Année entre deux eaux de la période appelée " Révolution française ", 1797 est ce moment où l'orage révolutionnaire laisse place à un ciel de traîne aux mille gouttelettes, de l'enfant sauvage de l'Aveyron à Germaine de Staël, de la théorie des nuages de Luke Howard aux premières images mobiles de Carmichael et au déclic poétique de Stendhal... La météo, ce n'est pas seulement le temps qu'il fait, ni la science qui a pour fonction d'en prévoir les variations. La " science des météores ", est selon Anouchka Vasak un modèle pour penser, et en particulier, pour penser l'histoire faite de passages insensibles, de rémanences ou de résistances. En douze chapitres, ce livre propose d'éprouver cette méthode atmosphérique. Il s'agit de penser non en termes de rupture mais de glissements, comme les masses d'air ou les nuages se déplacent de proche en proche. Plus spatial que temporel, moins linéaire que chaotique, le modèle météorologique est ici appliqué à l'année 1797. Anouchka Vasak l'a choisie précisément pour sa couleur intermédiaire, dans l'après-coup de la Révolution, entre crépuscule de l'ancien monde et aurore du monde nouveau. Les douze stations du tour de l'année 1797 sont autant d'arrêts sur images choisis subjectivement, souvent dans les marges de la grande histoire. Ce sont des moments-clé de l'histoire culturelle au sens large (littéraire, esthétique, histoire des sciences...), française mais aussi européenne : première apparition de l'enfant sauvage de l'Aveyron ; mise en question des classifications, en psychiatrie comme en biologie ; état de la langue en 1797 (les effets de la " tempête " révolutionnaire sur la langue) ; nouvelles images (premier modèle noir dans la peinture française, premières images mobiles, débuts de la peinture de plein air, exploration des monstres avec les Caprices de Goya) ; nouveau regard sur les " grands hommes " des Lumières ; émergence de femmes sur la scène publique et politique (Mary Wollstonecraft, Théroigne de Méricourt, Germaine de Staël) ; pulvérisation de la représentation du paysage et de la subjectivité. L'autrice convoque la matière de récits de cas, rapports administratifs, lettres ou notes de voyage, peintures, dessins, croquis parfois griffonnés sur un coin de table ou saisis sur le vif. Autant de motifs infinis pour inviter le lecteur à repeindre les nuages de l'histoire.
Nombre de pages
429
Date de parution
03/02/2022
Poids
578g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782381910444
Titre
1797. Pour une histoire de météore
Auteur
Vasak Anouchka
Editeur
ANAMOSA
Largeur
141
Poids
578
Date de parution
20220203
Nombre de pages
429,00 €
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Résumé : Instable, imprévisible, le météore hante les savoirs et les représentations en Occident depuis l'Antiquité. Chez Aristote, la notion de météore désignait les phénomènes aériens (vents, trombes, etc.), aqueux (rosée, brouillard, pluie, neige, etc.), lumineux (arcs-en-ciel, aurores boréales, etc.) et enflammés (tonnerre, tremblements de terre, feux-follets, etc.) "suspendus" entre la surface du sol et la limite inférieure des espaces célestes. L'usage de ces catégories perdurera jusqu'à l'âge moderne, où il coexistera avec des formes et des configurations conceptuelles inédites. Il n'empêche que l'époque moderne, pas plus que l'Antiquité, n'a de véritable savoir du météore. Ainsi la figure du météore a-t-elle cristallisé, sur une très longue période, les interrogations et les inquiétudes liées aux désordres du monde. En ce sens, on peut considérer le "météore" comme une figure privilégiée investie de préoccupations concernant la singularité du contingent et l'imprévisibilité de l'aléatoire dans des domaines aussi divers que la science, la religion, la politique et les arts. Le présent ouvrage se propose d'appréhender collectivement le météore comme modèle qu'ont investi les savoirs et les représentations de l'époque renaissante aux Lumières, d'étudier les formes diverses qu'il a pu revêtir, de mettre au jour les contextes qui les ont vues surgir et d'en expliciter les enjeux.
Pekonen Osmo ; Vasak Anouchka ; Badinter Elisabeth
Une savante polémique divisa les scientifiques du Grand Siècle et se prolongea au siècle des Lumières. Quelle est la " figure " de la Terre ? Est-elle ronde comme une sphère parfaite, aplatie aux pôles comme une mandarine, ou oblongue comme un citron ? Newtoniens, qui s'appuient sur le principe de la gravitation universelle, et cartésiens, qui défendent la théorie des tourbillons, s'opposent... jusqu'à ce que l'Académie royale des sciences décide d'envoyer deux expéditions pour mesurer in situ les degrés des méridiens les plus éloignés l'un de l'autre. La première expédition, conduite par La Condamine, gagne l'équateur au Pérou en 1735. La seconde, l'expédition de Pierre-Louis Moreau de Maupertuis, met le cap sur le Nord l'année suivante et se rend pour un hivernage scientifique en Laponie suédoise. L'expédition de Maupertuis, qui réunit quatre autres académiciens français et l'astronome suédois Celsius, est un succès, même si ses résultats seront contestés. Maupertuis est désormais l'homme qui a aplati la terre... Mais au prix de quelles aventures ! Dès son retour, il rend compte de son épopée devant l'Académie royale des sciences et publie La Figure de la Terre en 1738. C'est le récit de cette épopée, avec les principaux textes de Maupertuis lui-même, que nous publions aujourd'hui.
Résumé : Les nuages sont aujourd'hui au coeur du débat sur le réchauffement climatique ; les sciences et technologies de l'information et de la communication inventent "l'informatique en nuage" ; les "chasseurs de nuages" soumettent leurs clichés à la Cloud Appreciation Society. Le nuage est résolument moderne. Suivant les voies ouvertes par Michel Serres et Hubert Damisch, littéraires, philosophes, historiens des sciences, de l'art, de la musique, et une géographe-climatologue ici rassemblés abordent la question du nuage à un moment-clé de l'histoire occidentale : celui qui, du tournant des Lumières au crépuscule du romantisme, ouvre la modernité. S'y révèlent le double mouvement de laïcisation de la pensée et de permanence de l'irrationnel ou du mythe, le brouillage entre le sujet et le monde, et le travail des penseurs comme des artistes - écrivains, peintres, musiciens -, pour appréhender, dire et représenter ce qui échappe.
Glaudes Pierre ; Vasak Anouchka ; Saint Girons Bal
Avoir une âme pour les pierres" : tel était le souhait de Lenz, le poète éponyme du récit de Büchner (1836) qui exprime le désir romantique de communiquer avec le monde sensible des forêts, des nuées et des roches. C'est dans ce sillage et celui d'un renouvellement du lien entre l'homme et la nature, qu'il faut aujourd'hui repenser notre rapport aux pierres, à l'inerte et à l'inorganique. Car, sous l'impulsion des penseurs et des artistes, la pierre s'anime, la pierre vit et n'est plus, dans l'échelle des êtres, aussi radicalement séparée de l'homme. En dépit de la tendance de la modernité à réduire le minéral à un matériau utile au développement économique, la littérature et les arts manifestent le désir d'établir une familiarité, une continuité entre l'homme et la pierre. Plus encore, ce désir donne à cette continuité un langage qui l'investit d'une puissance symbolique laquelle, sans tarir la mélancolie attachée à l'impermanence du vivant, ouvre les possibilités du rêve en conservant à la pierre sa part d'opacité.
Partant de cette sentence éternelle lors de débats sur l’immigration, les auteurs dissèquent les mots et les informations pour redonner des données chiffrées et des faits sur la question et sortir ainsi des contre-vérités qu'ils condamnent. Ce court essai permet de répondre aux arguments fallacieux et préjugés masquant des réalités tragiques. Il est essentiel de le glisser entre toutes les mains.
Résumé : "On ne peut plus rien dire..." La complainte de celles et ceux qui dénoncent la "censure", à l'instar d'un Donald Trump, s'étire à longueur de plateaux télévisés. Toute contradiction est dénoncée comme une agression, la lutte contre le racisme est présentée comme une marque d'intolérance "woke". Par un incroyable retournement, tout effort de protéger le débat démocratique est aujourd'hui brocardé comme une atteinte à "liberté d'expression". Pourtant, la haine et le mensonge nuisent gravement à la délibération démocratique : les restrictions de l'expression publique, loin d'être en contradiction avec la liberté d'expression, lui sont consubstantielles. Le juriste Thomas Hochmann révèle la manière dont la réaction a accaparé la liberté d'expression pour mieux imposer ses manières de dire. Mais il montre également comment se réapproprier cette liberté fondamentale, après avoir rappelé et défendu, exemples à l'appui, les lois qui interdisent les discours de haine et les campagnes de désinformation. Leur mise en oeuvre constitue désormais une de nos dernières chances de repousser l'extrême droite.
Le Gall Laurent ; Lagadec Philippe ; Durand Sébast
Pour vous, qu'est-ce qu'un drapeau ? " : c'est la question au départ de ce livre. Des histoires du tricolore et des drapeaux, il y en a beaucoup. Des travaux qui portent sur le sens qu'on lui/leur donne, il n'y en a quasiment pas. Objet banal le drapeau ? Surface de projection(s) avant tout qui raconte nos attachements individuels au fait d'appartenir à une/des communauté(s). " Pour vous, qu'est-ce qu'un drapeau ? " : c'est la question au départ de ce livre. Le mot n'a rien d'anodin et charrie avec lui ceux d'Etat-nation, de stade, d'extrême droite... Par-delà la convocation d'un symbole de la République française, le drapeau fait en effet partie de nos vies. Reflet de nos socialisations et de nos attachements individuels, il raconte ce qui fait que nous nous sentons appartenir à une ou à plusieurs communautés (de la famille au club sportif en passant par la " nation "). Convoquant des références cinématographiques et littéraires, mais aussi des bribes puisées dans l'actualité (Ukraine, Palestine, Etats-Unis...), ce " plaidoyer " interdisciplinaire en faveur d'une meilleure compréhension des objets politiques est le fruit d'une longue enquête ethnographique menée à Brest (ce pourrait être partout en France) depuis 2015. Fourmillant et incarné par les paroles des témoins, cet essai enlevé, en une époque où le récit national est mis aux enchères de celui qui le " tricolorisera " toujours plus, est d'abord une occasion de s'interroger sur ce que sont la nation et la République dans un monde aux contours si instables.
Qu'ont à voir Marie Curie, un écolier qui s'ennuie sur son pupitre ou Saint-Jérôme ? Une tête posée dans la main, marquant la réflexion et qui peut sembler, plus ou moins, peser. C'est à ce motif iconique que s'intéresse ce livre, venant interroger quels sont les images et imaginaires qui entourent la pratique de la pensée. Qu'ont à voir Marie Curie, un écolier qui s'ennuie sur son pupitre ou Saint Jérôme méditant ? Une tête posée dans la main, signe évident d'une réflexion, d'une cogitation, ou d'une introspection qui peut sembler, plus ou moins, peser. C'est à ce motif iconique que s'intéresse ce livre joyeux et érudit, venant interroger les images et imaginaires qui entourent la pratique de la pensée. Etudier cette pose de la tête pensante sur le temps long relève autant d'une histoire des savoirs qui envisage de manière concrète la production des idées, d'une histoire des corps et d'une histoire des représentations. Depuis l'antiquité, cette mise en scène est devenue une manière, si ce n'est la manière, d'évoquer la réflexion, tout comme la nature du rapport, souvent douloureux et pesant, que nous entretenons avec la connaissance, sa production ou sa transmission. Rythmé par des images en série et organisé en chapitres thématiques, le livre tente de cerner l'émergence de cette pose, dessinant ses premiers contours au travers de la figure du philosophe antique, du poète ou des méditants de la religion chrétienne. S'ensuit une pérégrination historique et anthropologique qui nous fait passer des enfants aux femmes savantes, des érudits mélancoliques aux savants rêveurs, des génies aux scientifiques épuisés de la fin du XIXe siècle.