la vérité. Pour autant, même lorsque le journaliste, preuves à l'appui, publie une information vraie, il n'est pas à l'abri des sanctions pénales. De par l'interdiction légale d'apporter les preuves de la vérité des faits pour lesquels il est poursuivi et craignant d'être poursuivi et automatiquement condamné à cause de cette impossibilité juridique d'apporter les preuves de la vérité de ses affirmations, le journaliste risque de se livrer à l'autocensure. En fait, le législateur camerounais a posé des règles d'organisation, de production, de recevabilité et d'administration desdites preuves avec un formalisme tatillon qui ne garantit et ne protège pas la liberté de la presse.
J'ai longtemps rêvé de toi Cala ! / J'ai longtemps rêvé de ta justice / Comme des sagesses ancestrales / Comme des tendresses angéliques / En ce magnifique jour de nos prouesses/ En ce jeudi saint de nos promesses / Nous livrons aux peuples belliqueux / La leçon qui leur manque en temps / D'épreuve / Ce matin, chez toi comme chez moi / Le verbe a vaincu sans façon / Les cruels obus souvent soufflés / Sans remords sur ma semence / L'horrible char souvent lancé / Sans regret sur mon sentier
Au coeur de ce roman, la jeunesse camerounaise d'aujourd'hui, celle qui est incomprise, celle à qui on impose tout jusqu'au chemin de son devenir. Un chemin qui conduit l'héroïne dans une université de province, bien loin de ses rêves d'adolescente. Sur ce beau campus posé comme un bouquet de fleurs parfumé sur un tapis de verdure, la vie n'a que l'apparence de la rose. Les personnages ont en commun le sentiment de vivre l'exil, l'impasse, l'inabouti, l'errance peut-être, plus exactement l'absence de quelque chose d'indispensable. Cette absence, chacun la vit à sa manière. Certains l'expriment en termes de rêve, de foi en l'avenir. D'autres par contre la réprouvent, se battent contre le vide, contre les promesses, contre une certaine manière d'espérer, une certaine forme d'espoir. De ligne en ligne, les phrases bousculent rapidement les limites de la représentation. Elles cessent d'être des parures autour des maux pour faire du texte entier un gros point d'interrogation autour de concepts tels que la " paix sociale ", l'" unité nationale ", la " transmission des valeurs nationales ", que l'on célèbre à grand renfort d'artifices. L'auteur aborde dans son texte, sans tabou, des thèmes aussi sensibles que la relation entre anglophones et francophones.
Mbida Onambélé Max Zachée Saintclair ; Onana Janvi
L'impasse sécuritaire dans laquelle le Cameroun semble désormais piégé, depuis la dernière décennie du XXe siècle, tend à devenir une endémie d'insécurité. Pour comprendre l'aggravation d'une situation à insécurité mutante, l'auteur fait une étude phénoménologique des espaces et sens des insécurités auxquelles le pays est confronté et analyse de manière conséquente les menaces réelles ou potentielles qui ont, ou peuvent avoir, un impact sur la stabilité du pays.
Face à la multiplication des crises sanitaires, sécuritaires, climatiques et sociales en Afrique subsaharienne, l'action humanitaire s'impose comme un levier majeur de protection, de résilience et de développement. Mais que vaut une intervention lorsqu'elle ignore les cultures, les savoirs locaux et les logiques communautaires des populations qu'elle prétend secourir ? Cet ouvrage collectif interroge les fondements, les pratiques et les effets de l'humanitaire en contexte africain. A partir d'études de terrain menées notamment au Cameroun, il analyse les tensions entre modèles d'intervention exogènes, gouvernance institutionnelle, résilience communautaire et aspirations locales. Les contributions réunies montrent que l'efficacité de l'aide ne dépend pas seulement des ressources mobilisées, mais aussi de sa capacité à reconnaître les identités culturelles, les savoirs endogènes et la participation réelle des bénéficiaires.
La thématique traitée dans ce numéro, en même temps qu'elle révèle l'actualité du sujet, démontre également de son intérêt scientifique, parce que les humanités numériques constituent un terreau fertile de questions de recherche. Comment enseigner les humanités à l'ère du numérique ? Par quelles modalités la recherche en sciences humaines et sociales peut-elle procéder grâce au numérique ? Quelles opportunités offrent les humanités numériques pour juguler la crise de l'emploi ? Au demeurant, notre souhait est que cette publication soit utile au public des chercheurs que les Annales demeurent un support de visibilité scientifique de bonne facture en vue du rayonnement de l'Université de Yaoundé I.
Comment la littérature donne-t-elle forme à la douleur sans l'appauvrir ni la réduire au cri ? Issu des conférences littéraires de l'Atelier de Critique et d'Esthétique Littéraires (ACEL), cet ouvrage propose des lectures croisées de Reste avec moi d'Ayobami Adebayo, Garonne in absentia de Jean-Michel Devésa et Murambi, le livre des ossements de Boubacar Boris Diop. De l'infertilité vécue comme violence intime aux fractures du couple, des absences qui hantent les corps aux silences du génocide rwandais, les contributeurs examinent les formes par lesquelles le roman transforme la souffrance en expérience esthétique. Ils montrent que la douleur engage des stratégies de survivance, de mémoire et de reconstruction. Leurs différentes contributions font de ce collectif un livre exigeant, sensible et nécessaire pour comprendre la manière dont les textes font parler les blessures humaines. Ce livre est, il faut le souligner, le produit d'un partenariat entre l'Atelier de Critique et d'Esthétique Littéraires, la CENE littéraire et les Editions Flore ZOA. Les actes de conférences qu'il rassemble ont donné à de nombreux jeunes chercheurs l'opportunité de prendre la parole pour exprimer leurs intuitions heuristiques, ouvrir plus grands les horizons de leurs recherches doctorales, ou de s'affirmer dans le champ de l'analyse et de l'interprétation littéraire, avec, pour chaque édition, le plaisir de la joute intellectuelle, de la découverte d'auteurs nouveaux, de la connaissance en mouvement.