La tentation de la totalité. Vers une esthétique du désert
Terrier Jean-Claude
MILLON
27,00 €
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EAN :9782841374212
Le livre de Jean-Claude Terrier aborde l'histoire de la philosophie moderne, de Kant à Heidegger, sous l'angle de la question du corps et du désir, chemin buissonnier peu emprunté par les exégètes des grands systèmes totalitaires de la pensée - systèmes dont le souci essentiel fut de délimiter le champ théorique du savoir, ce qu'on désigne comme la critique de la connaissance. Prenant appui sur d'autres sources, tout particulièrement patristiques, Jean-Claude Terrier conteste l'ambition totalitaire des philosophies issues de l'idéalisme allemand du XIXe siècle. En introduisant le thème du corps et du désir, propre à la tradition théologique et spirituelle du christianisme, il élargit l'horizon de la réflexion hégélienne et marxiste, il en marque les insuffisances et engage à son tour la voie de la pensée non vers la théorie de la totalité mais, par-delà la proclamation nietzschéenne de la mort de Dieu, vers l'expérience intérieure de la plénitude. Nous avons ici, d'une écriture puissante et transparente, le récit des aventures de la dialectique et l'ouverture d'une pensée en quête de la réconciliation de la chair et de l'esprit dans la transcendance de l'amour. Claude Louis Combet.
Nombre de pages
358
Date de parution
20/10/2023
Poids
576g
Largeur
159mm
Plus d'informations
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EAN
9782841374212
Titre
La tentation de la totalité. Vers une esthétique du désert
Auteur
Terrier Jean-Claude
Editeur
MILLON
Largeur
159
Poids
576
Date de parution
20231020
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358,00 €
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Pendant longtemps, j'ai vécu en regardant les humains se comporter comme des bêtes féroces, en dépit de tous leurs efforts pour paraître civilisés - et je vivais au milieu de cet immense festin qui se joue en nous depuis toujours, depuis Cronos, depuis les contes de fées, en passant par les rapports amoureux et les relations familiales. Mais tandis que j'écrivais, mes ogres et mes ogresses, qui avaient bon appétit, se sont tous entredévorés. Alors, il n'est plus resté qu'un trou - un vide, une lacune. C'est ainsi que le Je qui parle dans ce récit est au centre d'un noir opaque et n'a aucun repère tangible, aucun son, aucun souvenir concret, aucun sexe défini, aucune autre histoire à raconter que son expérience immédiate : que reste-t-il et comment exister quand on n'est peut-être rien ? Comment renaître à soi-même ? Je est peut-être un animal, une vieille idole, une cervelle blessée, un corps en formation ou le cul d'une oubliette, Je est peut-être un autre - peu importe. Voilà que Je, loin d'entrer en introspection, se met à explorer le vide. Je pars en quête. Je a peur, mais ne manque pas de courage et va de l'avant, quitte à parfois tourner en rond. Je questionne, invente. Je cherche des sensations, de l'humain, de la mémoire. Je découvre des matières et des limites. Et Je s'applique par tous les moyens à sortir de ce trou. Mais Je n'a que peu de moyens à sa disposition, Je n'a que la force de son imaginaire. Je descends dans la caverne. Je se fraie un chemin parmi les images et les fantômes. Je s'exerce, tâtonne, remue, farfouille dans les commencements, remonte du plus profond. Je parle, mais voudrait que le verbe se fasse chair. Et Je devient sa propre matrice. Je porte la mémoire du monde, Je veut recréer le monde, Je veut faire partie des vivants. Et Je m'a prise par la main, et à sa suite j'ai vu des merveilles dans le noir et fait mille et mille tentatives moi aussi, mille tours, mille ratures pour enfin m'éveiller et sortir du trou. Car toute cette histoire est bien réelle. Aussi réelle qu'un rêve. O. M.
Husserl Edmund ; Pestureau Jean-François ; Mazzù A
L'existence des " Manuscrits de Bernau " de Husserl sur la conscience intime du temps fut révélée pour la première fois publiquement par Heidegger, en 1928 dans sa préface aux célèbres Leçons sur la phénoménologie de la conscience intime du temps. Ces Manuscrits, écrits par Husserl à Bernau (Forêt Noire) en 1917/18, sur la base d'une compilation faite par Edith Stein, sont restés inédits du vivant du philosophe, bien qu'ils aient été confiés, dans les années trente, à Eugen Fink en vue de la publication. Pour plusieurs raisons, dont la complexité des textes n'est pas la moindre, Fink n'en vient pas à bout, et après la guerre, y renonça. Husserl considérait en effet ces manuscrits comme son " ouvrage principal " qui, restés dans les cartons des Archives de Louvain, sont entrés dans la légende pour le milieu des phénoménologues , puisqu'ils étaient censés contenir les clés de l'oeuvre entière. Il aura fallu le travail persévérant de Rudolf Bernet et Dieter Lohmar pour que l'ouvrage (une sélection parmi la masse des manuscrits) paraisse enfin, en 2001, dans la collection des Husserliana. Cette édition critique est celle qui est publiée ici en traduction française. L'importance considérable de ces textes tient à ce qu'ils constituent proprement l'acte de naissance de la phénoménologie génétique, et conduisent par là à réexaminer et relativiser les analyses structurales et statiques auxquelles on a trop souvent réduit la phénoménologie, en en faussant l'" esprit ", en la figeant dans une scolastique. Car les " Manuscrits de Bernau " sont avant tout un exercice aigu du sens critique, de la pensée aux prises avec des problématiques aporétiques, de l'art de pratiquer des distinctions nuancées jusqu'au plus subtil, de la rencontre de choses essentiellement mobiles, bref, de la pratique de la philosophie telle qu'elle doit se donner à entendre aujourd'hui.
Cette anthologie souhaite mettre en lumière une mémoire religieuse du corps féminin à l'époque moderne, dans les couvents et hors des couvents. Elle explore les principaux aspects de cette corporalité féminine, en expose la nature, la plasticité et les enjeux par le prisme d'un genre majeur du temps, celui de la Vie sainte, en faisant (re)découvrir par ce biais une littérature hagiographique souvent méconnue car trop longtemps cantonnée aux seuls champs de l'historiographie religieuse ou de la bigoterie. Quelle exemplarité ces représentations du corps féminin servent-elles ? Quelle agentivité féminine parviennent-elles à suggérer ? Racontent-elles seulement la norme dévote ou au contraire son débordement ? Que faire, hier et aujourd'hui, de ces envahissants scénarios d'incarnation, de ces cadavres qui embaument ou guérissent, de cette exhibition constante des plaies, du sang et de la pourriture, dont les auteurs font la matière étrange d'un discours qui édifie quand il horrifie, qui fascine et dégoûte à la fois ? Quelle vertu mystique ou dévotionnelle donner à cette compilation de symptômes, à cette insatiabilité à se faire mal ou à soigner l'autre ? Pourquoi les biographes racontent-ils surtout le corps pour dire la sainteté féminine et que disent-ils ainsi du féminin, aux marges du discours canonique ? Quelle place ces récits laissent-ils à un pur excès de chair, à un fonds obscur par lequel se dit la haine du couvent, le désir du blasphème, le désir de mort, le fantasme érotique, l'aporie de la vocation religieuse, la souffrance ou la jouissance de la discipline, la frustration sexuelle, le poids du harcèlement, le désir d'émancipation ? Ces questionnements, pris comme autant de fils conducteurs, permettront de révéler la richesse anthropologique mais aussi littéraire de cet étonnant corpus ancien.
Au Ve siècle avant notre ère, l'avènement des mages en Grèce ne se fait pas sans bruit. Présentés d'abord comme conseillers de rois, sacrificateurs et interprètes des songes, dans cet ailleurs qu'est l'empire perse, ils se retrouvent rapidement au c'ur de la cité athénienne, où ils sont accusés de charlatanerie et de tromperie. Avec eux, apparaît une notion nouvelle, qui a connu une fortune durable dans la culture occidentale : la magie. Rares sont les voix qui ont invité à questionner les évidences de ses origines. Peut-on continuer à postuler une contiguïté, sinon une coïncidence, entre la notion grecque de magie telle qu'elle apparaît à la fin du Ve siècle et la conception moderne de la magie, qui en fait une catégorie universelle, un type de mentalité ou de pensée ? Comment les Grecs ont-ils conçu cette notion nouvelle ? Quelle significations lui ont-ils attribués ? Dans une perspective d'histoire culturelle, ce livre analyse le contexte qui a favorisé l'émergence de la magie, au c'ur des débats qui animaient les cités grecques. Il montre également comment elle a été conçue dans le creuset culturel grec et explore les représentations mobilisées à cet effet. A travers cette étude, ce sont plusieurs facettes de la culture grecque qui se révèlent, des dieux qui " médusent " à l'écriture qui enchaîne, de la puissance poétique à la figure de Socrate.