Dans la pensée internationaliste, l'oeuvre de Georges Scelle occupe D sans doute une place à part en raison de l'approche originale qu'elle propose et des perspectives de recherche qu'elle ouvre, inspirées par les théories sociologiques d'Emile Durkheim et les enseignements de Léon Duguit sur la solidarité sociale, comme fondement de l'ordre juridique international. Fondée sur une méthode "réaliste et scientifique qui repousse tout postulat dont la preuve ne pourrait se faire expérimentalement", la doctrine de Georges Scelle recourt continuellement à la sociologie et à l'histoire pour y trouver l'explication des phénomènes juridiques. Les contributions de Georges Scelle à la compréhension des phénomènes juridiques au niveau international sont multiples, qu'il s'agisse de la création des normes, des rapports entre ordres juridiques, des mutations étatiques, de la souveraineté ou du fédéralisme. Pour Georges Scelle, "la force du droit international doit être organisée de telle sorte qu'elle puisse découvrir et réaliser les règles générales et lointaines de la solidarité humaine et les opposer à l'immédiateté des égoïsmes individuels et collectifs". Paroles on ne peut plus actuelles.
Organe principal des Nations Unies, la Cour internationale de justice a vu, lors des dernières décennies, son champ d'activités s'élargir et son prestige augmenter. Bénéficiant d'une large compétence qui lui permet de statuer sur tous les différends d'ordre juridique que les Etats lui soumettent, la Cour a produit une jurisprudence cohérente qui a contribué énormément à l'affirmation et au progrès du droit international. Le présent ouvrage, fruit d'une collaboration entre universitaires et membres de la juridiction internationale, vise à apporter un éclairage sur le travail effectué par le juge dans son activité contentieuse.
Quel point commun peut-on trouver à des actions aussi différentes que faucher un champ de plants génétiquement modifiés sans en être propriétaire, s'introduire sans titre dans un logement vacant, pénétrer sans autorisation sur un site nucléaire, s'opposer à la construction d'une autoroute en se positionnant sur les engins de chantier, bloquer l'accès à un bâtiment public ou perturber la circulation afin de protester contre une réforme, ou bien encore héberger un étranger en situation irrégulière ? Au-delà d'une réelle actualité, tous ces actes apparemment illégaux visent à attirer l'attention de l'opinion et des pouvoirs publics sur une injustice, réelle ou prétendue, à combattre. On peut parler de désobéissance politique. Si la notion est évocatrice, elle a en réalité été peu étudiée par les juristes, surtout français. Il est vrai qu'elle évoque un comportement difficile à formaliser à travers une définition rigoureuse, et qu'elle ne semble pas s'inscrire dans la tradition politique de l'Hexagone qui lui préfère la résistance à l'oppression ou l'objection de conscience. Pourtant, la désobéissance entretient des rapports étroits avec le droit. Les désobéissants ne formulent-ils pas leurs revendications en termes juridiques ? L'Etat ne doit-il pas répondre au conflit avec diligence pour ne pas voir sa responsabilité engagée, et ne doit-il pas, par l'intermédiaire du juge, apporter une solution juridique à la situation de tension qui en résulte ? Mais si la désobéissance aspire à modifier le droit à partir de ses propres fondations, elle révèle aussi en creux certaines de ses caractéristiques. Il s'ensuit que l'on peut aussi bien s'interroger sur la désobéissance saisie par le droit que sur le droit et le politique éclairés par la désobéissance.
Quand il fut bien certain qu'il aurait du mal à dépasser le grade de brigadier-chef, il démissionna de la police. Et il ouvrit immédiatement une agence de détective. Il ressentait désormais un grand soulagement. L'adhésion à la CEE allait bientôt devenir une réalité. Il avait agi avec célérité et surtout de manière prévoyante.
Résumé : Athènes, 315 avant Jésus-Christ. Théophraste dirige le Lycée, un établissement d'enseignement fondé par Aristote. Quelques années plus tôt, il fut son ami et son disciple. Aujourd'hui, il transmet à ses élèves les préceptes de ce célèbre philosophe, selon lequel "la soif de connaissance et l'envie de découvrir la nature sont innées chez l'homme" . Curieux de tout, Aristote n'a cessé d'explorer le monde dans lequel il vivait, se passionnant pour la philosophie comme pour l'astronomie, la métaphysique et la biologie. Et surtout, il ne se doutait pas que ses théories seraient encore discutées plusieurs siècles après sa mort... Tassos Apostolidis et Alecos Papadatos racontent la vie d'Aristote, qui fut d'ailleurs le professeur d'Alexandre le Grand, et mettent en scène sa pensée. S'ils apportent une réponse à des questions essentielles, comme "Qu'est-ce qui définit un comportement éthique ? " ou "Quelle est la meilleure forme de gouvernement ? " , ils n'en oublient pas pour autant de faire preuve d'humour. Lequel est aussi une forme de sagesse que ne dédaignait sans doute pas Aristote...
Ce manuel d'initiations à la sociologie ne consiste ni à refaire une histoire des "grands" auteurs, ni à retracer et dérouler une histoire des idées. La première façon d'opérer comporte certaines limites, à commencer par celle de faire d'un penseur une sorte de héros isolé et mythifié. La seconde manière de faire s'intéresse moins à des êtres humains singuliers qu'à des systèmes, au risque de réduire l'épaisseur sociale et historique de la discipline à quelques idées vues comme flottant au-dessus de l'histoire. C'est pourquoi ce manuel propose de sensibiliser à la sociologie en partant de questions simples et directes que se posent beaucoup de nos contemporains, à commencer par celles relatives à la famille, l'identité, la culture, la déviance ou encore aux utopies, aux générations, au numérique et au genre. Ainsi chacun pourra s'exercer au raisonnement sociologique en abordant des questions de société qui correspondent à autant de chapitres pouvant être lus indépendamment. Il propose en outre un petit vade-mecum théorique pour s'y retrouver dans la galaxie des courants de pensée sociologiques. Holisme, interactionnisme symbolique, individualisme méthodologique, sociologie actionnaliste, sociologie pragmatique ou encore marxisme sont ainsi présentés dans leurs grandes lignes.