Freud était resté en suspens sur l'énigme de la femme. Lacan fit un pas de plus. Il renouvela ainsi la question de la sexualité féminine dont l'horizon fut longtemps celui des aventures de la maternité ; il est allé jusqu'à dire - ce qui fit scandale à son époque - : "La femme n'existe pas." Il y a, en effet, concernant La femme, un impossible à dire. Et cet abord de la question féminine par Lacan a changé la psychanalyse elle-même. Peut-on dire alors que la position féminine soit affine à la position du psychanalyste ? Ceci n'induirait aucunement que la psychanalyse soit devenue "affaire de femmes". Mais l'ordre phallique qui organise notre monde n'est pas l'alpha et l'omega de la réalité humaine, il y a une jouissance féminine au-delà du phallus. Dès lors, les enjeux de la pratique analytique ont à être repensés. Freud pensait le roc de la castration ou l'envie du pénis comme des butées de fin d'analyse. Avec l'émergence d'une logique de la sexuation féminine, Lacan a apprécié autrement cette fin. L'empire de la jouissance qui déborde le cadre oedipien du symptôme n'est plus seulement reste inerte, lacune. Cet excédent de jouissance énigmatique, fuyant, sans paroles, peut devenir pour chacun, homme ou femme, point d'appui, matière à une invention qui mène la cure à une autre fin. C'est là un des enjeux de la passe, cette marque d'une analyse terminée, gué Lacan a élaborée. Un analysant peut y révéler comment il a su cerner le bord de son impasse et trouver une solution satisfaisante. Le travail qui suit a pour fil conducteur les avancées du dernier enseignement de Lacan sur la position féminine et l'au-delà de l'OEdipe, la fin de l'analyse et les tâches du psychanalyste mais aussi bien, le déclin du Père dans la civilisation et la crise de l'ordre symbolique à l'aube du XXIème siècle. Quelles conséquences ces changements ont-ils opéré sur la dissémination des modes de jouir contemporains et quels effets sur la famille notamment ? Au XXIe siècle, une psychanalyse vivante ne saurait opposer une bouche pincée à ces nouveaux enjeux. Ce sont aussi les siens.
Nombre de pages
233
Date de parution
09/10/2014
Poids
254g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782815600170
Titre
Femmes lacaniennes
Auteur
Vinciguerra Rose-Paule ; Laurent Eric
Editeur
MICHELE
Largeur
125
Poids
254
Date de parution
20141009
Nombre de pages
233,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce livre réunit des articles et des travaux adressés au départ à des psychanalystes ; il reprend l'élaboration que fait Lacan du rapport entre les sexes et l'articulation de la jouissance et des semblants autour de cette question. L'importance accordée aujourd'hui aux gender studies et les débats qui traversent les sociétés contemporaines ont amené l'auteure à confronter la recherche de Lacan aux critiques que Judith Butler lui adresse nommément - critiques que l'apport théorique de Lacan déplace de façon décisive. Doit-on dire que la psychanalyse soutient la domination ancestrale « hétéronormée » qui instaurerait un ordre « prétendument symbolique » en réitérant des modèles appartenant à des stéréotypes ? Au-delà des identités socialement revendiquées, la « non-différence des sexes dans l'inconscient », leur « bipartition à chaque instant fuyante » font objection à cette charge contre la psychanalyse lacanienne. Nous nous proposons ici d'éclairer la mise en forme d'un certain déni contemporain de l'inconscient.Rose-Paule Vinciguerra est psychanalyste, membre de l'École de la Cause freudienne et de l'Association mondiale de psychanalyse. Elle est également psychologue et agrégée de philosophie. Auteur de nombreux travaux publiés dans les revues de l'ECF et de l'AMP, elle est co-auteur de De l'amour (Flammarion, 1999), Lacan, l'écrit, l'image (Flammarion, 2000), Qui sont vos psychanalystes ? (Le Seuil, 2002 avec Jacques-Alain Miller et 84 amis), Pertinences de la psychanalyse appliquée (2003, Le Seuil) et Femmes lacaniennes (Editions Michelle, 2014) ? ouvrages déjà traduits en plusieurs langues.
Que lisaient les mathématiciens classiques dans une figure de géométrie, une courbe, un tableau de nombres, une combinaison de signes algébriques ? En interrogeant le rapport de ce qui se dit et de ce qui se voit dans les textes mathématiques, cet ouvrage découvre, entre l'âge classique et le XIXe siècle, une transformation de la rationalité plus profonde qu'on a coutume de le penser. Entre la géométrie de Descartes, les séries de Leibniz et Bernoulli, la théorie des fonctions chez Euler et Lagrange, et d'autre part les géométries du XIXe siècle, la logique de Boole ou l'Analyse de Cauchy, il n'y a pas seulement un progrès conceptuel, il y a en vérité un basculement du régime de la représentation, de l'ordre du langage et des choses. Les mathématiques classiques nous sont peut-être plus étrangères que nous le croyons. Mais pourquoi cette étrangeté nous est-elle encore si familière ? Pourquoi nous est-il toujours ouvert de réinventer dans le passé notre origine ? Interrogeant la vérité à l'œuvre dans les ruptures du savoir, ce livre n'est pas une histoire des mathématiques. Il est une archéologie de leur discours, en un sens proche de celui que Michel Foucault donnait à ce terme.
La célèbre affirmation de Spinoza: veritas eget nullo signo signifie que la vérité n'a besoin d'aucun signe; mais également que la vérité ne manque d'aucun signe. Or, précisément qu'est-ce qu'un signe? Quelle est sa nature? Quelle est l'origine de la signification? Traditionnellement ces questions en appellent d'autres, qui concernent la nature de l'image et de la représentation. Rarement interrogé à ce sujet, le spinozisme réserve pourtant une place importante à ces notions, qui mettent en jeu les principes mêmes de sa philosophie. Suivant la voie d'une généalogie du signe, ce livre repense entièrement la théorie de l'imagination sur le mode indiqué par Spinoza lui-même d'une cognitio ex signis, qui s'enracine dans la puissance du corps. Bien au delà des frontières humaines qui lui sont trop souvent assignées, l'imagination apparaît comme indissociable d'une herméneutique, qui embrasse une véritable "pensée du corps" comprise à l'échelle d'une sémiose générale de la nature. Du coeur de l'âge classique, par delà son siècle, émerge alors une image insolite du spinozisme, à la fois plus ancienne et plus moderne, qui le confirme dans son "anomalie", mais l'ouvre aussi vers d'autres horizons. La philosophie de Spinoza est ainsi proposée à la réflexion de tous ceux qui, depuis les stoïciens et après Peirce, aujourd'hui encore s'interrogent sur les enjeux d'une pensée du signe. Biographie de l'auteur Lorenzo Vinciguerra, ancien élève de l'ENS de Pise, a étudié la philosophie et l'art en Italie. En France, agrégé de philosophie et docteur il a enseigné la philosophie et l'esthétique dans les Universités de Grenoble puis de Reims, où il est actuellement maître de conférences. Il est membre du CERPHI (ENS/Lyon-Ish) et de l'UMR 5037 (CNRS/St-Etienne).
Milner Jean-Claude ; Zizek Slavoj ; Lucchelli Juan
Guerre des sexes, émancipation des femmes, contestation de l'hégémonie hétérosexuelle, mariage gay, LGBT, l'éclatement du sexuel semble illimité en même temps que des nouvelles transformations identificatoires cherchent à s'imposer, ce qui confirme que la sexualité ne peut être que normative. Mais toute norme contient ses propres lois restrictives de telle sorte que le malaise est la règle. Aussi, ce qui semble nouveau porte surtout la trace de l'ancien qu'il essaye de surmonter. Dans le mariage homosexuel, pour ne prendre que cet exemple, c'est le mot mariage qui l'emporte et contre lequel on s'insurge : non pas contre le fait qu'il y a des homosexuels, mais bien plutôt qu'ils puissent se marier. Mais le point essentiel est le suivant : même si l'on adhère à une théorie innée de la différence sexuelle ou, au contraire, on la considère comme l'arbitraire même, comment se fait-il qu'il y ait toujours malaise dans les normes sexuelles ? Pourquoi le rapport entre les sexes ou, plutôt, le rapport au sexuel est toujours déséquilibré ? Jean-Claude Milner, Slavoj Zizek et Juan Pablo Lucchelli développent ces questions depuis des champs divers et ne craignent pas d'aborder des sujets qui fâchent et divisent l'opinion. Ils introduiront des balises et des trous d'airs dans les sexualités. Ils tenteront ainsi de suivre les conseils d'un James Joyce : si nous ne pouvons pas changer le pays, changeons au moins de conversation.
L'objet a est sans aucun doute le concept le plus original de l'oeuvre de Lacan. Paradoxalement, peu d'ouvrages traitent de manière directe de ce point précis de la théorie et de la pratique lacaniennes. Voici donc l'un des premiers livres consacrés à cette invention lacanienne qui, à certains égards, condense à lui tout seul, tel l'Aleph de Borges, la pensée et l'originalité de Lacan. Le livre que nous allons lire présente de manière progressive les outils conceptuels de l'oeuvre du psychanalyste français, en suivant l'émergence de « l'objet des objets », comme le désigne son inventeur. Cette notion, qui apparaît aussi comme une nécessité théorique, est déjà en germe dans les premiers séminaires du psychanalyste, avec l'hypothèse de la prééminence du symbolique, et on peut en suivre le développement dans les textes qui traitent de la cure analytique, et jusque dans le dernier enseignement de Lacan. Un tel parcours remet en lumière la portée de la révolution freudienne qui depuis plus d'un siècle conduit l'homme moderne dans les méandres de son rapport aliéné au désir, mais aussi lui ouvre les voies de son devenir possible en tant que sujet.
Ce roman intense, présenté sous la forme d'un journal, est une exploration de la société égyptienne contemporaine où se mêlent portraits acerbes et touchants, réflexions personnelles, traits d'humour et poésies. Le rôle d'enseignant au sein d'un organisme humanitaire à Alexandrie endossé par le narrateur s'avère un poste d'observation privilégié lui permettant d'appréhender cette société sous l'angle atypique de la minorité copte - les premiers chrétiens d'Égypte. Ce roman illustre l'évolution personnelle d'un homme à travers ses questionnements existentiels, ses désirs inassouvis, ses interrogations sur le sens de sa vie et de sa foi. Au récit quotidien qu'il fait de son expérience se noue très rapidement un dialogue amoureux qui se révèle assez puissant pour le faire douter du bien-fondé de son affectation et, peut-être, renoncer d'aller au terme de son contrat...