Art et mathématiques entretiennent depuis les temps les plus reculés une relation intime comme en témoignent les oeuvres de Léonard de Vinci, Béla Bartók, Bernar Venet, Roman Opalka, Manfred Mohr, Ryoji Ikeda, Hollis Frampton, Shigeru Onishi et bien d'autres. On remarque cependant que depuis le milieu des années soixante cette relation a commencé à s'affaiblir et qu'une certaine distance s'est installée entre ces deux champs de la création. L'auteur nous emmène à la découverte des raisons de cette bifurcation entre art et mathématiques à l'ère postmoderne, et identifie un suspect principal : l'infini. Il s'inspire pour cette enquête de la pensée du philosophe Alain Badiou, en particulier du concept d'inesthétique, nouage original entre art et pensée centré sur ceux d'être, d'événement, de vérité, de sujet et ... d'infini.Michel Tombroff est artiste plasticien. Il a fait ses études d'ingénieur civil à l'Université Libre de Bruxelles (ULB) et d'informatique théorique à l'Université de Californie à Santa Barbara (UCSB). Sa pratique artistique puise son inspiration là où les questions de fondements et de formalisation se rejoignent, que ce soit dans les mathématiques ou la philosophie. Il vit et travaille à Bruxelles (Belgique).
Le critique littéraire et philosophe marxiste Fredric Jameson a écrit à propos de l'oeuvre philosophique d'Alain Badiou ? la dialectique matérialiste ? qu'elle est « une tentative de fusionner la logique et l'ontologie d'une manière que ni Hegel ni Heidegger n'auraient pu imaginer. » C'est au coeur de ce système de pensée, là où règne l'axiomatique la plus sévère de la théorie des ensembles, que l'auteur a décelé une impasse. S'inspirant des concepts de réel, de symbolique et d'imaginaire de Lacan, il montre que cette impasse de la formalisation de la métaphysique de Badiou est précisément le réel de celle-ci et il pose la conjecture qu'il est possible de contourner cette impasse et de conquérir ce réel. Cette conjecture s'exprime par un mathème, qu'il nomme Le sourire de l'être. Les conséquences de ce mathème croisent les découvertes mathématiques de Cantor, Gödel et Cohen, les critiques de Desanti, Hallward, Brassier, Wahl et Nesbitt, les pensées d'Épicure, Marx, et Spinoza et les inventions artistiques de Newman, Kosuth et Smithson.
La question « qui suis-je ? » occulte souvent celle de savoir quelle place occupe l'autre dans le processus d'édification de l'identité personnelle. L'autre n'est sans doute pas absent des discours portant sur l'identité et le sujet, mais il est le plus souvent envisagé comme un élément extérieur gravitant autour d'un Moi considéré comme un centre de référence. Or l'autre n'est pas toujours celui qui me fait face, il est bien plus souvent celui qui me fait être. C'est notamment le cas quand l'autre est un modèle, que je le choisisse (figure d'exemple), ou qu'il soit socialement construit et imposé (figure d'exemplarité). L'autre, par qui je deviens celui que je suis, se manifeste donc comme une source féconde de construction de soi.
Dans Le film qui m'est resté en mémoire, Victor Burgin s'intéresse aux souvenirs fragmentaires de films qui traversent fugacement nos pensées, se mélangeant par la suite aux souvenirs d'autres films ou d'événements réels. Constituées, pour l'essentiel, de perceptions et de souvenirs, de telles « images-séquences » n'ont pas été étudiées par la théorie du cinéma ou de la photographie. Nous conduisant des écrits de Roland Barthes à La Jetée de Chris Marker, et en s'appuyant sur les apports de la psychanalyse, l'auteur nous invite à réfléchir sur les enjeux et les usages de nos souvenirs fragmentaires de films.
Louis Althusser est l'initiateur d'une ambitieuse tentative de relecture de l'oeuvre de Marx et de redéfinition du matérialisme historique, afin de déterminer une stratégie révolutionnaire et d'orienter les organisations de lutte de classe. Loin de se limiter à étudier Althusser comme le témoin critique d'une histoire révolue - celle de la crise du mouvement communiste international - cet ouvrage présente des publications posthumes, des textes inédits et des écrits de collaborateurs - Etienne Balibar, Nicos Poulantzas, Jacques Rancière, Alain Badiou, Christian Baudelot et Roger Establet - qui reflètent l'effervescence intellectuelle d'une époque de grande créativité théorique de la pensée française. Car l'intérêt du travail althussérien réside avant tout dans sa tentative de formuler un véritable programme de recherches collectives. Un ouvrage pour redécouvrir un penseur qui pourrait influencer la pratique politique aujourd'hui encore.