Ce livre retrace l'histoire du principal instrument qui a servi àfinancer les guerres françaises au XVIIe siècle: les rentes surl'Hôtel de Ville de Paris. Et bien plus encore: il analyse lesimplications politiques et sociales de l'institutionnalisationd'une dette publique alourdie à chaque conflit militaire et dontl'extinction est devenue impossible pour l'Etat. Ces rentespubliques, qui redistribuent une fraction croissante du produitde l'impôt au profit d'un petit nombre de bénéficiaires, créentun lien nouveau entre le souverain et les sujets, un liend'intérêt qui se mue en ferment de contestation lorsque lespaiements s'interrompent et que la banqueroute menace. KatiaBéguin analyse le bouleversement profond du systèmed'emprunt instauré par François Ier en 1522, qui a fragilisé lessécurités antérieures des rentes, ébranlé la crédibilité dusouverain absolu et rendu la condition des rentiers plushétérogène, de Henri IV à Louis XIV. Elle retrace les choixdifficiles des responsables des finances royales, hantés par lebesoin impérieux d'alléger le service de la dette, convaincusdes effets délétères de ce mode de financement et non moinsobsédés par la nécessité d'emprunter à tout prix pour soutenirdes conflits militaires presque incessants et de plus en pluscoûteux. Elle observe la destinée de ces rentes dont la vies'allonge, leurs usages et les modalités de leur diffusionsociale, par transmission successorale ou par ventes, àl'intérieur du royaume et hors des frontières, pour comprendreles motivations des rentiers, leurs savoirs, leur appréhensiondes risques qu'ils prenaient en confiant leurs capitaux au roi.Cette étude des transformations sociopolitiques majeures duGrand Siècle pose ainsi de manière totalement renouvelée laquestion fondamentale de la crédibilité du régime absolutiste,en éclairant les dynamiques inexorables de l'endettement qui acontribué à sa perte par la Révolution.
Date de parution
23/03/2012
Poids
604g
Largeur
154mm
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EAN
9782876735750
Titre
FINANCER LA GUERRE AU XVIIE SIECLE
Auteur
BEGUIN KATIA
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
154
Poids
604
Date de parution
20120323
Disponibilité
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L'histoire Politique de la France d'Ancien Régime est celle de la construction de l'Etat entre la Renaissance et la Révolution française. Ce livre retrace les transformations qui conduisent de la royauté justicière et nomade du XVIe siècle à la monarchie administrative et sédentaire du siècle des Lumières. Il s'attache à comprendre les facteurs des changements politiques, les modalités de la croissance étatique et les mécanismes du pouvoir en mesurant les mutations sociales qu'ils entraînent. Il analyse aussi les théories juridiques, historiques, philosophiques forgées par les contemporains pour penser la puissance publique, les représentations et les rituels qui la symbolisent ainsi que les justifications des acteurs qui la défendent ou la combattent. Agrémenté de documents commentés et de fiches thématiques, cet ouvrage permet aussi de comprendre le long processus de la construction d'un Etat moderne.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...