A Vienne, à l'automne 1996, Iga fait sa rentrée dans un lycée privé catholique. Surdouée en maths mais incapable de se plier aux règles de la vie scolaire, elle préfère se promener en skate, seule ou avec Saga, son unique ami, un peu plus âgé qu'elle. C'est pourtant dans ce lycée qu'elle rencontrera Raspoutine, fils d'immigrés russes hypersensible et renfermé, et la fougueuse Jess, qui a vécu cet été une grande histoire d'amour avec une Française. Nourris de poésie et d'idéaux, révoltés contre une société qu'ils jugent conformiste et hypocrite, ils seront ensemble les Cormorans, du nom de ces oiseaux qui chassent jusque dans les eaux arctiques. Et un jour, après avoir été témoins d'un crime odieux commis par la police, ils décideront d'exercer eux-mêmes la justice. ROMAN coming-of-age aux accents fantastiques, Les oiseaux sous la glace tire les fils d'une intrigue aussi sombre qu'ambiguë, et pose la question de la responsabilité, de la vengeance et du destin. C'est également le portrait tendre mais non dénué de satire d'un groupe d'adolescents liés par l'amour et la rébellion, qui apprendront tôt ou tard que le passé ne se répare pas.
Traduisant les derniers cours qu'a donnes Barthes au Collège de France, Kate Briggs réfléchit à la lecture, à l'écriture, à sa vie passée aux côtés des oeuvres d'autrui. Dans Le petit art, elle raconte sa pratique de la traduction en tant que relation complexe, incarnée, inépuisable, entre deux personnes, deux sensibilités, deux langues et deux oeuvres, entre une infinité de signes en tension et de sens potentiels, mettant à mal l'idée d'une traduction parfaite où la fidélité à l'original se résume à l'absence d'erreurs. Dans cet essai intime et érudit, Kate Briggs convoque Anne Carson, Lydia Davis, Virginia Woolf, Paul Valéry, Gayatri Spivak, André Gide, Dorothy Bussy et bien sûr Barthes, entremêle son histoire à la leur et livre un plaidoyer pour la traduction telle que la font les êtres humains, la traduction comme écriture. Car après tout, traduire un livre, au sens le plus terre à terre, c'est bien l'écrire de nouveau soi-même, pour la première fois.
Tout au long de son enfance, Carolus avait réalisé une oeuvre pléthorique, protéiforme, fragmentaire, en tout cas entièrement inédite. Celle-ci avait été archivée dans une série de boîtes. Qui avaient été déposées chez moi. Il fallait bien qu'un événement m'obligeât à les ouvrir.
Un contrôle fiscal, un appartement fouillé dans ses moindres recoins, des lettres et documents personnels, accumulés depuis des décennies, épluchés : voilà qui réveille chez la narratrice colère et désir impérieux de revisiter sa propre existence, les histoires des vivants et les histoires des morts — des morts, surtout. Pour la première fois, celle qui se désigne comme "la dernière des Jelinek " assène au lecteur des éléments de sa biographie relatifs à sa famille juive exilée, déportée ou assassinée sous le nazisme. Parallèlement, elle mène une enquête implacable sur les flux mondiaux de capitaux, le profit que les Etats tirent encore aujourd'hui des biens juifs spoliés. Elle dresse un réquisitoire sévère contre les sociétés autrichienne et allemande, l'hypocrisie, le passé criminel non assumé, l'antisémitisme latent. Et, plus que jamais, contre le culte omniprésent de l'argent, qui favorise tous les stratagèmes de blanchiment, d'évasion fiscale et de fraude généralisée. Le récit, véritable tour de force d'écriture, maniant humour noir ravageur, jaillissement d'images et d'invectives, associations et jeux de mots virtuoses, renoue avec les oeuvres les plus virulentes de l'autrice.
Printemps 1945. Sur l'île d'Amrum, en mer du Nord, la guerre semble lointaine malgré les bombardiers qui sillonnent le ciel. Du haut de ses dix ans, Nanning n'a qu'une vague idée des orages d'acier que brave son père sur le continent. Les contours de son monde se résument aux dunes, aux prés-salés et aux vastes étendues de bruyère. Mais l'île, privée de ravitaillement, est minée par les tensions et sa petite communauté divisée par la guerre. Jour après jour, Nanning lutte pour subvenir aux besoins de sa famille. Il chasse, pêche et troque, affrontant un quotidien toujours plus rude. Alors que la défaite du Reich devient inévitable, il découvre à ses dépens que les siens ne sont pas du bon côté de l'Histoire. Porté par la beauté sauvage d'Amrum, ce roman d'apprentissage résonne comme lm hymne aux paradis perdus.