La projection des images entre aujourd'hui en concurrence avec la consultation sur écrans et la manipulation interactive. Longtemps associée à l'expérience du spectateur de cinéma, elle a, en quelques décennies, migré hors des salles obscures et du temps imposé d'une séance pour gagner l'espace du musée comme de l'installation et s'imposer dans tous les domaines de l'expression artistique. Ces dernières années, cette profonde mutation a engagé un large débat qui remet en question la définition du cinéma et ses relations avec les autres arts. Les textes réunis dans ce volume contribuent à interroger le rôle et la place du dispositif projectif - géométrique, optique, sonore aussi bien qu'imaginaire ou psychique - dans l'évolution, la pensée et la réception du cinéma. Cette tentative pour réfléchir la projection s'inscrit dans le mouvement actuel qui renouvelle les termes de la théorie des dispositifs héritée des années 1970. Elle témoigne aussi de la manière dont les appareils et les techniques mobilisent et transforment les formes de la sensibilité. Des études de films emblématiques éclairent les approches théoriques du processus projectif développées par Sigmund Freud, Erwin Panofsky, Stanley Cavell ou Laura Mulvey. D'autres contributions approfondissent l'expérience du temps et l'exercice de la mémoire que suppose la projection. L'analyse d'expérimentations menées en marge des formes canoniques de la projection filmique dans le cinéma expérimental, au théâtre ou en photographie permet d'en apprécier le potentiel créatif. Enfin, son emploi en tant que métaphore critique dans le champ littéraire jette un éclairage oblique sur le cinéma lui-même. A partir des textes qui en théorisent la pratique ou l'expérience comme des oeuvres qui la mettent en abyme ou en renouvellent l'usage, c'est tout un imaginaire de la projection qui ainsi se dessine.
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Nombre de pages
253
Date de parution
10/07/2014
Poids
464g
Largeur
170mm
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EAN
9782753532977
Titre
La projection
Auteur
Campan Véronique
Editeur
PU RENNES
Largeur
170
Poids
464
Date de parution
20140710
Nombre de pages
253,00 €
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Aucun son n'est jamais à l'image de quelque chose, mais toujours en marge d'une image dont il n'offre que des brouillons imparfaits. Dans le film, le sonore insinue sous le visible les évocations multiples auxquelles il fait écho. En organisant la déliaison du son et de l'image, le cinéma met en concurrence le regard, attentif au contour des figures, et l'écoute, sensible à leur devenir. Relançant une approche phénoménologique de la perception, ce livre propose une perspective nouvelle sur le rôle de l'écoute dans la réception d'un film. Le spectateur se trouve placé au centre d'une réflexion cinématographique dont l "orientation privilégie désormais, avec l'entrée sonore, les résonances que les bruits et les voix propagent dans l'espace filmique et la perturbation qu'ils provoquent dans l'entente des films les plus classiques. Ce faisant, l'écoute s'attache à déplier, à travers l'entretien syncopé du son et de l'image, le champ des formes éphémères que chaque son fait surgir."
Première approche d'une oeuvre capitale, Le Décalogue, du réalisateur polonais Krzysztof Kieslowski. Chacun des dix films pose la question des limites et des enjeux de la représentation.
L'attention portée aux gestes confirme le tournant anthropologique que connaissent depuis quelques années les études cinématographiques. Le geste filmé, le geste de filmer, le geste de recevoir un film et de lui répondre sont les vecteurs d'une expérience partagée : repris, détaillé, le geste filmé s'offre comme réalité sensible et adresse à l'autre. Loin de toute assignation de sens comme de toute obligation de résultat, le geste s'impose ainsi, selon Agamben qui est le fil rouge de ce volume, comme l'une des dernières formes d'expression du politique. L'expérience du film rendrait ainsi possible une nouvelle définition de l'être-ensemble qui constitue le politique : un passage de relais où personne filmée, cinéaste, spectateur, tour à tour s'exposent et (se) regardent. Les textes de ce volume cernent les points de tension où s'impose, dans l'éclat et l'éclair d'un geste, cette dimension politique, entre emprise et émancipation, action militante et mise en scène de soi. C'est surtout dans les formes libres du film-essai ou du documentaire de création, de Pasolini à Godard, de Kiarostami à Kawase, de Farocki à Wang Bing et de Zilnik à Klotz et Perceval que s'illustrent ces oscillations. Les contributions de trois cinéastes passeurs, Xavier Christiaens, Sylvain George et Sothean Nhieim, perpétuent le geste politique dont est ici proposée l'analyse.
Humbert-Amemiya Hiroko ; Cabel Eflamm ; Numajiri R
Le japonais... comme au Japon. Chotto Nihongo vous offre : des explications en français facilitant l'auto-apprentissage, un lexique de plus de 1 300 mots et une centaine d'idéogrammes (Kanji) pour découvrir et pratiquer l'écriture japonaise ; un accès aux structures de base de la langue et de la grammaire japonaises avec des exercices corrigés ; des dialogues et de petits textes inspirés de la vie quotidienne avec les expressions usuelles pour se débrouiller dans la vie réelle. Ils sont suivis par des exercices de compréhension et leurs corrigés en fin de volume ; des présentations du contexte socioculturel japonais comme dans aucun autre manuel. Chotto Nihongo est un excellent outil interactif entre étudiants et enseignants dans un cursus d'apprentissage du japonais. C'est dans un tel cadre qu'il a été élaboré, au cours de plusieurs années, par l'auteur.
Cohen Evelyne ; Gangloff Anne ; Giuliani Jean-Domi
Comment fabrique-t-on des héros et des héroïnes ? Comment expliquer que certains processus d'héroïsation aboutissent à la reconnaissance publique d'un individu comme supérieur, digne d'un culte (au sens propre ou métaphorique), alors que d'autres échouent ? Le livre qui étudie à la fois des textes et des images fixes ou en mouvement porte sur le phénomène de l'héroïsation conçu comme un processus de construction développé par un réseau d'acteurs. Il s'attache aux processus d'héroïsation eux-mêmes en examinant divers attributs, acteurs et obstacles. Il analyse différentes figures d'héroïnes et de héros à une période donnée, dans le temps long ou bien dans une perspective genrée. Il interroge la temporalité des héroïsations : certaines périodes historiques, certains régimes politiques, certaines sociétés ont été plus propices que d'autres au phénomène de l'héroïsation, et c'est précisément le cas de notre époque où l'on parle de plus en plus souvent de héros, comme on le constate depuis la Covid et la guerre en Ukraine. Il s'inscrit de façon pluridisciplinaire dans une vaste perspective chronologique, depuis l'Antiquité grecque, grande pourvoyeuse de héros, jusqu'à Zelenski, héros de la série télévisée "Serviteur du peuple" . Publié dans le cadre de la chaire Jean Monnet FABER de l'université Rennes 2
Fille aînée de Louis XV, Louise-Elisabeth (1727-1759), dite Madame Infante après son mariage avec Don Philippe, fils cadet de Philippe V d'Espagne, est sans doute l'une des princesses européennes les plus mystérieuses et les moins connues du XVIIIe siècle. Cette femme de tête connaît une destinée particulière en devenant, à l'issue de la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), duchesse de Parme, Plaisance et Guastalla. Cependant, Madame Infante ne voit dans ces Etats qu'un séjour de transition dans l'attente d'un établissement plus digne de sa naissance. Aussi n'a-t-elle qu'un seul souci, les échanger ou les agrandir. Jamais elle ne se résigne au rang modeste que lui assigne le traité d'Aix-la-Chapelle. Pour autant, elle ne se désintéresse pas des duchés et s'efforce d'y vivre en tentant de recréer la splendeur de la cour de Versailles, tout en cherchant à s'émanciper de la tutelle espagnole pour mieux défendre ses intérêts. Pour mener à bien sa politique de grandeur, elle cultive sans relâche son réseau de correspondants (ministres, diplomates, maîtresse royale) dont elle espère tirer les plus grands bienfaits. Eprise d'un amour filial, elle conserve aussi des relations très étroites avec sa famille et n'hésite pas à revenir à plusieurs reprises à Versailles pour plaider sa cause. Situé à la charnière de l'histoire des femmes de pouvoir et des relations internationales, l' ouvrage a pour ambition de dresser le portrait d'une souveraine en action, omniprésente tant dans la politique parmesane qu'européenne.
Les années Milliat" forment un moment particulier de l'histoire des femmes en France. Dans le contexte de la Grande Guerre et de ses suites, des femmes s'organisent de manière autonome pour braver les interdits qui pèsent sur leur corps, et revendiquent le droit au mouvement, au sport, à l'accès aux compétitions. Alice Milliat représente le pendant féminin, féministe et populaire de Pierre de Coubertin et d'un CIO hostile aux femmes. De l'échelle du club à celle de la fédération internationale, elle organise des réseaux de sportives permettant l'accès aux sports jugés trop masculins (football, rugby), au plein air, aux rencontres amicales ou de haut niveau, aux voyages... une vie plus libre pour les jeunes femmes des grandes villes provoquant l'ire des plus conservateurs. "La présidente" , comme on l'appelle, n'est pas seule. Elle sait s'entourer, et les sportives bénéficient aussi de l'aide de "la doctoresse" Marie Houdré, de la directrice de l'Ecole de haut enseignement commercial pour jeunes filles Louli Sanua, de la journaliste féministe Jane Misme, de la championne d'athlétisme et aviatrice Sophie Eliott-Lynn : toute une génération de militantes convaincues que l'égalité passera aussi par le sport.