Autogestion. L'encyclopédie internationale Tome 1, 2e édition
COLLECTIF COLLECT.
SYLLEPSE
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EAN :9782849507582
Les six volumes qui paraissent sont composés de 300 entrées rédigées par 150 auteur·es venu·es de nombreux pays, cette Encyclopédie couvre les cinq continents, 35 pays et court de 1848 à aujourd'hui. Il s'agit d'un projet international de grande ampleur et de longue haleine qui propose des contributions éclairant les expériences autogestionnaires mondiales, hier comme aujourd'hui. Le tome 7 est actuellement en préparation. Tome 1 Dans ce premier volume, ce sont les mondes arabe et latino-américain qui sont abordés. L'expérience algérienne (1962-1965) est particulièrement documentée, notamment avec la publication des décrets instituant l'autogestion dans le secteur agricole et industriel. Ces documents sont accompagnés d'articles présentant le cadre général historique de l'institution de l'autogestion au début des années 1960. Enfin, une partie importante est consacrée à l'Amérique latine contemporaine. Les entreprises autogérées en Argentine et aux Brésil sont largement traitées. D'un point de vue historique, le Chili de Salvador Allende (1970-1973) qui fait l'objet de plusieurs articles. Enfin, le Mexique du Chiapas, le Pérou et l'Uruguay ne sont pas oubliés. Tome 2 Ce volume tourne son attention vers l'Amérique du Nord. Tout d'abord vers les États-Unis où la tradition coopérative est ancienne. Si plusieurs expériences récentes sont traitées, on découvrira avec surprise la vitalité et l'ancienneté d'un esprit autogestionnaire dans le c'ur du capitalisme mondial. Enfin, le Québec n'est pas oublié. Dans sa dernière partie, ce volume aborde le continent européen. La France occupe une grande partie de cette section européenne. La Corse et la Guadeloupe, souvent oubliés, sont présentes. Le volume s'achève sur la Grande-Bretagne. Tome 3 La Grèce, l'Italie et le Portugal, fortes de riches expériences autogestionnaires. Ensuite, la Yougoslavie et la Pologne occupent une place importante et plusieurs documents exceptionnels sont publiés comme la république autogérée pensée par Solidarnosc. La Tchécoslovaquie et le Printemps de Prague sont également présents et richement documentés. L'espace balkanique fait l'objet de plusieurs contributions. Enfin, le volume s'achève sur l'Asie (Japon et Chine) et l'Océanie (Australie). Tome 4 Après «?l'autogestion actes?», ce quatrième volume entame une réflexion plus large sur l'autogestion. Il s'intéresse particulièrement aux relations entre autogestion et démocratie dans le cadre d'une élaboration d'une alternative politique et sociale au capitalisme. La place des coopératives est particulièrement soulignée. Plus généralement, l'ensemble des articles à la lumière des expériences traitées dans les trois volumes précédents proposent une réflexion sur l'autogestion et son avenir au 21e siècle. Tome 5 Ce cinquième volume poursuit les réflexions engagées dans le volume précédent. Il s'intéresse au rapport entre l'autogestion et le marxisme ainsi qu'avec l'anarchisme. Plus généralement, il traite de la question du rôle des salariés, de l'État, du plan dans une perspective autogestionnaire. Droit de propriété et nationalisations à la lumière de l'autogestion font également l'objet de contributions. Plusieurs articles s'attachent à offrir une conception globale et cohérente de l'autogestion. Enfin, le champ des forces politiques et syndicales face à l'autogestion en France est traité. Tome 6 Ce sixième volume est thématique. Sont abordés successivement l'«?école et la culture?», l'«?écologie et la transition écologique?», le «?féminisme?» et enfin l'«?urbanisme?». Chaque thème fait l'objet d'articles portant sur des expériences concrètes et des réflexions plus larges d'ordre théorique. Enfin, les Rencontres internationales de l'économie des travailleurs, qui rassemblent depuis 2013, les acteurs et actrices d'entreprises autogérées font l'objet de larges compte-rendu très détaillés et illustrent les convergences internationales existantes autour de l'autogestion Une bibliographie et une filmographie sur l'autogestion complètent utilement ce volume ainsi qu'une présentation de l'ensemble des auteur·es ayant contribué aux six premiers tomes. Enfin, le lecteur trouvera un index des articles et des thèmes des six tomes.
Nombre de pages
416
Date de parution
19/03/2019
Poids
601g
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EAN
9782849507582
Titre
Autogestion. L'encyclopédie internationale Tome 1, 2e édition
Auteur
COLLECTIF COLLECT.
Editeur
SYLLEPSE
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Poids
601
Date de parution
20190319
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416,00 €
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Le chômage de masse, partie la plus visible et dramatique de la crise sociale, et la dégradation constante de la situation écologique de la planète ont une origine commune qui vient de loin?: le système capitaliste, basé sur la recherche d'une croissance infinie au profit de quelques-un·es par l'exploitation des travailleur·euses et le pillage des ressources naturelles. Le développement des interactions entre urgence climatique et justice sociale est plus que jamais nécessaire. On le voit avec la pandémie de Covid-19. Le syndicalisme a un rôle majeur à jouer pour que les transitions qui s'opéreront se fassent dans le sens d'une transformation, écologique et féministe de la société. Cette livraison des Utopiques montre l'implication à l'oeuvre du mouvement syndical, et celle de l'Union syndicale Solidaires en particulier, même s'il reste beaucoup à faire et qu'il existe toujours des difficultés et des résistances. L'ouvrage aborde l'évolution du mouvement social écologiste en France qui s'est renforcé et rajeuni fortement ces dernières années. La place de l'écologie dans le projet de transformation sociale est interrogée en soulignant l'importance du dépassement des postures pour aller vers une prise en compte en profondeur de l'écologie dans l'action syndicale. Il faut, par exemple, poser la question de l'alimentation et de l'emploi dans le secteur agro-alimentaire. Il s'agit également d'une réflexion sur l'articulation avec les autres combats du syndicalisme contre l'exploitation et les dominations, notamment avec l'exemple de l'éco-féminisme. L'approche écologiste pousse à réfléchir à la globalité du processus de production. C'est ce qui sera illustré dans un article sur la dématérialisation, l'usage de l'énergie et des matières premières, à partir de l'exemple des smartphones. Privatisation de la forêt, lutte contre la ligne à grande vitesse Lyon-Turin et retour sur l'incendie de Lubrizol (Rouen) permettent d'aborder la participation du syndicalisme aux luttes écologistes. La prise en compte des urgences écologiques impose au syndicalisme d'assumer la nécessaire reconversion de certains secteurs?: des syndicalistes de l'industrie, la chimie ou du transport aérien évoquent ces questions. Enfin, pour que le passé nourrisse notre présent et notre avenir, sont évoquées les contributions d'André Gorz et Cornélius Castoriadis dans la seconde moitié du siècle passée, des luttes syndicales et environnementales dans l'Espagne de Franco ou l'engagement écologique de la CFDT des années 1970-1980.
Ce 18e numéro de la revue Les Utopiques est consacré à la prison. On y évoque la problématique du travail des prisonniers et des prisonnières: rémunération, conditions de travail, droit syndical, etc., tout est loin des règles applicables au dehors de la prison. La situation sanitaire connue depuis plus d'un an n'est pas sans conséquences: propagation du virus, confinement interdisant les visites. Des prisonnières et prisonniers racontent... Le travail en prison, c'est aussi celui des agents de la «pénitentiaire». Des militants Solidaires et CGT racontent leurs conditions de travail, l'évolution de la profession, les actions syndicales, la violence de la prison, le rôle répressif qu'on leur fait jouer, y compris quand se produisent des morts, si nombreuses derrière les murs des prisons. En prison aussi, on oublie trop souvent les femmes. Leurs conditions de détention, les problèmes spécifiques qui sont les leurs sont ici traités. Gwenola Ricordeau explique pourquoi soutenir les «femmes contre la prison». Des luttes des prisonnières et prisonniers sont retracées: du Groupe information prisons, lancé en 1971 par Jean-Marie Domenach, Michel Foucault et Pierre Vidal-Naquet, aux témoignages de personnes aujourd'hui enfermées, en passant par le Comité d'action des prisonniers, animé notamment par Serge Livrozet, ou d'autres journaux/mouvements (Prisons, Otages, Rebelles...). La Coordination des prisonniers en lutte, active dans l'Espagne de la fin du franquisme, est aussi évoquée. Josu Urrutikoetxea, militant basque, une des voix annonçant la dissolution de l'ETA en 2018, nous parle de la situation des prisonniers politiques, dans l'État espagnol et en France. La Negra, emprisonnée sous la dictature de Videla en Argentine, nous livre un témoignage poignant. Plusieurs acteurs et actrices de mouvements associatifs et syndicaux abordent d'autres sujets encore: psychiatrisation de la prison et pénalisation de la psychiatrie; quartiers populaires et prison; les personnes détenues étiquetées «radicalisées»; les contre-réformes s'attaquant à la protection des mineur·es; la double peine, les centres de rétention administrative...
Ce numéro de la revue Les Utopiques est consacré à la prison. On y évoque la problématique du travail des prisonniers et des prisonnières ? : rémunération, conditions de travail, droit syndical, etc. , tout est loin des règles applicables au dehors de la prison. La situation sanitaire connue depuis plus d'un an n'est pas sans conséquences ? : propagation du virus, confinement interdisant les visites. Des prisonnières et prisonniers racontent... Le travail en prison, c'est aussi celui des agents de "la pénitentiaire" . Des militants Solidaires et CGT racontent leurs conditions de travail, l'évolution de la profession, les actions syndicales, la violence de la prison, le rôle répressif qu'on leur fait jouer, y compris quand se produisent des morts, si nombreuses derrière les murs des prisons. En prison aussi, on oublie trop souvent les femmes. Leurs conditions de détention, les problèmes spécifiques qui sont les leurs sont ici traités. Gwenola Ricordeau explique pourquoi soutenir les "? femmes contre la prison ? " . Des luttes des prisonnières et prisonniers sont retracées : du Groupe information prisons, lancé en 1971 par Jean-Marie Domenach, Michel Foucault et Pierre Vidal-Naquet, aux témoignagnes de personnes aujourd'hui enfermées, en passant par le Comité d'action des prisonniers, animé notamment par Serge Livrozet, ou d'autres journaux/mouvements (Prisons, Otages, Rebelles...). La Coordination des prisonniers en lutte, active dans l'Espagne de la fin du franquisme, est aussi évoquée. Josu Urrutikoetxea, militant basque, une des voix annonçant la dissolution de l'ETA en 2018, nous parle de la situation des prisonniers politiques, dans l'Etat espagnol et en France. "La negra" , emprisonnée sous la dictature de Videla en Argentine, nous livre un témoignage poignant. Plusieurs acteurs et actrices de mouvements associatifs et syndicaux abordent d'autres sujets encore : psychiatrisation de la prison et pénalisation de la psychiatrie ? ; quartiers populaires et prison ? ; les personnes détenues étiquetées "radicalisées" ; les contre-réformes s'attaquant à la protection des mineurs·es ? ; la double peine, les Centres de rétention administrative...
La situation en Haïti a connu des évolutions, malheureusement pas dans le sens espéré. L'enlisement dans une crise politique, sociale, économique et la prolifération des gangs a accéléré la migration massive d'Haïtien·nes pour fuir Port-au-Prince, mais aussi en République dominicaine, et à la faveur d'une nouvelle opération d'exode des cerveaux vers les États-Unis. Poko Bout/Inabouti est le thème choisi pour ce numéro 4. Nous faisons écho au sentiment général d'inaboutissement, d'arrêt en plein vol, ressenti au niveau individuel mais aussi collectif. Inaboutissement, car sont arrêté·es en plein élan, l'ambition d'égalité de la nation haïtienne, les mobilisations politiques contre la corruption, les avancées des luttes féministes, l'année scolaire commencée et qui doit être terminée dans un pays tiers, des vies prises et celles à qui on n'a pas laissé la chance de commencer. Alaso est enraciné en Haïti mais aussi dans les interstices des frontières naviguant entre les ifférentes diasporas haïtienne, et à la fois dans les différentes langues, celles du dedans, le créole haïtien et le français, et celle du dehors : l'anglais. Nous ouvrons ce numéro avec l'autrice Marie-Célie Agnant en conversation avec Darline Alexis revenant sur la version bilingue français/créole haïtien traduite par elle-même, de son roman La dot de Sara, Yon eritaj pou Sara. Inabouti, mis en suspens mais pas complètement abandonné ou terminé, pour mettre l'emphase sur cet aspect. Ce numéro est composé principalement de contributions que nos autrices ont commencées mais n'ont pas terminé, comme l'intitulé Sans titre de la réalisatrice Val Bah, ou Ti pye oraj de la peintre Tessa Mars et une autre artiste visuelle, la plasticienne Nathania Pericles, partage son travail dans ce numéro. Ce numéro ouvre la porte sur un autre inaboutissement, celui-ci sanitaire. Dans un monde qui se pense post-COVID, l'écrivaine Yanick Lahens nous partage des extraits d'un journal qu'elle a tenu de 2020 à 2022, regroupés sous le titre "Brève chronique de résistances à l'âge viral et écocide". L'inaboutissement des luttes féministes restant au coeur de nos préoccupations, il est toujours question de la permanence des féminicides et de violences de genre, avec la journaliste Monique Clesca qui revient sur le tabou qui entoure les violences omestiques dont ellemême a été victime. À l'instar du précédent numéro, Alaso continue à être un espace pour de nouvelles voix. Nous avons donc le plaisir de publier les lauréates de notre appel à contribution, Micaëlle Charle avec une analyse des féminicides comme machine à broyer et un poème de Velphyne Pierre. Nous clôturons ce numéro, comme il a commencé, dans les interstices des frontières, cette fois territoriale, avec la chanteuse compositrice Sherlee Skai et son titre « Del Rio ». Un texte qui fait référence à la ville frontalière entre les États-Unis et le Mexique où les corps, les rêves, et l'espoir de milliers de migrant·es haïtien·nes ont été accueillis par la violence des frontières organisée par les propriétaire de ce que Yanick Lahens nomme le « modèle-monde ».
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.
La crise capitaliste mondiale qui a éclaté en 2007-2008 aux États-Unis et s'est propagée dans le monde entier, en particulier dans les économies occidentales développées, n'est pas seulement une crise des banques et du secteur financier. Pour l'auteur, c'est une profonde crise structurelle du capitalisme. En effet, selon lui, l'économie capitaliste est une organisation de rythmes économiques et toute crise capitaliste est une «arythmie», c'est-à-dire une discordance de ces rythmes. Les trois circuits du capital industriel développés par Marx, le circuit du capital-argent, le circuit du capital productif et le circuit du capital-marchandise, renvoient respectivement aux rythmes de valorisation, d'accumulation et de réalisation de la valeur. La croissance capitaliste implique une compatibilité relative entre ces trois rythmes, tandis que les crises économiques sont dues à la divergence excessive de l'un de ces rythmes par rapport aux autres. Si la crise des années 1970 était due à un ralentissement du rythme de valorisation de la valeur (chute du taux de profit), la crise actuelle résulte d'une décélération du rythme de réalisation de la valeur. Bien que la cause de la crise ait été différente dans ces deux cas, le résultat en a été une «arythmie» systémique d'une telle ampleur qu'elle a presque immédiatement provoqué une grave récession et une diminution du taux de croissance du PIB pendant une période plus longue. Depuis les années 1980, le profit capitaliste augmente à un rythme supérieur à celui de l'investissement productif ou de l'accumulation. Une partie croissante du profit se transforme en capital-argent qui, par le crédit et les produits financiers dérivés, est dirigée vers la consommation. Ici, les schémas de reproduction du capital développés par Marx sont reformulés pour montrer l'importance croissante de la dette privée dans les processus de production, d'accumulation et de réalisation de la valeur. Ce sont ces schémas de reproduction néolibéraux qui sont entrés en crise en 2007-2008. Les politiques économiques ont empêché l'effondrement du système financier et sauvé l'euro, mais elles n'ont pas conduit à la sortie de la crise économique, ni de la régression sociale qu'elle a engendrée. Stavros Tombazos nous propose ici une analyse concentrée des ressorts de la crise du système capitaliste. L'ouvrage publié en anglais a été actualisé par l'auteur pour cette version en français, notamment dans sa partie statistique.