Aucun son n'est jamais à l'image de quelque chose, mais toujours en marge d'une image dont il n'offre que des brouillons imparfaits. Dans le film, le sonore insinue sous le visible les évocations multiples auxquelles il fait écho. En organisant la déliaison du son et de l'image, le cinéma met en concurrence le regard, attentif au contour des figures, et l'écoute, sensible à leur devenir. Relançant une approche phénoménologique de la perception, ce livre propose une perspective nouvelle sur le rôle de l'écoute dans la réception d'un film. Le spectateur se trouve placé au centre d'une réflexion cinématographique dont l "orientation privilégie désormais, avec l'entrée sonore, les résonances que les bruits et les voix propagent dans l'espace filmique et la perturbation qu'ils provoquent dans l'entente des films les plus classiques. Ce faisant, l'écoute s'attache à déplier, à travers l'entretien syncopé du son et de l'image, le champ des formes éphémères que chaque son fait surgir."
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
176
Date de parution
01/02/1999
Poids
250g
Largeur
138mm
Plus d'informations
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EAN
9782842920531
Titre
L'écoute filmique. Echo du son en image
Auteur
Campan Véronique
Editeur
PU VINCENNES
Largeur
138
Poids
250
Date de parution
19990201
Nombre de pages
176,00 €
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La projection des images entre aujourd'hui en concurrence avec la consultation sur écrans et la manipulation interactive. Longtemps associée à l'expérience du spectateur de cinéma, elle a, en quelques décennies, migré hors des salles obscures et du temps imposé d'une séance pour gagner l'espace du musée comme de l'installation et s'imposer dans tous les domaines de l'expression artistique. Ces dernières années, cette profonde mutation a engagé un large débat qui remet en question la définition du cinéma et ses relations avec les autres arts. Les textes réunis dans ce volume contribuent à interroger le rôle et la place du dispositif projectif - géométrique, optique, sonore aussi bien qu'imaginaire ou psychique - dans l'évolution, la pensée et la réception du cinéma. Cette tentative pour réfléchir la projection s'inscrit dans le mouvement actuel qui renouvelle les termes de la théorie des dispositifs héritée des années 1970. Elle témoigne aussi de la manière dont les appareils et les techniques mobilisent et transforment les formes de la sensibilité. Des études de films emblématiques éclairent les approches théoriques du processus projectif développées par Sigmund Freud, Erwin Panofsky, Stanley Cavell ou Laura Mulvey. D'autres contributions approfondissent l'expérience du temps et l'exercice de la mémoire que suppose la projection. L'analyse d'expérimentations menées en marge des formes canoniques de la projection filmique dans le cinéma expérimental, au théâtre ou en photographie permet d'en apprécier le potentiel créatif. Enfin, son emploi en tant que métaphore critique dans le champ littéraire jette un éclairage oblique sur le cinéma lui-même. A partir des textes qui en théorisent la pratique ou l'expérience comme des oeuvres qui la mettent en abyme ou en renouvellent l'usage, c'est tout un imaginaire de la projection qui ainsi se dessine.
Première approche d'une oeuvre capitale, Le Décalogue, du réalisateur polonais Krzysztof Kieslowski. Chacun des dix films pose la question des limites et des enjeux de la représentation.
L'attention portée aux gestes confirme le tournant anthropologique que connaissent depuis quelques années les études cinématographiques. Le geste filmé, le geste de filmer, le geste de recevoir un film et de lui répondre sont les vecteurs d'une expérience partagée : repris, détaillé, le geste filmé s'offre comme réalité sensible et adresse à l'autre. Loin de toute assignation de sens comme de toute obligation de résultat, le geste s'impose ainsi, selon Agamben qui est le fil rouge de ce volume, comme l'une des dernières formes d'expression du politique. L'expérience du film rendrait ainsi possible une nouvelle définition de l'être-ensemble qui constitue le politique : un passage de relais où personne filmée, cinéaste, spectateur, tour à tour s'exposent et (se) regardent. Les textes de ce volume cernent les points de tension où s'impose, dans l'éclat et l'éclair d'un geste, cette dimension politique, entre emprise et émancipation, action militante et mise en scène de soi. C'est surtout dans les formes libres du film-essai ou du documentaire de création, de Pasolini à Godard, de Kiarostami à Kawase, de Farocki à Wang Bing et de Zilnik à Klotz et Perceval que s'illustrent ces oscillations. Les contributions de trois cinéastes passeurs, Xavier Christiaens, Sylvain George et Sothean Nhieim, perpétuent le geste politique dont est ici proposée l'analyse.