Il y a le chien. C est une chienne, mais le père dit le chien. « La niche le chien ». Peu doué pour les mots, le père, dans sa bouche, ils claquent comme des ordres. Pas le temps de parler, il se tue à la tâche et, quand la colère le prend, il sait mieux manier la laisse que le langage. Solitaire, « fort au calcul », autiste peut-être, l enfant trouve refuge auprès des animaux, ses semblables. C est ainsi qu aux portes mêmes de sa maison, entre «campagne » et « colline », il crée pour lui seul un monde enchanté qu il traverse, léger. Mais voilà qu arrive un petit frère, et la violence du monde adulte gagne inéluctablement les enfants... J étais né, je n étais pas né, je ne sais pas. Mais j ai entendu toute l histoire. Elle attendait ma naissance cette fable. Les coups, je les ai comptés. Mon frère me soufflait le nombre pour pas que j oublie. Il répétait, tu es seul à savoir, le seul avec moi, et je répétais. 22 exactement. Il y en eut 22. Moi je dis pareil, 22 aussi. Je vois le sang sur la table. Le goût, je l ai sur les lèvres. L air était rouge, incroyablement. Cerise. Carmin. Ecarlate. Vermeil. Cramoisi.
Nombre de pages
94
Date de parution
22/10/2009
Poids
110g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782913904446
Titre
La peau du chien
Auteur
Vignard Michel
Editeur
CHAMBRE ECHOS
Largeur
135
Poids
110
Date de parution
20091022
Nombre de pages
94,00 €
Disponibilité
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Quelques mois avant sa disparition, Michel Foucault évoquait dans un entretien au Nouvel Observateur les relations amoureuses entre les hommes. C'est ainsi qu'on apprend qu'au XVIIIe siècle l'homosexualité a pris la relève de la philia, l'antique amitié grecque.Pendant les siècles précédents les hommes avaient entretenu des relations où l'amitié, l'amour et le plaisir étaient moins cloisonnés qu'aujourd'hui. Puis tout bascule avec l'apparition d'une nouvelle question, une question inquisitoriale : Que fabriquent donc les hommes ensemble ? Par excellence, la question des médecins et des juges du XIXe siècle. Au moment où l'institution du mariage normalise le désir gay, il était temps de recueillir les témoignages qui, à travers l'histoire, ont isolé, dénommé les relations diffuses, infuses, parallèles, que les hommes entretiennent depuis toujours sous le sceau de l'égalité virile et de l'amitié.C'est la volonté de ce volume de 500 pages, présentant plus de 250 extraits de textes, français comme étrangers, d'Esope à Chuck Pahlaniuk, qui privilégient l'entrée érotique au travers de dix intrigues. "L'éveil des garçons" collectionne les premiers émois du désir adolescent depuis un siècle et demi que la littérature parle de cette initiation cruelle ou magique. "Dérapages" répertorie des débuts avec ou sans suite, brûlants fragments érotiques qui témoignent chacun à leur manière de l'irruption de la pulsion entre deux hommes. "A l'école des hommes" retrace la longue histoire d'une pratique aujourd'hui taboue. "Service trois pièces" déroule les mille et une fables que la passion de l'appareil génital masculin a engendrées. "Les Lieux" déploie la cartographie du désir quand la société ne lui fait pas de place. "Sodome ressuscitée" explore le scandale toujours renaissant d'un goût singulier auquel Marges, singularités & bizarreries ajoutent les petites et les grandes obscénités du fantasme, tels qu'historiens, médecins et romanciers nous en ont laissé la chronique. "A la vie, à la mort" et "Confusion des genres" dévoilent le monde surprenant de la transgression des normes et des identités. Enfin "Curiosités, grivoiseries, satires & obscénités" donnent voix à la dérision, à l'autodérision, à la morale qui fait sourire et à l'homophobie qui fait rire quand elle ne fait pas pleurer.
Esquisse de réforme de la législation des étrangers, particulièrement dans les rapports franco-allemands : individus et sociétés / par E. Thaller,...Date de l'édition originale : 1917Le présent ouvrage s'inscrit dans une politique de conservation patrimoniale des ouvrages de la littérature Française mise en place avec la BNF.HACHETTE LIVRE et la BNF proposent ainsi un catalogue de titres indisponibles, la BNF ayant numérisé ces œuvres et HACHETTE LIVRE les imprimant à la demande.Certains de ces ouvrages reflètent des courants de pensée caractéristiques de leur époque, mais qui seraient aujourd'hui jugés condamnables.Ils n'en appartiennent pas moins à l'histoire des idées en France et sont susceptibles de présenter un intérêt scientifique ou historique.Le sens de notre démarche éditoriale consiste ainsi à permettre l'accès à ces œuvres sans pour autant que nous en cautionnions en aucune façon le contenu.Pour plus d'informations, rendez-vous sur le site hachettebnf.fr
Paris 1960, du vendredi au lundi de Pâques. Jacques Besse, sans logis, le ventre vide, déambule, passant et repassant par Singe-des-Près, le c'ur de la ville. Marcheur halluciné, insomniaque et fragile, il sillonne les rues et nous entraîne sur un rythme cassé, heurté. Acteur et spectateur de ce parcours que ses "fiancées" viennent hanter, il est comme ivre de son texte à mesure qu'il le vit, sa faim nous tenaille, vraie faim d'amour et de reconnaissance. Mais dure et âpre est la ville, sur laquelle plane l'ombre de la guerre d'Algérie.
Un jeune paysan au printemps de sa vie plante son décor sur une terrasse de 50 hectares de prés et de pâturages, « une terrasse sur le plateau suisse la vue à l'infini, jusqu'à la mer si les Alpes n'étaient pas venues se planter devant ». Il y savoure son monde d'herbes, de forêts, de chiens, de chèvres, élève pouliches et poulains et mène un dialogue quotidien avec ses chevaux. Au fil des saisons, il vit la neige éblouissante l'hiver, la sécheresse l'été, affronte les jalousies, le travail dans la montagne et l'amour indomptable.« L'idée c'était les premiers soleils de l'année nouvelle sur la neige. Des soleils qui inversaient la peur d'être foutu. La descente de l'hiver, dans le trou de la nuit hivernale, tu touches le fond et d'un coup tu remontes expulsé en pleine ébullition de rayons, ce contraste, entre le long tuyau obscur et le jaillissement éclatant. Ces oasis d'été en plein hiver, comme des mirages aussitôt submergés par des courants glacés. Assoiffés de lumière. »
Certes, Gandebeuf doit être rangé dans un classeur à part. Entre Laforgue et Prévert, entre Complaintes et Paroles du côté de Queneau. Les rêves de Gandebeuf ont de multiples facettes. Ils sont cocasses ou (et) tendres, co(s)miques et (ou) quotidiens, désespérés ou apaisés. Il faut les classer : par vingt degrés de lassitude sud là où la sciure du mot par une délicate attention exprime son édifiante misère.
Insatiable conteur de la houle et du ressac, Jean-Pierre Gandebeuf contemple à pleines journées la lumière, d'ailleurs, le jour voyage vite. Pour notre plaisir et pour le sien, il se fait chantre de tout ce qui anime les vastes étendues d'eau changeantes : J'attends que la mer devienne bleue et mince comme du papier Ce sera mon meilleur atelier pour chanter l'aube au printemps. De Cassis à Porquerolles, de Tanger à Roscoff, son siège social c'est le ventre des calanques où dorment les galets. Cet ancien journaliste du Dauphiné Libéré est devenu le griot du peuple majestueux des amers.