Le moment cybernétique. La constitution de la notion d'information
Triclot Mathieu
CHAMP VALLON
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EAN :9782876734845
Programmes, machines, réseaux, missiles, cerveaux, sociétés, électeurs, protéines... L'ensemble des choses dont nous pouvons dire aujourd'hui de manière banale qu'elles "traitent de l'information" forme une collection hétéroclite, mais qui, à l'abri de son évidence, échappe au questionnement. Le discours de l'information s'est immiscé dans toute notre culture, dans les discussions à propos de l'informatique et des réseaux bien sûr, mais aussi dans les sciences du vivant, les sciences de l'homme et de la société. Mais que voulons-nous dire au juste lorsque nous parlons ainsi quotidiennement d'information pour désigner des choses aussi diverses? Le Moment cybernétique offre une généalogie de ce discours de l'information, à la source duquel il remonte à travers l'histoire de la cybernétique. Mouvement scientifique, accompagnant la naissance de l'informatique et de la théorie des télécommunications pendant la seconde guerre mondiale, la cybernétique a par la suite étendu l'empire de l'information en direction du vivant, de la société ou de l'esprit. L'enquête nous conduit ainsi des laboratoires Bell, où s'élaborent les concepts scientifiques de message et de contrôle, au monde des recherches de guerre qui voit se développer les analogies entre le vivant et la machine, l'intelligence et le calcul, jusqu'aux derniers engagements politiques de Wiener, le fondateur de la discipline, en lutte contre la militarisation de la science américaine à l'aube de la guerre froide. Au fil d'une exploration minutieuse de la formation du concept d'information, qui conjugue de manière toujours accessible les dimensions techniques, scientifiques mais aussi philosophiques et politiques, le livre de Mathieu Triclot apporte des éclaircissements originaux sur les tensions qui traversent la vie de la cybernétique. Il défend l'idée que le concept d'information apparaît toujours clivé entre le code et le signal. Si le code est une suite de symboles, de zéros et de uns, susceptible de s'incarner dans n'importe quelle matière, le signal est une matière qui prend forme, l'expression d'un ordre matériel. La cybernétique a fait, à la différence de l'intelligence artificielle, le choix du signal contre le code, proposant une véritable physique de l'information. C'est à la redécouverte de ce programme de recherche original, qui éclaire les débats contemporains sur la nature de l'information, que nous invite ce livre, attentif à la part d'invention philosophique des sciences et des techniques. Biographie: Mathieu Triclot est maître de conférences en philosophie des sciences à l'Université de Technologie de Belfort-Montbéliard.
Nombre de pages
422
Date de parution
24/04/2008
Poids
590g
Largeur
158mm
Plus d'informations
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EAN
9782876734845
Titre
Le moment cybernétique. La constitution de la notion d'information
Auteur
Triclot Mathieu
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
158
Poids
590
Date de parution
20080424
Nombre de pages
422,00 €
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De " Space Invaders " aux consoles 3D, les jeux vidéo sont devenus, en près de quarante ans, un loisir de masse. Pourtant, à la différence du cinéma, ils échappent largement à l'examen. Qu'est-ce que la philosophie a à en dire ? On a trop peu considéré les expériences du jeu vidéo. On les a trop vite renvoyés à l'insignifiance du jeu enfantin. On les a trop vite enfermés dans la question de l'addiction et de l'agressivité, sur fond de panique morale et de grande ignorance de la culture populaire. Les jeux vidéo sont une forme d'" expérience instrumentée " qui se produit dans le rapport à la machine et à l'écran. Jouer, c'est provoquer un état de retrait vis-à-vis du cours ordinaire de la vie sociale, un état profondément jouissif qui tient de l'hallucination et du vertige. Cet " état vidéoludique " ne ressemble à aucun autre : pas plus à l'état filmique qui résulte de la grande machinerie du cinéma qu'à l'état livresque dans lequel nous plonge la lecture. En ce sens, les jeux vidéo constituent une forme d'expérience inédite, une technologie de soi, une forme de vie. Cette expérience a une valeur propre : par la richesse de leur histoire, par le foisonnement des formes et des principes ludiques, par l'émergence d'un langage des images fondées sur l'action plutôt que sur le seul regard. Mais la forme de vie qui s'expérimente dans le jeu possède aussi une signification hors du jeu. Ce à quoi on prend plaisir dans un jeu vidéo apparaît parfois comme extrêmement proche de ce qu'exigent les situations de travail : optimiser des paramètres, se gérer comme un actif, mettre à jour ses compétences. Le jeu vidéo nous offre ainsi un aperçu extraordinaire de la fabrique de la subjectivité contemporaine, au point d'intensité où se nouent désir, marchandise et information.
La salle d'arcade des années 1970, ce qui s'est à chaque fois inventé, au fil de l'histoire des jeux vidéo, ce sont de nouvelles liaisons à la machine, de nouveaux régimes d'expérience, de nouvelles manières de jouir de l'écran. On aurait tort de négliger ce petit objet. Sous des dehors de gadget, il concentre en fait les logiques les plus puissantes du capitalisme informationnel. Et cela parce qu'il tient ensemble, comme aucune autre forme culturelle ne sait le faire, désir, marchandise et information. A l'âge de la "gamification généralisée", où le management rêve d'un "engagement total" mesuré par une batterie d'indicateurs, les jeux vidéo fournissent aussi un nouveau modèle pour l'organisation du travail, où l'aliénation s'évanouirait enfin dans le fun.
Pour la première fois en France, près d'une quinzaine de game designers français et étrangers dévoilent l'envers du décor et les mécanismes des jeux vidéo. Ce livre accompagne l'exposition Jeu vidéo l'expo présentée à la Cité des Sciences et de l'industrie.Les livres de l'expo
Biographie de l'auteur Serge Tisseron est psychiatre et psychanalyste, chargé d'enseignement à l'unversité Paris 10. Psychologue, Consultant aux ECPA, Informatisation de tests psychométriques, réalisation de plate forme vidéo en remédiation.maître de conférence, Paris 7. Psychologue psychanalyste, Lille.psychologue clinicienmaître de conférences en philosophie, Belfortdocteur en psychologie et psychanalyse, membre de l'observatoire des mondes numériques en sciences humaines
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...