Ce livre ne pose, au fond, qu'une seule question : qu'est-ce qu'un portrait ? Que voit-on, que lit-on dans la pose, dans les traits de celui qui a été photographié ? Jean-François Bonhomme n'y répond pas par une anthologie, ni par un album, encore moins par un who's who des arts et des lettres. Non, son livre est à feuilleter plutôt comme un " atlas d'exercices ", pour reprendre l'expression de Walter Benjamin à propos d'August Sander ; d'exercices d'approche. Ni " art sorcier " (Marguerite Yourcenar) ni " art moyen " (Pierre Bourdieu), ni " pratique d'envoûtement " (Michel Tournier), ni " sous-espèce de l'alchimie " (Susan Sontag), ni " explosante-fixe " (André Breton), la photographie telle qu'elle est pratiquée ici semble avoir, d'abord, voulu permettre aux modèles choisis de répondre, chacun à sa façon, à cette question vertigineusement simple : qu'est-ce qu'un portrait ? Pas de prédation, aucune intrusion donc, mais plutôt le résultat d'une transaction mentale, qui semble aussi avoir été la règle avec les personnages capturés à leur insu, tels ces gardiens des colonnes de Louqsor ou une vendeuse de laine sur un trottoir d'Athènes. Comme si l'approche avait été, dans chaque cas, bien trop précautionneuse pour se prêter à aucune forme de grivèlerie photographique - dont d'autres objectifs que le sien auraient parfois tendance à faire un genre en soi.
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Nombre de pages
110
Date de parution
19/10/2006
Poids
538g
Largeur
212mm
Plus d'informations
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EAN
9782868534620
Titre
A eux-mêmes inconnus
Auteur
Bonhomme Jean-François ; Ortlieb Gilles
Editeur
TEMPS IL FAIT
Largeur
212
Poids
538
Date de parution
20061019
Nombre de pages
110,00 €
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Je voyageais en Grèce avec ces photographies depuis que Jean-François Bonhomme me les avait données. Un risque avait déjà été pris, promettre d'en accompagner de quelque façon la publication, et je commençais à m'approcher d'elles, avec une familiarité d'ignorant, déjà, où se mêlaient la fascination, l'admiration, l'étonnement, toutes sortes de questions inquiètes, en particulier sur la forme que je pourrais bien donner à mon texte. Sans le savoir, j'avais dû décider, à cette date, le 3 juillet, n'ayant encore rien écrit, que cette forme serait à la fois aphoristique et sérielle. Jouant ainsi du noir et blanc, de l'ombre et de la lumière, je disperserais alors mes "points de vue" ou "perspectives", tout en feignant de les rassembler dans la séquence de leur séparation même, un peu comme un récit incessamment interrompu, mais aussi comme ces pierres mortuaires, dressées dans L'Allée des Tombeaux. Autour de celle qui donnait à lire le nom d'Apollodore, j'avais déjà remarqué l'insistance d'un motif sériel. Allée (et venue) de l'une à l'autre, dune colonne à l'autre et d'un terme à l'autre, cette sérialité porte le deuil. Elle porte le deuil en raison de sa structure discrète (interruption, séparation, répétition, survivance), elle porte le deuil d'elle-même, au-delà des choses de la mort qui forment son thème, si l'on veut ou le contenu des images. Jamais, et non seulement dans les allées du Céramique, au milieu de ses stèles funéraires, qui on en voie l'intégrité ou un détail, jamais aucune de ces photographies n'évite de signifier la mort. Mais sans la dire. Chacune en tous cas rappelle à la mort accomplie, à la mort promise ou menaçante, à la monumentalité sépulcrale, à la mémoire dans la figure de la ruine. Livre d'épitaphes, en somme, et qui, oui, porte le deuil en effigie photographique. JD
Résumé : Qu'y a-t-il de commun entre Proust et Gide, entre Jouve et Queneau, entre Gracq et Breton, entre Giono et Malraux, entre Camus et Duras ? Evidemment rien ; évidemment, tout. L'intérêt de cet ouvrage est de nous rappeler que la littérature est une aventure à la foi individuelle et collective, notamment dans le domaine du roman. Le tableau de la littérature romanesque proposé ici est à la fois un panorama et une synthèse. Un panorama libre et ouvert puisqu'il repose sur le choix où lu sensibilité personnelle et la culture de l'auteur ne sont pas absentes. La synthèse se dégage se dégage d'elle-même de l'excellente organisation du livre. L'auteur nous montre cette aventure de manière pédagogique en choisissant 10 grands romanciers du XXe siècle (une femme contre neuf hommes), personnalités créatrices à part entière, avec leur biographie, leur insertion dans leur époque, leur registre, leurs thèmes, leur écriture, et nous montre aussi que de l'un à l'autre existent des réseaux, des traces, des liens, des rencontres, des oppositions, des ruptures qui font toute l'histoire du roman au XXe siècle.
Biographie de l'auteur Professeur titulaire de la chaire de linguistique française de l'Université de Lausanne.Professeur de linguistique française à l’université de Berne.
Le récit trouve au départ dans la lecture du Purgatoire de Dante une ligne directrice, quelque chose qui tend vers, telle une asymptote. Cette lecture vient ainsi ponctuer la manière dont un narrateur, en quête d'un nouveau lieu d'écriture, essaie de se ressaisir de sa vie. Locus Novus... La forme oscille entre plusieurs genres, essai, poème, roman, ou ce qui pourrait, ne devrait être en définitive qu'un "? roman ? ".
Résumé : Des chevaux de Solutré à l'antique car de ramassage de La fuite d'Egypte, en passant par Le vélo de saint Paul, les huit histoires qui composent ce livre se souviennent, chacune à sa manière, d'un épisode mythique de la grande Histoire. Deux lectures s'offrent alors dans le temps de la narration. Pour ne rien dire des petits teigneux noués à un monde d'herbe à chats et de couleuvres, des journaliers louant leurs bras le temps d'une saison avant que de finir sur un lit à barreaux de l'hospice, bêtes et gens, commis en la demeure obscure, courtiers en bestiaux démarchant à bicyclette, tous ont en commun qu'ils ne s'attardent guère...
De la même manière qu?autrefois il nous avait rapporté les noces d?écume des escargots ou l?étreinte tentaculaire de la seiche, Jean-Pierre Otte s?attache cette fois aux singularités des amours humaines. D?une écriture allègre, il démêle le manège de la sylphide solaire et la stratégie de l?allumeuse, s?émeut d?un fétichiste en arrêt devant le tabernacle d?un porte-jarretelles et d?une culotte de dentelles, salue le retour en grâce de l?obsédé tripoteur et de l?onaniste radieux, et se montre partisan de l?adultère domestique, tout en nous invitant au passage à partager des galanteries étranges et des dégustations intimes. Et il y a aussi des yeux dans l?ombre et quelques claquements de fouet sur une croupe bellement rebondie... Un jeu dangereux, compensé par des traits d?humour, la liberté sans morale d?un regard amusé, et un réel bonheur dans l?expression.