
Le lieu du bleu. Enquête sur un ciel de Provence
Le 21 avril 1941 vers 8 heures du matin, Francis Ponge éprouve à travers la vitre d'un, au lieu-dit La Mounine, une émotion à la vue du bleu du ciel. Dans les pas du poète, dialoguant avec le poème éponyme et munie de ses propres bagages, Anouchka Vasak enquête : y a-t-il un lieu du bleu ... On connaît la prédilection d'Anouchka Vasak pour les nuages et les météores, au sens astronomique et météorologique. Entre histoire de l'art et histoire des sciences, elle poursuit un travail de longue haleine sur les qualités impalpables, immatérielles. On comprend dès lors qu'elle ait été saisie par l'entreprise de Francis Ponge d'écrire l'émotion provoquée par un ciel bleu. En trois temps, son essai va de la parole au geste et du geste à la parole. Il est tendu par le vertige et l'énigme d'une expérience sensible : une tentative inlassable de saisir et comprendre, convoquant les instruments de la science, l'impossibilité de décrire le bleu du ciel. En premier lieu, l'autrice dialogue avec le journal poétique de Ponge, " La Mounine " (dans La rage de l'expression). Se réclamant d'une " poésie scientifique ", Ponge parle d'un jour " météore " et, cherchant le mot juste, tente d'y réduire l'écart entre la chose (un ciel " bleu cendres ") et le mot (écrire " après-coup "). La deuxième partie se tourne vers les expériences de définition du bleu par les peintres, les explorateurs, scientifiques et philosophes, véritable laboratoire d'essais chimiques avec les vapeurs et les pigments, la mesure graduée du cyanomètre. Enfin, l'autrice se déplace à son tour. Empruntant les pas du poète, elle explore in situ le "bleu Mounine" et observe ce qui se passe dans ce paysage. Son investigation ethnologique relevant de la géographie littéraire la conduit à constater l'écart entre ce qu'a été La Mounine pour ceux qui l'ont traversée avant elle (Ponge, Casanova, Stendhal) et ce qu'elle y trouve, une auberge devenue une station-service, une zone commerciale avec ses ronds-points et son arrêt d'autobus. Se réclamant des démarches de Georges Perec (observation d'un point fixe, épuisement d'un lieu), de Jean-Christophe Bailly (en mouvement, le palimpseste) et de Martin de la Soudière (" arpentage " ethnographique d'un territoire), Anouchka Vasak produit ainsi un récit expérimental, mystérieux et ludique sur notre appréhension du monde.
| Nombre de pages | 192 |
|---|---|
| Date de parution | 13/05/2026 |
| Poids | 220g |
| Largeur | 122mm |
| EAN | 9782381911588 |
|---|---|
| Auteur | Vasak Anouchka |
| Editeur | ANAMOSA |
| Largeur | 122 |
| Date de parution | 20260513 |
| Nombre de pages | 192,00 € |
| Disponibilité | Sur commande en 2-4 jours |
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