Et si le rire cachait sous son habit de clown une arme fétiche avec laquelle il abat les unes après les autres les idoles de la société ? Qui rirait encore des forfaits de cet auguste justicier quand chacun sait qu'à tout moment il peut être sa prochaine victime ? Cette enquête philosophique qui part du constat selon lequel le rire souffre d'un déficit de visibilité dans la peinture, se charge d'une double finalité. La première : saisir et comprendre les raisons de cette discrétion remarquable du rire dans l'art du portrait. La seconde : définir l'essence du rire, ce qui nécessite de mettre de côté certaines idées reçues le concernant, et notamment celles qui négligent son caractère attentatoire et limitent sa fonction à un pur divertissement médiatique. Au centre de cette double perspective se trouve évidemment la question du sujet, celle du moi qui est à la fois la cible du rire et celle du portrait. Or, en chahutant le moi, le rire ne lui ôte-t-il pas ipso facto l'ensemble de ses prétentions, y compris picturales ? Et que dire du sourire dont l'analyse révèle une fatigue d'être fatalement inconciliable avec sa duplication artistique ? Bref ne concourent-ils pas tous deux à révéler la facticité du portrait comme du désir qui l'origine, tel Narcisse ? Sous son habit de clown le rire cache un rêve : oeuvrer à plus de sociabilité et de liberté. Ce qui justifie entièrement qu'il utilise son pistolet et qu'il frappe là où ça fait mal, qu'il châtie impitoyablement les défauts humains qui font obstacle à son idéal d'égalité et de justice.
Nombre de pages
147
Date de parution
22/09/2011
Poids
163g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782842423155
Titre
LE RIRE SANS TABLEAU
Auteur
Bianchi Olivia
Editeur
CIRCE
Largeur
120
Poids
163
Date de parution
20110922
Nombre de pages
147,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Il faut être exercé à vivre sur les montagnes - à voir au-dessous de soi la pitoyable actualité jacassante de politique et de rage égocentrique des peuples... Il faut être supérieur à l'humanité par la force, par l'altitude de l'âme - par le mépris". Dans les endroits les plus reculés et les plus inaccessibles de la Terre, Nietzsche part en quête de ses futurs lecteurs, comme à la recherche d'une fleur rare, peu certain en vérité de son existence... Ce soin qu'il prend de ne pas être compris de tous, de cultiver sa différence, de choisir scrupuleusement ses lecteurs, n'est pas un signe de mépris pour l'humanité. C'est au contraire la preuve de ses ambitions pour cette humanité qu'il appelle à se dépasser dans la figure du surhumain. Accusé d'avoir érigé une école du soupçon et même du mépris, Nietzsche a longtemps eu la réputation d'un penseur infréquentable. Cet ouvrage se propose de dissiper quelques-uns des malentendus qui subsistent autour de l'oeuvre du philosophe, à partir d'une étude de ses notions phares, et de montrer la nécessité dans laquelle nous sommes aujourd'hui de nous ressourcer aux écrits de Nietzsche.
Mêlant récit romanesque et enquête historique, l'auteure raconte l'histoire d'une oeuvre célèbre de Camille Claudel : L'Âge mûr. Un roman qui décrit la fin de vie de Camille Claudel et l'univers quasiment carcéral de la maison d'aliénés où elle vécut trente années en placement forcé. En 1890, lorsqu'elle débute les premières ébauches de L'Âge mûr, affectée par sa relation avec Rodin, Camille Claudel est au summum de sa créativité et ne manifeste aucun trouble mental. Seul son caractère impétueux et rebelle contraste fortement avec celui des femmes de la Troisième République. Originale dans son ?uvre et excentrique dans sa vie, mue par un esprit de révolte de plus en plus exalté contre Rodin et sa compagne Rose Beuret qu'il refuse de quitter, Camille engage ses forces dans la réalisation d'une seconde version en plâtre de L'Âge mûr, qui pour son caractère provocateur et outrageux, entrainera sa disgrâce dans le milieu artistique et l'isolera de ses proches. Cette ?uvre, prétexte allégorique du temps qui passe, révèle sans ambiguïté sa nature autobiographique. L'Âge mûr tient une place centrale dans la vie de Camille Claudel. Ce groupe de trois figures, sur lequel elle avait placé ses espoirs et misé sa carrière, entrainera chez la jeune Claudel une psychose paranoïaque qui lui vaudra de finir ses jours dans une maison d'aliénés près d'Avignon, après trente années de placement forcé.
Les statues meurent aussi, court métrage réalisé par Alain Resnais et Chris Marker en 1953, défendait la thèse d'une liquidation de l'art africain par le colonialisme. Que reste-t-il aujourd'hui des questions qu'il posait ? Quelles relations entretenons-nous, cinquante ans après les premières Indépendances, avec les " objets ", masques et statues, africains ? Leur présence nous adresse-t-elle encore une parole quelconque ? Contribue-t-elle à nourrir la promesse d'une " nouvelle communauté " qu'évoquait dans son dernier mouvement le film de Resnais et Marker ? Pour relever l'invitation que les statues nous adressent à nous engager dans d'autres modes de perception et de compréhension que ceux qui correspondent à nos objets et concepts habituels, sont appelés à la rescousse, tour à tour, le cinéma européen des années cinquante et soixante, la poétique de Francis Ponge, la philosophie de l'histoire de Walter Benjamin.
Rédigé et publié en 1936, "Le raconteur" est l'un des textes les plus caractéristiques de l'écriture de Walter Benjamin. Dans son style elliptique, il y mobilise des ressources théoriques, littéraires et spirituelles multiples pour tenter de conjurer la catastrophe qui s'annonce. A la dévastation et à la violence, il oppose les regards convergents de deux figures positives : dans la première, celle du raconteur, colporteur de récits mais aussi d'expériences et de sagesses, la seconde, celle du juste, reconnaît sa propre passion pour "l'aspect épique de la vérité". Parce que les histoires qu'il rapporte transmettent les éléments vitaux de ce qui fait communauté parmi les hommes, le raconteur devient dans ce texte celui dont l'évocation pourrait bien permettre de nouer enfin les fils que Walter Benjamin tentait de raccorder depuis le début des années 1920 : le fil politique de l'engagement révolutionnaire, le fil métaphysique d'une conception de l'histoire et du langage pour laquelle le champ de ruines des siècles n'exclut pas qu'on y discerne encore des éclats de vérité et des étincelles de justice.
Si Chen Yuhong est apparue relativement récemment sur la scène poétique taïwanaise ? peu avant l'an 2000 -, elle riy est pas passée inaperçue, créant un univers très personnel marquant les esprits par une profusion d'images frappantes et raffinées. Inspirée par de nombreux modèles, de Sapphô à Louise Glück, de Li Qingzhao à Marina Tsvétaiéva, elle pose un regard de peintre et de mélomane sur le monde qui l'entoure, avec lequel elle entretient un rapport immédiat et sensoriel. S'appuyant sur de riches connaissances en matière de flore, de faune, de climat, d'astronomie, elle célèbre inlassablement la mer, la nature et le cosmos dans une poésie délibérément apolitique, profondément lyrique, à l'atmosphère douce-amère. Voyageuse à l'esprit cosmopolite, Chen Yuhong nous entraîne aux confins de la Chine, fascinée par la spiritualité des bouddhistes tibétains ou par les sonorités apaisantes du pentacorde ouïghour, ou bien au Japon pleurer les victimes du tsunami de Fukushima en 2011, ou encore dans un pays insolite, sans ombre, évoquant un au-delà peuplé de fantômes ou d'immortels. Cet univers foisonnant où la nostalgie est "plus longue que la route que la saison des pluies que la pensée du serpent que le regard du chat plus longue que les cheveux emmêlés du figuier pleureur" abonde en métaphores. Chen Yuhong s'imagine bondir vers une autre galaxie au temps où le soleil rétrécira en un nain blanc, ou bien rêve parfois, tout simplement, de fuir hors des sensations, hors du temps, hors des mots, dans un état qui ressemble fort à l'Eveil bouddhique.
Cervantes du ghetto, Maître Mendele a légué à la postérité un Don Quichotte qui est parfois son propre Sancho et un Sancho trop doué d'humour et de poésie, trop empreint de pitié pour dissiper la vision d'une armée de chevaliers par une grossière mise au point concernant des moulins à vent.