La situation en Haïti a connu des évolutions, malheureusement pas dans le sens espéré. L'enlisement dans une crise politique, sociale, économique et la prolifération des gangs a accéléré la migration massive d'Haïtien·nes pour fuir Port-au-Prince, mais aussi en République dominicaine, et à la faveur d'une nouvelle opération d'exode des cerveaux vers les Etats-Unis. Poko Bout/Inabouti est le thème choisi pour ce numéro 4. Nous faisons écho au sentiment général d'inaboutissement, d'arrêt en plein vol, ressenti au niveau individuel mais aussi collectif. Inaboutissement, car sont arrêté·es en plein élan, l'ambition d'égalité de la nation haïtienne, les mobilisations politiques contre la corruption, les avancées des luttes féministes, l'année scolaire commencée et qui doit être terminée dans un pays tiers, des vies prises et celles à qui on n'a pas laissé la chance de commencer. Alaso est enraciné en Haïti mais aussi dans les interstices des frontières naviguant entre les différentes diasporas haïtienne, et à la fois dans les différentes langues, celles du dedans, le créole haïtien et le français, et celle du dehors : l'anglais. Nous ouvrons ce numéro avec l'autrice Marie-Célie Agnant en conversation avec Darline Alexis revenant sur la version bilingue français/créole haïtien traduite par elle-même, de son roman La dot de Sara, Yon eritaj pou Sara. Inabouti, mis en suspens mais pas complètement abandonné ou terminé, pour mettre l'emphase sur cet aspect. Ce numéro est composé principalement de contributions que nos autrices ont commencées mais n'ont pas terminé, comme l'intitulé Sans titre de la réalisatrice Val Bah, ou Ti pye oraj de la peintre Tessa Mars et une autre artiste visuelle, la plasticienne Nathania Pericles, partage son travail dans ce numéro. Ce numéro ouvre la porte sur un autre inaboutissement, celui-ci sanitaire. Dans un monde qui se pense post-COVID, l'écrivaine Yanick Lahens nous partage des extraits d'un journal qu'elle a tenu de 2020 à 2022, regroupés sous le titre "Brève chronique de résistances à l'âge viral et écocide". L'inaboutissement des luttes féministes restant au coeur de nos préoccupations, il est toujours question de la permanence des féminicides et de violences de genre, avec la journaliste Monique Clesca qui revient sur le tabou qui entoure les violences domestiques dont elle-même a été victime. A l'instar du précédent numéro, Alaso continue à être un espace pour de nouvelles voix. Nous avons donc le plaisir de publier les lauréates de notre appel à contribution, Micaëlle Charle avec une analyse des féminicides comme machine à broyer et un poème de Velphyne Pierre. Nous clôturons ce numéro, comme il a commencé, dans les interstices des frontières, cette fois territoriale, avec la chanteuse compositrice Sherlee Skai et son titre "Del Rio". Un texte qui fait référence à la ville frontalière entre les Etats-Unis et le Mexique où les corps, les rêves, et l'espoir de milliers de migrant·es haïtien·nes ont été accueillis par la violence des frontières organisée par les propriétaire de ce que Yanick Lahens nomme le "modèle-monde".
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Nombre de pages
86
Date de parution
30/11/2023
Poids
300g
Largeur
143mm
Plus d'informations
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EAN
9791039901789
Titre
Alaso. Poko bout
Auteur
COLLECTIF COLLECT.
Editeur
SYLLEPSE
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143
Poids
300
Date de parution
20231130
Nombre de pages
86,00 €
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L'écologie comme moteur de la transformation sociale ; nous l'abordons sous différents angles : le point sur le renouveau des mobilisations pour le climat et des mouvements écologiques, l'écoféminisme, l'accident industriel de Lubrizol, les débats autour de la production d'électricité, les zones grises du numérique, l'avenir des forêts, ou encore les enjeux écologiques dans l'Education nationale. Moins d'avions ? Mais qu'en pensent les pilotes de ligne ? Le chemin de fer est plus écologique ; pas lorsqu'il s'agit d'un projet inutile comme la construction d'une ligne nouvelle à grande vitesse entre Lyon et Turin ! Les reconversions industrielles sont indispensables, : là encore, pas sans les salariées ! L'agriculture n'est pas oubliée : il faut un plan de transition sociale et écologique. Parce que le passé nourrit notre présent, trois articles racontent les engagements écologistes de la CFDT il y a 50 ans, les débats autour de l'écologie et l'autogestion entre André Corz et Comélius Castoriadis, des luttes ouvrières pour l'environnement dans l'Espagne du dictateur Franco. Hors dossier : un bilan du combat victorieux des travailleurs sans-papiers de Chronopost ; l'espoir commun(iste ? ) du congrès de Tours il y a 100 ans ; la réalité du travail dans les associations ; une critique du livre de T. Piketty ; la gratuité pour penser le socialisme et l'abondance.
Ce numéro traite de la question de l'enfance et de la jeunesse, en France et à travers le monde. C'est l'occasion de découvrir ou redécouvrir les thématiques spécifiques liées à cette période de construction de l'être humain. Seront ainsi abordés la question de la place des enfants et des jeunes, de leurs droits et de leur statut. Sont ainsi prévus des articles sur les droits de l'enfant, la protection de la jeunesse, le droit à une éducation non sexiste et non violente, les pédagogies alternatives comme vecteurs d'émancipation... La question des mineur·es isolé·es sera également, abordée ainsi que celle des enfants réunionnais de la Creuse ou des enfants volés ou disparus dans différents régimes dictatoriaux. Nous reviendrons également longuement sur l'histoire du travail des enfants en France et dans le monde. Nous verrons également que malgré leur vulnérabilité, les enfants et les jeunes ont pu mettre en place des stratégies de luttes et d'auto-organisation, ainsi que des outils de revendication via le syndicalisme lycéen par exemple ou la lutte contre le SNU (Service national universel). Un numéro riche, en somme, qui pourra aider à penser ou repenser le statut des mineur·es à travers des contributions sur le travail des enfants, les violences éducatives, les jeunesses dans des contextes répressifs ou encore les droits des enfants.
Résumé : Ce numéro de la revue Les Utopiques est consacré à la prison. On y évoque la problématique du travail des prisonniers et des prisonnières ? : rémunération, conditions de travail, droit syndical, etc. , tout est loin des règles applicables au dehors de la prison. La situation sanitaire connue depuis plus d'un an n'est pas sans conséquences ? : propagation du virus, confinement interdisant les visites. Des prisonnières et prisonniers racontent... Le travail en prison, c'est aussi celui des agents de "la pénitentiaire" . Des militants Solidaires et CGT racontent leurs conditions de travail, l'évolution de la profession, les actions syndicales, la violence de la prison, le rôle répressif qu'on leur fait jouer, y compris quand se produisent des morts, si nombreuses derrière les murs des prisons. En prison aussi, on oublie trop souvent les femmes. Leurs conditions de détention, les problèmes spécifiques qui sont les leurs sont ici traités. Gwenola Ricordeau explique pourquoi soutenir les "? femmes contre la prison ? " . Des luttes des prisonnières et prisonniers sont retracées : du Groupe information prisons, lancé en 1971 par Jean-Marie Domenach, Michel Foucault et Pierre Vidal-Naquet, aux témoignagnes de personnes aujourd'hui enfermées, en passant par le Comité d'action des prisonniers, animé notamment par Serge Livrozet, ou d'autres journaux/mouvements (Prisons, Otages, Rebelles...). La Coordination des prisonniers en lutte, active dans l'Espagne de la fin du franquisme, est aussi évoquée. Josu Urrutikoetxea, militant basque, une des voix annonçant la dissolution de l'ETA en 2018, nous parle de la situation des prisonniers politiques, dans l'Etat espagnol et en France. "La negra" , emprisonnée sous la dictature de Videla en Argentine, nous livre un témoignage poignant. Plusieurs acteurs et actrices de mouvements associatifs et syndicaux abordent d'autres sujets encore : psychiatrisation de la prison et pénalisation de la psychiatrie ? ; quartiers populaires et prison ? ; les personnes détenues étiquetées "radicalisées" ; les contre-réformes s'attaquant à la protection des mineurs·es ? ; la double peine, les Centres de rétention administrative...
A travers les voix et les récits de survivants et de témoins, de militants des droits de l'homme, d'acteurs judiciaires, de journalistes et d'historiens, Francesca Lessa lève le voile sur les secrets de la répression transnationale mise en place par les dictatures sud-américaines entre 1969 et 1981. Mettant en place une coordination répressive inédite connue sous le nom de plan Condor, les services secrets du Chili, de l'Argentine, de la Bolivie, du Brésil, du Paraguay et de l'Uruguay, avec le soutien des Etats-Unis, lancent une campagne de lutte contre la "subversion" . Les dictatures militaires alors en place en Amérique latine envoient des agents secrets poursuivre et assassiner les dissidents politiques jusqu'en Europe (France, Italie, Portugal, Espagne...) et aux Etats-Unis. Les forces militaires et policières, légales et extra-légales, de ces dictatures vont enlever, torturer et assassiner des centaines d'hommes et de femmes. Le plan Condor est le fil conducteur des dictatures sud-américaines qui firent des dizaines de milliers de morts, et plus encore de torturés, d'emprisonnés, d'exilés. Au cours de ces années, l'Amérique du Sud devint une zone de terreur généralisée et d'impunité pour ceux qui perpétuaient la violence. Dans ce livre, Francesca Lessa montre également comment des réseaux d'individus en quête de justice se sont progressivement matérialisés et ont réussi à transcender les frontières nationales pour obtenir justice pour les victimes de ces horreurs. S'appuyant sur un travail de terrain approfondi, des recherches dans les archives, des observations de procès et plus d'une centaine d'entretiens, Le plan Condor en procès explore le passé et le présent de l'Amérique du Sud. Ce livre met en lumière les luttes actuelles pour la justice, alors que les sociétés de la région sont confrontées à l'héritage des atrocités commises.
Au travail, et dans la joie s'il vous plaît, sous l'emprise des technologies de communication et surveillance, il faut désormais être à disposition de l'employeur 24 heures sur 24, sept jours sur sept et même lors de ses congés. A contrario de cette réalité, s'enchaînent les discours patronaux et étatiques présentant la vie quotidienne comme de moins en moins contrainte par le temps de travail. Loin de cette arnaque, ce livre explore comment, depuis 1968, s'est déployé un processus d'intrusion du travail capitalistique dans notre quotidien. Associé aux pratiques managériales, qui font de l'urgence la norme dans l'organisation du travail, le travail totalitaire engloutit la moindre parcelle de liberté de notre temps. Il s'accapare notre intimité jusque dans l'offre et la consommation de loisirs planifiés et minutés. Il fait de nous des "esclaves modernes". "Le travail totalitaire" explique en quoi la bataille pour l'émancipation ne peut plus se satisfaire de la seule réduction quotidienne du temps de travail. Une critique radicale de la vie quotidienne devient ainsi une condition indispensable pour qu'advienne une société démocratique.
Résumé : La pédagogie de l'émancipation défendue dans cet ouvrage insiste non seulement sur l'importance du féminisme dans les salles de cours mais aussi sur la nécessité d'articuler la théorie et la pratique dans la lutte féministe afro-américaine. bell hooks nous rappelle qu'il existe un important corpus de textes qui nous aident à mieux comprendre comment les différents systèmes de domination fonctionnent à la fois de manière indépendante et interdépendante, pour perpétuer et soutenir l'exploitation et l'oppression. En s'appropriant ce point de vue, de nombreuses personnes ont changé significativement leur mode de pensée pour transformer leur vie : les Blancs ont travaillé à devenir antiracistes, les hommes à remettre en question le sexisme et le patriarcat et les hétérosexistes à réellement défendre la liberté sexuelle. De fait, de nombreuses étapes, parfois imperceptibles, ont marqué ces évolutions. Afin de les valoriser, il faut les nommer tout en continuant à les critiquer rigoureusement. Ces deux choses, nommer le problème et l'articuler pleinement et profondément aux pratiques pour aborder et trouver des solutions, sont nécessaires pour générer et inspirer un esprit de résistance permanent. Au travers de seize leçons, bell hooks présente l'éducation progressiste comme une pratique de la liberté qui permet de faire face au sentiment de perte de sens et de restaurer les relations entre les individus et entre les groupes. En définitive, c'est ce qui peut conduire à apprendre à créer du commun, apprendre ensemble. Elle nous invite, en nous livrant les outils pour le faire, à mettre en oeuvre une sagesse pratique visant à concevoir la salle de cours comme un lieu thérapeutique et révélateur, un lieu de libération mutuelle où l'enseignant et l'étudiant travaillent en partenariat. Pointer l'inégalité, en se passant d'envisager un objectif constructif de résolution, empêche l'espoir et la création d'une société fondée sur la justice. Ce qui ne peut que contribuer à maintenir une culture de domination.
Y a-t-il un intérêt à rendre compte, en 2024, de l'expérience de femmes qui ont fui l'Espagne au moment de la victoire de Franco en 1939 ? C'est à travers des récits de vie, des trajectoires de trois femmes, que ce livre entend contribuer à une compréhension toujours à renouveler du fascisme, des résistances au quotidien, des processus de violence. Ainsi, la première partie du livre met en perspective les récits en posant un cadre historique. La deuxième présente le témoignage de trois femmes espagnoles qui avaient refusé la victoire du général Franco en 1939 et s'étaient réfugiées en France en l'absence de leur mari. Cette séparation était due au fait que la frontière entre la France et l'Espagne avait été ouverte aux civils et aux blessés à partir du 27 janvier 1939, alors qu'elle était restée fermée aux soldats de l'armée républicaine espagnole jusqu'au 5 février 1939. Les trois narratrices, qui ont accepté de raconter leur vie à l'auteure, 50 ans après la défaite républicaine, étaient issues de familles dont les hommes avaient été des militants ou des sympathisants de partis politiques opposés au coup d'Etat nationaliste. Leur enfance et leur adolescence se sont passées à Barcelone, avec son lot de conflits sociaux et de répression. Leurs témoignages montrent comment des ouvrières ou des mères de famille des quartiers ouvriers se sont senties concernées par les idées nouvelles et par les changements politiques intervenus dès leur jeunesse. L'imprégnation politique émanant du milieu familial et de la vie de quartier alimente le sentiment d'appartenir à une classe sociale qui lutte pour améliorer ses conditions de vie. Dès lors, les femmes n'hésitent pas à intervenir à leur manière dans leur quartier. Ce sont les petits gestes de solidarité ou de rejet, les échanges verbaux dans les magasins, les coopératives d'alimentation, les lavoirs publics ou le récit de leurs loisirs dans les centres communautaires, qui révèlent la constitution d'un espace politique qui ne s'exprime que lors d'événements particulièrement importants comme les grèves, la célébration de l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement républicain, la guerre ou l'exil. Pour ces trois femmes, leur décision de quitter l'Espagne représente leur fidélité idéologique à leur condition de femmes du peuple, en même temps qu'elles se sont montrées solidaires des choix politiques de leur famille, de leur milieu social et de leurs époux impliqués dans la guerre civile.