Etudes françaises Volume 59 N° 2/2023 : Rêveurs, railleurs. Des symbolistes à Victor Hugo
Cavallaro Adrien ; Thériault Patrick
PU MONTREAL
20,00 €
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EAN :9782760651548
Rajeunie mais aussi lestée d'une conscience historique nouvelle, la raillerie marque en profondeur la culture du XIXe siècle, comme la formidable effusion et l'expansion du "rire provocateur et insolent" libéré par la Révolution (Alain Vaillant, "Satire", Dictionnaire Rimbaud). Tout autant qu'une posture auctoriale, elle décrit une tournure d'esprit souple, dûment conformée aux visées d'une littérature ayant fait de la dénonciation tous azimuts de l'esprit de sérieux l'une de ses principales missions, presque sa vocation. Cette disposition à la blague et à la satire ne laisse pas indemne la poésie lyrique, terre d'élection du "rêve" depuis le romantisme. C'est ce que les articles de ce dossier se proposent d'illustrer, en se concentrant sur une série de poètes, des symbolistes jusqu'à Victor Hugo. Ce parcours à rebours, qui veut lui-même malicieusement railler la convention chronologique, entend prévenir une tentation de lecture téléologique qui concevrait la raillerie poétique dans les termes, inadéquats, d'un progrès. Il passe par Jean Moréas et Paul Adam, Laurent Tailhade, Tristan Corbière, Théodore de Banville et Charles Baudelaire, qui pratiquent et conçoivent la littérature tout à la fois en "rêveurs" et en "railleurs ".
Nombre de pages
204
Date de parution
27/02/2025
Poids
288g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782760651548
Titre
Etudes françaises Volume 59 N° 2/2023 : Rêveurs, railleurs. Des symbolistes à Victor Hugo
Auteur
Cavallaro Adrien ; Thériault Patrick
Editeur
PU MONTREAL
Largeur
140
Poids
288
Date de parution
20250227
Nombre de pages
204,00 €
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La réception de Rimbaud est traditionnellement envisagée sous l'angle du mythe, qui la ramène à une erreur d'interprétation collective. Le présent ouvrage entend réinterpréter un ensemble de grands textes consacrés à celui que Mallarmé appelait le "passant considérable" à l'aune d'une notion plus vaste, positive, propre à rendre compte de la naissance, de l'affermissement et de l'enrichissement extraordinaire de cette réception : le rimbaldisme. Celui-ci y est envisagé, dans une triple perspective théorique, historique et poétique, comme une langue critique de la modernité, fruit d'un dialogue intime entre l'oeuvre et ses lecteurs, et dont les avatars sont ici étudiés des grandes heures du symbolisme au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
Livre qui a paru sous le règne d'Elsa, mais [qui] a été commencé avant", La Grande Gaîté donne à lire, selon Aragon, "les poèmes qui sont le plus purement d'ordre émotionnel qu'[il] ai[t] jamais écrits". C'est que la composition de ce recueil méconnu, publié en 1929, d'une âpreté et d'une virulence sans égales dans l'oeuvre d'Aragon, est le témoin direct d'une grave crise amoureuse qui faillit emporter son auteur à Venise en 1928. Après un ensemble de poèmes où Aragon tire à boulets rouges contre le monde des "anciens combattants" et des "flaireurs de bidet" de l'entre-deux-guerres, la "contre-poésie" de La Grande Gaîté investit la grande lyrique amoureuse, dont, par son titre même, "Poème à crier dans les ruines" se réapproprie la tradition, en prenant les accents du désespoir le plus cru. "Tous deux crachons tous deux / Sur ce que nous avons aimé " : c'est par ces vers "blasphématoires" qu'il débute, se livrant à des expérimentations d'une grande originalité. Comprendre les modulations de ce ton si particulier de l'amour en ruine, en pénétrer les beautés violentes et les paradoxes : telle est l'ambition de cet ouvrage, qui voudrait aussi montrer à l'oeuvre un autre Aragon.
Cavallaro Adrien ; Doumet Christian ; Schellino An
Poète, écrivain, voyageur, archéologue et médecin de marine, Victor Segalen (1878-1919) est l'un des témoins majeurs du tropisme extrême-oriental qui traverse la littérature française au début du XXe siècle. Sa poésie, ses textes romanesques, ses récits de voyage disent à quel point l'empire chinois finissant fut pour lui une source d'inspiration. Mais de quel Orient nous parle Segalen, et qu'allait-il y chercher ? Quelle est la nature profonde de cette connaissance de l'Est que, dans le sillage de Paul Claudel, il semblait si soucieux d'approfondir ? Des sinologues, des critiques, des lecteurs, tous attachés par un lien fort à l'un des aspects de son oeuvre, tentent ici de répondre à ces questions.
Les débats sur l'utilité des organisations internationales pendant la pandémie de COVID-19 ou la guerre en Ukraine illustrent le poids des attentes qui reposent sur ces institutions, malgré leur affirmation de ne pas intervenir dans le champ politique. Cet ouvrage prend cette revendication au sérieux et étudie la manière dont ces organisations s'efforcent de "dépolitiser le monde". S'appuyant sur divers cas d'étude, de la gestion de la crise environnementale à la réforme du Conseil de sécurité de l'ONU, les autrices analysent de façon précise les pratiques d'expertise, les prétentions à la neutralité et le jeu sur la temporalité des négociations qui mènent à la dépolitisation. Elles mettent au jour trois grandes logiques qui la sous-tendent : le pragmatisme, les stratégies de légitimation et les tactiques d'évitement de la responsabilité. Tout en éclairant la complexité et la crise de légitimité du multilatéralisme contemporain, elles montrent en définitive qu'il est impossible de réduire ces organisations à de simples mécanismes apolitiques établis uniquement pour faciliter la coopération internationale.
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