Les recherches présentées portent sur la (re)constitution du système social dans l'entreprise. Elles visent, dans des contextes automatisés (chimie, cimenterie, électricité, presse), à analyser d'une part la manière dont ces ensembles humains s'organisent réellement pour sortir la production et d'autre part le processus de création de règles effectives. On montre, dans une première partie, que les règles imposées par l'encadrement ne se réduisent pas aux prescriptions, mais que, pour être obéi, l'encadrement a recours à un système d'obligations implicites. Face au déclin du prescriptif et à l'émergence des obligations de production, le groupe d'exécution produit des règles non écrites, ce qui témoigne de son autonomie : ces solutions d'organisation, objet de la deuxième partie, sont élaborées pour sortir la production ; néanmoins elles fondent le collectif de travail et l'aident à élaborer sa logique d'action commune, son projet. Enfin, dans une troisième partie, on s'interroge sur la nouvelle étape de la rationalisation : celle-ci tente d'exploiter ce gisement d'efficacité par de nouvelles formes de codification du travail conduisant à des modèles d'organisation non déterministes. Par une analyse minutieuse des pratiques réelles de travail, ces recherches tentent de cerner les régulations sociales qui se développent dans le travail, c'est-à-dire les confrontations, les compromis ou les conflits qui jalonnent le face-à-face entre un encadrement dont les règles formelles ne suffisent plus pour obtenir la production, et un groupe d'exécution de plus en plus sollicité pour apporter sa contribution active à la continuité de la production. Au total, ce travail tente de renouveler la réflexion sociologique sur le problème de la division du travail, en montrant que les pratiques de travail informelles ne constituent pas un résidu, mais une zone clé de régulations sociales où se combinent les règles formelles et les règles tacites, par une confrontation entre exécutants et décideurs. Dans ce contexte, l'autonomie et l'initiative apparaissent comme des conditions de l'efficacité des ensembles techniques, bref comme une caractéristique essentielle de toute réalité organisationnelle.
Nombre de pages
279
Date de parution
01/01/1992
Poids
530g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782130441168
Auteur
Terssac Gilbert de
Editeur
PUF
Largeur
135
Date de parution
19920101
Nombre de pages
279,00 €
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Où va notre société, dans les transformations des organisations et des entreprises, de la vie économique et des relations de travail, de la formation et de l'éducation? Tout ce qui arrive est-il le résultat inattendu et souvent pervers de la rencontre des individus et des groupes? C'est en partie vrai, mais les rapports sociaux créent aussi autre chose, dont il faut rendre compte: les règles qui permettent la communication, l'échange, la collaboration, le contrat, l'institution et même le conflit. La création et le renouvellement de ces règles constituent une régulation, que le sociologue Jean-Daniel Reynaud a formalisée dans une théorie générale, caractérisée par le paradigme de la négociation, qui fonde l'échange social. En quoi cette "théorie de la régulation sociale" permet-elle de comprendre la nature et la construction des règles sociales et la façon dont les individus inventent une régulation en fonction de leur place dans la société et dans le jeu social? Les vingt-cinq contributions ici rassemblées discutent les présupposés et le cadre de cette théorie, élaborée par Jean-Daniel Reynaud depuis les années 1950 et qui s'est révélée féconde dans de nombreux champs de l'analyse sociologique. En s'intéressant aux interactions, à la formation des normes, des conventions et des règles nouvelles, sociologues, juristes, économistes et gestionnaires élaborent un langage commun. La fécondité d'une discussion scientifique ne se mesure pas seulement à ses vertus heuristiques, mais aussi à sa capacité de s'affiner en fonction de ces débats et de s'enrichir de l'apport des autres. C'est ce qu'indiquent les différentes contributions des auteurs de cet ouvrage, ainsi que celles de Jean-Daniel Reynaud
Malgré les efforts pour améliorer la sécurité dans l'industrie, la survenue d'une catastrophe n'est jamais à exclure: en témoigne l'explosion de l'usine chimique AZF à Toulouse en 2001. Ce travail interroge les enjeux du concept de sécurité effective, c'est-à-dire la manière dont les sujets passent d'une sécurité figée par des règles à une sécurité en action, au travers d'une transformation des règles formelles en obligations partagées que chacun s'engage à suivre; l'engagement, l'appropriation, la compréhension et la coordination par les savoirs forment un ensemble de règles sociales inventées et mobilisées pour « agir en sécurité ». La démarche proposée ici s'inscrit volontairement en marge d'une scène judiciaire qui chercherait à décrypter les causes d'une catastrophe, pour se recentrer sur la scène organisationnelle visant à expliquer ce qu'est le travail d'organisation de la sécurité.
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Cet ouvrage rend visible la modernisation enfouie dans les pratiques quotidiennes des "gens sans rien" qui participent aux échanges marchands pour sortir de la pauvreté. Il s'agit d'un espace social d'innovations porteur de création d'entreprises (toutes petites entreprises). Il nous apprend, d'une part, que la modernisation est un processus social qui peut être analysé à trois niveaux indissolublement liés. D'abord, à un niveau macrosocial, pour montrer que la modernisation par le "haut", portée par l'État, est une réalité limitée. Ensuite, à un niveau microsocial, dans les villages, les quartiers, les rues, les marchés pour comprendre comment ces gens à "faible expérience" tentent de sortir de la pauvreté en créant des TPE: c'est la modernisation par le "bas". Enfin, à un niveau intermédiaire, des politiques publiques, pour montrer le retour de l'État qui souhaite enrayer la pauvreté et développer la création d'entreprises. Il nous apprend, d'autre part, à définir la modernisation comme activité en montrant que le "bricolage économique de subsistance" débouche également sur de véritables entreprises dont il décrit les différentes phases de création. Biographie: Bertin Yanga Ngary est docteur en sociologie, membre associé du Centre d'Étude et de Recherche, Travail, Organisation, Pouvoir, (CERTOP UMR 5044 CNRS) et chargé de cours à l'Université Toulouse-Le Mirail.
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Résumé : Quel est le point commun entre un livreur à vélo, une agente d'entretien, un start-upper, une aide soignante et une " curatrice de contenus " ? Tous subissent les nouvelles modalités de travail imposées par la digitalisation, la robotisation et les méthodes contemporaines de management. Partout, le " néotravail " étend son emprise : du bureau au domicile, notre open space s'est élargi, et nous ne pouvons plus échapper aux injonctions à " aller plus vite ", à nous " adapter " et à " nous engager à fond dans nos projets ". Mais ce néotravail est en train de nous déposséder, non seulement de la valeur de notre travail mais aussi de nos capacités à créer, à nous lier les uns aux autres, à parler, à prendre soin de notre environnement, jusqu'à celles d'exercer notre propre jugement. Il fait de nous des " dépossédés de l'open space ". Peut-être est-il temps de reprendre possession de notre travail pour construire des rapports harmonieux avec les autres, avec nous-mêmes et avec la nature ? En retrouvant ses vertus médiatrices, socialisantes, subjectivantes et émancipatrices, cet " écotravail " contribuerait à faire advenir une société plus juste et plus viable : une " société écologique ".
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Anatomie d'un parti sulfureux Le succès du Rassemblement national n'est plus à démontrer, tant ses récents résultats électoraux en témoignent. Pour comprendre cette percée frontiste, il faut remonter aux causes structurelles et aux phénomènes de longue durée démantèlement de l'Etat social, mutations du système scolaire, disqualification des intellectuels traditionnels (scientifiques, instituteurs, syndicalistes...) au profit des "imposteurs" de toutes sortes, enfin, réémergence et progression des idées nativistes Mais un paradoxe demeure si la présence frontiste est de plus en plus centrale, elle est presque indépendante de toute véritable implantation sociale. Comment une organisation partisane aussi fragile a-t-elle pu capitaliser de tels succès électoraux ? Pourquoi, en Europe occidentale, la France est-elle le seul pays dans lequel une formation d'extrême droite parvient à rassembler, sans interruption depuis 1984, au moins un électeur sur dix - souvent beaucoup plus Cet ouvrage offre une synthèse historique inédite de ce parti, en même temps qu'il tente de résoudre l'énigme de sa réussite