Vérités en quête d'auteurs. Essai sur la critique des sources en anthropologie
Traimond Bernard
WILLIAM BLAKE
21,40 €
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EAN :9782841031009
... Ce livre peut se lire comme un plaidoyer en faveur de la critique des sources en anthropologie. En effet, pour diverses raisons - parfois contradictoires - cette discipline s'est rarement préoccupée de la qualité des informations dont elle dispose. Généralement, l'anthropologue fabrique lui-même les données qu'il utilise au moyen d'entretiens avec les locuteurs qu'il rencontre. Par là même, il s'adresse directement à l'objet de ses recherches, sans utiliser le moindre biais, le moindre intermédiaire. Il enquête auprès de ceux qu'il étudie. Mais les informations ainsi récoltées résultent d'une interaction dans laquelle le chercheur joue un rôle décisif. Une question induit une réponse et si l'enquêteur ou même le moment changent, les propos tenus feront de même. Au mystificateur cynique, Psalmanaazaar, a succédé l'honnête chercheur calomnié puis réhabilité, La Villemarqué. Avec Bladé, nous avons cherché à suivre toute la démarche de l'enquêteur, de ses collectes en langue indigène peu connue, ici le gascon, à sa traduction et sa publication en langue nationale chez les éditeurs de la capitale. Il ne nous restait donc plus qu'à examiner des supercheries contemporaines, Castañeda, avant de montrer que certaines critiques peuvent porter même sur des domaines difficilement contestables (Freeman et Mead). Ce parcours nous conduit au carnet d'enquête, aujourd'hui objet de focalisation de toute critique des sources en anthropologie.
Nombre de pages
190
Date de parution
07/11/2000
Poids
368g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782841031009
Titre
Vérités en quête d'auteurs. Essai sur la critique des sources en anthropologie
Auteur
Traimond Bernard
Editeur
WILLIAM BLAKE
Largeur
155
Poids
368
Date de parution
20001107
Nombre de pages
190,00 €
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Résumé : Pourquoi, à nos yeux, l'orthographe a-t-elle une si grande importance ? Lorsque le regard se porte soit sur le passé, soit sur d'autres langues, la place de la graphie n'apparaît pas aussi déterminante. Jusqu'à ces dernières années, un Anglo-Saxon ne se souvenait pas comment il avait appris la façon dont il écrit sa propre langue alors que pas un Français ne l'ignore. Mieux, dans ce dernier pays, chacun dispose généralement sur ce point d'une conception très arrêtée de l'orthographe, sur sa dégradation, sur les causes de son irrespect. Chacun se sent capable de proposer des solutions. L'orthographe partage avec quelques autres thèmes, comme la religion musulmane, les " maths modernes " ou l'apprentissage de la lecture, le privilège de constituer un objet sur lequel quiconque a un avis. Dès lors, qu'ils choisissent la conformité, la nécessité ou le refus de l'orthographe, les locuteurs que nous avons rencontrés expriment chaque fois des relations aux autres. Ils doivent impérativement prendre position par rapport à leur entourage. Aussi, avec la question de l'orthographe, nous rencontrons un " lieu de cristallisation " issu non seulement des émotions ressenties dans l'activité quotidienne mais aussi de l'intériorisation des plus dogmatiques des doctrines. Le " vécu " des locuteurs s'articule aux théories des linguistes plus ou moins consciemment intériorisées, exprimées avec plus ou moins de bonheur. Ce faisceau de rencontres déterminera notre recherche. Il s'agira de garder dans leur intégralité, non seulement ces émotions - l'arc-en-ciel des joies et des terreurs que suscite l'orthographe - mais aussi les théories aussi farfelues ou abstraites soient-elles, afin de rendre compte, autant que faire se peut, de la façon dont, dans ce pays, tout locuteur tente d'écrire sa langue. Nous rencontrons ainsi un lieu où se bousculent les discours les plus divers, ceux du théoricien et ceux du praticien, ceux du savant et ceux du vulgaire, chacun prenant généralement le plus grand soin d'occulter ses objectifs.
Extrait Extrait de l'introduction : Comme une nouvelle de Borges ou une vitrine d'un musée d'anthropologie, ce livre pourrait commencer par juxtaposer plusieurs objets disparates, un enregistreur de son, la photo d'un chercheur au travail peut-être face à son locuteur, un manuscrit, un livre d'anthropologie. L'année de cette juxtaposition - 1960 - justifie cet assemblage aussi arbitraire qu'hétéroclite. Apparu à ce moment de l'histoire de l'anthropologie, l'irruption du magnétophone - selon l'expression de Jack Goody (1996 : 127) - modifie chacun des différents éléments énumérés. Exprimé après coup par un récit, l'usage généralisé du graveur (et du reproducteur) de paroles fournit un même dénominateur à des éléments antérieurement séparés. À ce moment-là, par le miracle de l'enregistrement et de la transcription, les modalités des enquêtes et les informations recueillies changent de statut et d'échelle. L'écriture et même l'objet de l'anthropologie s'en trouvent modifiés. Je voudrais reconstituer les récits qui permettent de relier ces éléments hétéroclites, proposer une généalogie des liens qui les organisent, établir une dramaturgie qui organise des relations entre des objets disparates. Le terme de magnétophone est nettement antérieur. Ce fut d'abord le nom d'une marque, celle donnée à un appareil d'enregistrement sonore sur bande magnétique construit à partir de 1936 - en plein nazisme - par l'entreprise allemande AEG-Téléfunken. Mais vingt ans plus tard, en 1956, Marcel Griaule parlait encore dans ses derniers cours de «graveur de son». Aujourd'hui, les mots de dictaphone, de lecteur-enregistreur ou de MP3 s'ajoutent à celui de microphone pour désigner des appareils servant à réaliser les mêmes tâches.
Depuis peu, l'apparition du terme d'ethnopragmatique exprime l'intérêt croissant pour les questions qu'elle soulève, et surtout, pour les manières dont elle les résout. L'expression a été utilisée pour la première fois dés 1993 - semble-t-il - par Alessandro Durante qui a formé un "mot valise" pour réunir deux traditions antérieurement séparées : d'un c8té, l'anthropologie, discipline à laquelle il se rattachait par ses enquêtes, et de l'autre, la pragmatique du langage, type de linguistique développée à la suite de Wittgenstein et d'Austin. L'importance accordée aux discours enregistrés permet, pour sortir des thèmes canoniques de l'anthropologie, d'examiner n'importe quel objet à partir des propos tenus sur les pratiques par les acteurs et les témoins. Pour cela, l'ethnopragmatique, rendue possible par l'usage du magnétophone, utilise les instruments que nous fournit la pragmatique du langage appliquée â l'analyse des paroles recueillies lors des enquêtes, propos que l'anthropologue présente à son lecteur. Ces procédures s'appuient sur de nouveaux paradigmes (continuité entre discours naturel et discours sérieux, pluralité des points de vue, interaction, sources de première main, critique des informations, microanalyse) et font du processus d'enquête un instrument de connaissance. Ce livre retrace la démarche ethnopragmatique qui désigne, depuis une quinzaine d'années, les moyens utilisés pour surmonter les obstacles rencontrés à chaque étape des recherches.
Quand deux personnes parlent d'économie, le moindre examen des conversations le montre, elles invoquent rarement la même chose. D'où proviennent cette polysémie et ces ambiguïtés ? Partant de cette singulière constatation, l'ouvrage examine les glissements successifs qui ont installé un type de discours fondé sur des catégories immuables depuis trois siècles, gagnant ainsi une autorité qu'il est devenu impossible de discuter. Pourtant, la tradition de déconstruction installée depuis quelques décennies dans les sciences sociales qui a déjà démantelé les mentalités, l'ethnie, l'auteur, l'opinion publique... rend nécessaire le démontage de l'" économie ". Il suffit alors de dévoiler les raisons historiques de sa mise en place et les contradictions entre les divers principes qui la fondent. Cet examen permet sans peine de préciser quelques-unes des raisons pour lesquelles le " discours économique " présente d'extrêmes faiblesses qui contrastent avec son universel succès. Les critiques qu'il suscite de ci de là méritent d'être rassemblées de façon un peu systématique. En proposant une autre approche du monde, en déplaçant les points de vue " indiscutés ", l'auteur cherche à ouvrir la voie à une mise en cause des discours dominants, des catégories pré-construites et des problématiques imposées pour surtout laisser la place à des démarches plus sérieuses... et qui sait à un nouvel enchantement du monde...
Depuis mon enfance, l'art m'accompagne. Dès la visite de la grotte de Lascaux en 1963, à l'âge de 7 ans, jusqu'à mes études à l'école de Beaux-Arts de Bordeaux puis durant ma carrière au Capc Musée d'art contemporain de Bordeaux et au musée des Beaux-Arts, l'art m'a fait grandir, m'a ouvert les yeux sur le monde, m'a fait découvrir sensiblement la littérature, la musique, la poésie, la danse, la philosophie... Je peux ainsi dire que l'art a sans cesse éclairé mon chemin. Pour moi, l'art fut une lumière. Ce livre n'est pas un livre d'historien, c'est un livre de passeur (de flambeau, peut-être l), le livre d'une vie avec l'art.