Cohen James ; Diamond Andrew Jay ; Vervaecke Phili
KARTHALA
29,00 €
Sur commande en 6-8 jours
EAN :9782811106188
Aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en France, le début du millénaire a vu se multiplier des discours épurés de toute référence à la catégorie de "race". La tolérance et la diversité sont désormais les registres dominants que l'on emploie pour parler de questions relevant auparavant de cette dernière. Ainsi, aux États-Unis, l'élection de Barack Obama a donné un puissant élan à ce que Thomas Sugrue nomme le "grand récit de la réconciliation raciale", en dépit de la racialisation évidente des inégalités sociales. De part et d'autre de l'Atlantique, la notion de color-blindness gagne en influence. Elle dissimule une forme de racisme culturel, ou de racisme différentialiste, qui se diffuse dans la sphère publique, et que revendiquent même parfois certains responsables politiques. Cette évolution intervient dans un contexte de remise en cause des modèles nationaux d'intégration et de déclarations catégoriques sur le prétendu échec du multiculturalisme : prises de position dont l'objet est de critiquer des politiques jugées trop différentialistes, tout en pointant du doigt certaines catégories de la population dont l'intégration s'avérerait problématique. Ce volume se propose de mieux comprendre les logiques sociales de racialisation, et leur rapport au politique, dans une perspective comparative et en recourant à différentes disciplines. Il pratique une forme d'"histoire du présent", à la fois empirique et théorisée. Celle-ci est de salubrité publique à l'approche d'échéances électorales cruciales, en Europe comme en Amérique, alors que les problématiques identitaires conservatrices, sinon réactionnaires, effectuent un retour en force dans le débat politique et l'exercice du pouvoir.
Nombre de pages
393
Date de parution
26/03/2012
Poids
430g
Largeur
135mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782811106188
Auteur
Cohen James ; Diamond Andrew Jay ; Vervaecke Phili
Editeur
KARTHALA
Largeur
135
Date de parution
20120326
Nombre de pages
393,00 €
Disponibilité
Sur commande en 6-8 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Les Etats-Unis se flattent d'être un pays forgé par ses immigrés, mais depuis le deuxième mandat de George W. Bush le thème de l'immigration est devenu une source de forte polarisation politique. Face à la présence de plus de 10 millions d'immigrés en situation irrégulière, dont plus de la moitié sont mexicains et 80 latino-américains, la droite militante s'oppose frontalement à toute mesure de régularisation et prône des politiques nationales ou locales de surveillance renforcée visant à intimider et à éloigner des populations jugées "inassimilables". Au Congrès des Etats-Unis, la polarisation a mené à l'impasse: aucun projet de loi sur l'immigration, même favorable aux intérêts patronaux, n'a vu le jour depuis l'entrée en fonction de Bush. Démocrates et républicains ne se sont entendus que sur la construction d'un mur le long de la frontière mexicaine. En l'absence de toute loi susceptible de "réparer" un système que tous s'accordent à dénoncer comme "déréglé", certains territoires, l'Etat frontalier d'Arizona montrant la voie, adoptent leurs propres lois visant à faciliter la poursuite des immigrés en situation irrégulière, sans craindre de promouvoir une forme de profilage racial, de constitutionnalité suspecte, menaçant tous ceux qui "ressemblent" à un immigré irrégulier... Ce livre fournit le contexte sociologique et politique nécessaire pour comprendre les racines de cette crise, à l'échelle nationale mais aussi transnationale, les formes de répression et de stigmatisation qu'elle engendre et les résistances que suscitent les politiques en vigueur.
Les États-Unis deviendraient-ils un pays "latino"? Les indices démographiques ne laissent aucun doute à ce sujet: les ressortissants latino-américains et leurs descendants sont devenus la "minorité" la plus nombreuse, de Los Angeles à New York, et dans maintes zones rurales où, jusqu'à récemment, on n'entendait parler que l'anglais. La frontière entre le colosse du Nord et les pays de sa périphérie sud s'est brouillée. Si le nom "Amérique" s'applique à tous les pays de l'hémisphère, on peut dire que les États-Unis s'américanisent enfin...On mesure encore à peine les implications de cette "latinisation" de la société étatsunienne. Elles sont considérables. Le pays devra poser autrement certains problèmes qui le hantent depuis longtemps: son rapport aux différences ethnoraciales, culturelles et linguistiques ainsi que sa manière de traiter les inégalités socio-économiques. Serait-ce l'occasion pour que l'introuvable "modèle d'intégration" états-unien se clarifie enfin? Les luttes s'annoncent rudes entre, d'une part, les partisans du métissage et d'une nouvelle citoyenneté sociale plus égalitaire et, d'autre part, les défenseurs du système hautement inégalitaire en place, même si ceux-ci savent, eux aussi, manier la rhétorique de la diversité "multiculturelle". Que signifie, aujourd'hui, être citoyen des États-Unis? À l'heure où s'implantent des sphères publiques hispanophones, où l'anglais et l'espagnol se mêlent en spanglish, l'anglais demeure-t-il vraiment la seule langue de l'intégration? Comment appartenir à une "diaspora" mexicaine, dominicaine ou salvadorienne tout en aspirant à l'intégration aux États-Unis? Et qu'en est-il de Porto Rico, cette formation nationale caribéenne encastrée colonialement dans le système politique étatsunien, dont les frontières s'étendent jusqu'au Bronx? Au-delà des enjeux proprement américains, ce livre pose la question de la citoyenneté à l'ère transnationale. James Cohen, politologue, originaire du Massachusetts, enseigne à l'université de Paris-VIII (Saint-Denis) et à l'Institut des hautes études de l'Amérique latine (Paris).
Au moment où les Etats-Unis sont engagés dans des négociations commerciales ambitieuses dont Obama aimerait faire un des derniers grands succès de son administration, l'ALENA (Association de Libre-Echange Nord-Américaine - NAFTA en anglais), dont on vient de fêter le vingtième anniversaire en 2014, fait figure de précédent dont les leçons éclairent les négociations en cours. Le dossier de ce numéro, issu d'une journée d'études qui s'est tenue à l'Université Paris 3 en avril 2014 et coordonné par James Cohen, professeur à Paris 3, traite de l'intégration nord-américaine en incluant les questions sociales, notamment l'immigration, à [analyse classique de l'intégration économique et commerciale. Les débats qui apparaissent ainsi autour de l'intégration nord-américaine illustrent une recomposition plus générale du débat politique, qui ne se limite d'ailleurs pas à la seule Amérique du Nord mais touche encore plus fortement les pays européens dans le cadre de t'intégration européenne. L'universalisme traditionnellement revendiqué par la gauche contre une droite plus nationaliste changerait-il de camp à la faveur de la mondialisation et du libre-échange ? La gauche redécouvre-t-elle les bénéfices de la nation quand elle parle de la défense des acquis sociaux et du protectionnisme ? Sans prendre parti, mais en faisant preuve d'un certain scepticisme vis-à-vis des atouts du libre-échange, les textes de ce numéro apportent un éclairage nuancé afin de négocier, à partir de l'Etat et de l'espace national parmi d'autres points d'appui, une place différente de l'Amérique du Nord dans la mondialisation.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.