José Angel Valente appartient par son âge à ce qu'il est convenu d'appeler la génération de l'après-guerre civile - la troisième, pour être précis ; autrement dit cette génération de poètes qui publient leurs premiers livres dans les année 50 au moment où naissent les "novisimos", les "tout nouveaux", qui arrivent à maturité aujourd'hui. C'est dire sa position charnière dans le panorama de la poésie espagnole de ce siècle." Jacques Ancet..."Situé au carrefour de la philosophie et de l'histoire, de la poésie et de la prose, très à l'écoute des voies ouvertes par la musique et la peinture, l'écriture de José Ángel Valente est une des plus vastes et des plus profondes de la littérature estpagnole contemporaine." G. de Cortanze..."José Ángel Valente, un des grands poètes du siècle, mystique, mystique de l'immanence, héritier de la tradition espagnole, nous conduit en ces chemins de l'indicible, il nous rapproche du vide, du rien (...), il ouvre ces chambres d'une interminable clarté voilée." Gaspard Hons
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Nombre de pages
44
Date de parution
09/01/1996
Poids
120g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782877040150
Titre
Lecture à Ténérife
Auteur
Valente José-Angel
Editeur
UNES
Largeur
151
Poids
120
Date de parution
19960109
Nombre de pages
44,00 €
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Trois leçons de ténèbres (1980), Mandorle (1982) et L'éclat (1983) représentent une étape importante dans la poésie de José Angel Valente. Par la radicalité de ce mouvement de descente, d'enfoncement rêvé aux racines du corps et du langage, l'écriture poétique - corps du langage et langage du corps - devient un espace de manifestation que rien ne précède et où tout peut advenir. Le poème n'y apparaît plus seulement comme célébration, méditation ou exploration, mais éclatante entrevision de ce qui n'a pas de nom. C'est en cela que l'oeuvre de José Angel Valente représente l'une des aventures les plus intenses et les plus audacieuses, non seulement de la poésie espagnole, mais de la poésie européenne d'aujourd'hui.
TU dors englouti dans ta nuit. Tu es en paix. Moi je griffe les murs glacés de ton absence, les murs non fissurés par le temps qui ne peut durer sous tes paupières. Toi la cendre. Moi le sang. Feuille légère, ta voix. Pétrifié ce chant. Toi tu n'es même plus toi. Moi, ton vide. Moi, mémoire de toi, léger, lointain qui ne pourras plus jamais te souvenir de moi. (In pace)
Ecoute, mère, me revoici. Je suis dans le narthex où ce jour-là on avait déposé le grand corps de mon aïeul. Les pleurs je les entends encore. Me revoici. Jamais je n'étais parti. M'éloigner ne fut qu'une manière de rester pour toujours.
Tu es obscure en ta concavité en ton ombre secrète contenue, inscrite en toi. J'ai caressé ton sang. Tu m'as jeté au fond de ta nuit ivre de clarté. Mandorle.
Un homme se met en route pour un lieu qu'il ne connaît pas. Un autre revient. Un homme arrive dans un lieu sans nom, sans indication pour lui dire où il est. Un autre décide de revenir. Un homme écrit des lettres de nulle part, depuis l'espace blanc qui s'est ouvert dans son esprit. Les lettres n'arrivent pas à destination. Les lettres ne sont jamais envoyées.
Jamais auparavant Alvaro de Campos n'avait poussé si loin cet acharnement contre soi-même, cette rage destructrice à laquelle rien ne résiste, pas même sa dignité d'homme souffrant. Cette histoire est la revanche du poète réel sur le vivant imaginaire, la suprême comédie si l'on veut du comédien, mais comédie jouée jusqu'au bout avec la plus grande virtuosité. Alvaro de Campos a sans doute raté sa vie, mais Pessoa, qui écrit sous son nom, n'a pas raté son oeuvre.
Pessoa Fernando ; Chandeigne Michel ; Viegas Jean-
Hommes, nations, desseins, tout est nul ! Faillite de tout à cause de tous ! Faillite de tous à cause de tout ! D'une manière complète, totale, intégrale : Merde !