Dans les Cours d'esthétique, Hegel charge l'art d'une mission spécifique : la révélation de la vérité. Ce qu'offre à contempler la peinture, comme art particulier, c'est une vérité largement idéalisée, une vérité toute pénétrée d'âme et de sentiments. Vérité sacrée et vérité profane, la peinture est le reflet fidèle de l'esprit d'une époque particulière; elle témoigne au travers de la peinture renaissante italienne des intérêts qu'ont les hommes pour la religion chrétienne, et au travers de la peinture hollandaise, de leur désir de s'approprier le monde du quotidien. On ne sera pas surpris de constater que Hegel privilégie la peinture hollandaise sur la peinture italienne: choix qui se comprend dès lors que la peinture des Hollandais annonce une ère nouvelle, pour laquelle l'homme est structurellement programmé, celle de la Raison. Comme on le comprend, l'objectif de Hegel est de préparer le terrain de la science qui se dit adéquatement par la seule raison. Et toute l'analyse hégélienne de la peinture consiste à engager cette chute du sensible qui est - en l'occurrence - celle de la peinture et de l'art en général. Néanmoins, ne nous trompons pas sur la valeur du propos hégélien qui rend un hommage vrai aux peintres et à leurs créations. Et toutes les analyses particulières que fait Hegel des tableaux des maîtres vénitiens ou hollandais sont d'une richesse et d'une originalité qui font presque oublier le sort funeste que le philosophe réserve, en dernière instance, à la peinture. Car la peinture se mure dans un silence que redouble hélas la vacuité de son exposition muséographique. C'est l'histoire de ce silence obligé - qui rend compte dans sa haute complexité d'un assujettissement philosophique de l'art - que nous nous proposons de comprendre dans cet ouvrage, en conviant le lecteur à réfléchir sur le sens et la valeur d'une esthétique philosophique qui, dans une tentative ultime de cloisonnement, a peut-être mésestimé la puissance insurrectionnelle de la peinture.
Nombre de pages
330
Date de parution
01/12/2003
Poids
410g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782747553124
Titre
Hegel et la peinture
ISBN
2747553124
Auteur
Bianchi Olivia
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
410
Date de parution
20031201
Nombre de pages
330,00 €
Disponibilité
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Il faut être exercé à vivre sur les montagnes - à voir au-dessous de soi la pitoyable actualité jacassante de politique et de rage égocentrique des peuples... Il faut être supérieur à l'humanité par la force, par l'altitude de l'âme - par le mépris". Dans les endroits les plus reculés et les plus inaccessibles de la Terre, Nietzsche part en quête de ses futurs lecteurs, comme à la recherche d'une fleur rare, peu certain en vérité de son existence... Ce soin qu'il prend de ne pas être compris de tous, de cultiver sa différence, de choisir scrupuleusement ses lecteurs, n'est pas un signe de mépris pour l'humanité. C'est au contraire la preuve de ses ambitions pour cette humanité qu'il appelle à se dépasser dans la figure du surhumain. Accusé d'avoir érigé une école du soupçon et même du mépris, Nietzsche a longtemps eu la réputation d'un penseur infréquentable. Cet ouvrage se propose de dissiper quelques-uns des malentendus qui subsistent autour de l'oeuvre du philosophe, à partir d'une étude de ses notions phares, et de montrer la nécessité dans laquelle nous sommes aujourd'hui de nous ressourcer aux écrits de Nietzsche.
Il ne s'agit pas dans cet ouvrage de renchérir sur les discours multiples (historiques, sociologiques, économiques) qui enquêtent sur l'origine de la pauvreté, mais de réfléchir sur cette figure emblématique qu'est le pauvre et dont nous prétendons qu'elle cristallise une haine totale. C'est à l'examen de cette haine qualifiée d'ontologique, haine dont le pauvre serait en quelque sorte la victime expiatoire, que nous choisissons de consacrer notre propos. Au travers d'un itinéraire philosophique, une lecture inédite de la figure du pauvre nous est proposée.
Et si le rire cachait sous son habit de clown une arme fétiche avec laquelle il abat les unes après les autres les idoles de la société ? Qui rirait encore des forfaits de cet auguste justicier quand chacun sait qu'à tout moment il peut être sa prochaine victime ? Cette enquête philosophique qui part du constat selon lequel le rire souffre d'un déficit de visibilité dans la peinture, se charge d'une double finalité. La première : saisir et comprendre les raisons de cette discrétion remarquable du rire dans l'art du portrait. La seconde : définir l'essence du rire, ce qui nécessite de mettre de côté certaines idées reçues le concernant, et notamment celles qui négligent son caractère attentatoire et limitent sa fonction à un pur divertissement médiatique. Au centre de cette double perspective se trouve évidemment la question du sujet, celle du moi qui est à la fois la cible du rire et celle du portrait. Or, en chahutant le moi, le rire ne lui ôte-t-il pas ipso facto l'ensemble de ses prétentions, y compris picturales ? Et que dire du sourire dont l'analyse révèle une fatigue d'être fatalement inconciliable avec sa duplication artistique ? Bref ne concourent-ils pas tous deux à révéler la facticité du portrait comme du désir qui l'origine, tel Narcisse ? Sous son habit de clown le rire cache un rêve : oeuvrer à plus de sociabilité et de liberté. Ce qui justifie entièrement qu'il utilise son pistolet et qu'il frappe là où ça fait mal, qu'il châtie impitoyablement les défauts humains qui font obstacle à son idéal d'égalité et de justice.
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L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...