L'oeil détourné. Mains et imaginaires tactiles au cinéma
André Emmanuelle
DE L INCIDENCE
24,00 €
Sur commande
EAN :9782918193524
Nul mieux que le cinéma renseigne sur nos manières de voir qui se développent et se transforment sous nos yeux. Regarder sa main, détourner d'elle son regard, attraper l'oeil, enfin toucher pour voir, sont des gestes que le cinéma réinvente, des imaginaires tactiles qu'il ouvre à notre raison. Or, l'analyse de ces gestes permet de repérer des périodes de mutation pour la vision et de ses inventions instrumentales : le XXIe siècle contemporain, le XIXe siècle positiviste, la Renaissance, enfin la Préhistoire que les films revisitent, du classicisme hollywoodien à l'extrême contemporain, en passant par l'essai documentaire et le film expérimental. L'oeil détourné désigne dans ce livre cette histoire oblique du cinéma, que suppose la mise à distance de l'acte de voir. Nouée à l'oeil par le montage, la main déjoue les cadres figés de nos façons de regarder et dessine d'un film à l'autre les contours de l'homme contemporain : métamorphosé par l'animal, hanté par les machines, abîmé par le travail.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
336
Date de parution
05/06/2020
Poids
424g
Largeur
142mm
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EAN
9782918193524
Titre
L'oeil détourné. Mains et imaginaires tactiles au cinéma
Auteur
André Emmanuelle
Editeur
DE L INCIDENCE
Largeur
142
Poids
424
Date de parution
20200605
Nombre de pages
336,00 €
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Comment les formes pornographiques migrent-elles en littérature, au cinéma, en peinture et dans la bande dessinée, pour déplacer nos repères et nos catégories esthétiques ? Telle est la question posée par ce volume. Ce qui suppose de redéfinir cette notion, de plus en plus instable dans les nombreux textes, films et images qui suscitent des agencements inédits au coeur même de la représentation. La pornographie n'est plus concevable aujourd'hui comme un bloc, qu'il faudrait défendre ou condamner face à une norme. L'usage du pluriel est déterminant pour rouvrir la possibilité de penser des traits pornographiques différents, parfois contradictoires, qui dessinent un territoire aux frontières indécises : entre nudité et cruauté, érotique et sexualité, obscénité et animalité.
Des artistes contemporains inspirent des images de l'hystérie. Il y a là de quoi surprendre : pourquoi, aujourd'hui, renouer avec une imagerie datant du dernier tiers du XIXe siècle, l'imagerie spectaculaire dune maladie dont la communauté médicale a très vite reconnu les infondés scientifiques ? Du cinéma des premiers temps aux dispositifs visuels récents, l'hystérie pose au cinéma des problèmes d'image qui rencontrent des formes de la pensée énoncées au XIXe siècle et dépliées plus tard dans le champ de sciences humaines. Rouvrir ce corpus médical pour interroger le cinéma, c'est alors évaluer l'influence d'un regard clinique sur l'élaboration du film et faire l'hypothèse que la mise en scène s'imagine et invente sur un fond pathologique. C'est aussi contraindre le regard à embrasser des champs de savoir a priori très éloignés dans leurs outils et leurs approches, entre esthétique et anthropologie, histoire, épistémologie et poétique, et repenser les critères de l'analyse de films à l'aune de la question qui traverse cette réflexion : celle de la mise en oeuvre dans les images de cinéma dune culture visuelle, issue des protocoles scientifiques et de la culture populaire. D'un siècle à l'autre. le choc du sujet s'est déplacé. Soumis à la critique dune civilisation bourgeoise, il sert aujourd'hui la métaphore d'une aberration politique.
Souvent associé à la musique et à la peinture, le motif est ici envisagé comme une forme qui affecte d'autres champs esthétiques. A partir d'exemples tirés en particulier des films Le Vent (Sjöström, 1927), La Nuit du carrefour (Renoir, 1932) et Gertrud (Dreyer, 1964), Emmanuelle André montre la pertinence d'une notion pour une réflexion plus générale sur l'écoute et le visuel. Compris comme une entité plastique et dynamique, le motif se déploie et nous informe sur les circulations secrètes entre les arts.
André Emmanuelle ; Palazzolo Claudia ; Siety Emman
La main tient une position symbolique privilégiée par rapport aux autres parties du corps, sa représentation fait l'objet d'un traitement singulier. Sujet du faire artistique, instrument du travail, elle est l'organe original du geste à accomplir; objet d'étude, motif iconographique, la main est en même temps ce en quoi se réfracte le destin humain corps, pensée, désir - qui circule ainsi à travers les arts. Cinéma, danse, photographie, théâtre: pour ces arts de mise en scène et de cadrage du geste, de recréation du corps et de son image, la main de l'homme s'avère comme donnée anthropologique inévitable et, à ce titre, comme foyer et vecteur privilégié d'une réflexion sur l'humanité qui pense, agit et détruit, entre raison et folie. En prenant le parti d'une rencontre entre les oeuvres, les textes qui composent cet ouvrage ont cherché à rendre compte de la modernité de la main, soit des mutations que les gestes recensent, à la croisée de l'histoire, de la technologie et de l'esthétique.