Ce volume repose sur un pari : que le travail comparatiste, le regard éloigné et les différences méthodologiques d'une tradition savante à l'autre, mexicaine ou française, non seulement permettent de distinguer des traits qui peuvent échapper à une vision rapprochée, voire myope, mais donnent la possibilité de poser des éléments pour envisager ce que serait l'islam mondialisé, soit un phénomène religieux au croisement des migrations, des réélaborations théologiques et des nouveaux enjeux de nos sociétés hyperconnectées. Le Mexique et la France, de part et d'autre de l'Atlantique, si différents en termes de niveau de sécularisation de la société, ont cependant en commun d'être des pays laïques et d'avoir une histoire intense de la laïcité ; la pratique de la religion musulmane y est une réalité relativement récente, quoique à la fois l'histoire et le mythe la fassent remonter bien plus haut dans le temps. Si le nombre relatif et absolu de musulmans dans les deux pays n'est pas comparable, ils appartiennent cependant tous deux à ce qui a été construit comme "l'Occident" et qui, dans une vision idéologique nourrie à la fois par ceux qui rejettent les musulmans et par les islamistes, est opposé à l'islam. La combinaison du regard plus anthropologique des chercheurs mexicains et de la tradition plus politique de leurs homologues français permet ici d'opposer à cette polarisation conflictuelle une réflexion plus sereine sur des évolutions sociologiques parfois discrètes mais toujours majeures.
Nombre de pages
313
Date de parution
14/04/2021
Poids
586g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782377010905
Titre
L'islam au Mexique et en France. Regards croisés
Auteur
Taussig Sylvie
Editeur
HEMISPHERES
Largeur
160
Poids
586
Date de parution
20210414
Nombre de pages
313,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Armand Jean du Plessis de Richelieu (1585-1642), dit le cardinal de Richelieu, cardinal duc de Richelieu et duc de Fronsac, eut une destinée à tel point hors du commun que Mazarin, son successeur, put dire qu'" en aucun siècle il n'y a eu un homme semblable ". Entré dans les ordres pour conserver à sa famille le bénéfice de l'évêché de Luçon, il fut, de 1624 jusqu'à sa mort, le principal ministre d'Etat de Louis XIII. Habile, intransigeant, père de l'Académie française et amoureux des arts, certain que les " intérêts publics doivent être l'unique fin du Prince et de ses conseillers ", il peut être considéré comme l'un des fondateurs de la France moderne. Le 5 décembre 1793, plus de cent cinquante ans après sa mort, les révolutionnaires l'exhument et le décapitent.
Le présent volume part d'une question simple : comment le christianisme occidental, à partir du XVIème siècle, parvient-il à incorporer dans son histoire et dans son destin la découverte des peuples non-chrétiens ou la volonté de convertir à la Révélation des peuples qu'ils avaient conçu jusqu'ici aux limites d'un monde chrétien central dans la vie du monde ? Cette question ne concerne pas seulement l'aventure des missions de Chine, mais la Chine porte à ses sommets l'angoisse théologique et anthropologique d'une autre civilisation, seule comparable aux grandes civilisations antiques, et qui, pour cette raison, sollicitera un prodigieux transfert de la relation des juifs et des chrétiens dans celle des confucéens et des catholiques. Ce moment crucial de l'époque moderne redécouvre d'autres grandes scansions de l'histoire de l'Occident, non pas seulement dans le rapport entre judaïsme et christianisme, mais dans ce que l'on peut appeler l'invention chrétienne du "paganisme" comme religion des autres mais aussi comme religion du passé. Sommes-nous aujourd'hui aussi loin de tout cela qu'on pourrait le penser ? Qu'en est-il du statut des autres religions dans une période de grand reflux de l'oecuménisme religieux ? La reconnaissance de la "vertu des païens" , reconnaissance ambiguë, proche d'une tolérance, toujours ambiguë elle aussi, est pour nous aujourd'hui un miroir tendu, dans l'épaisseur du temps, au malaise de notre civilisation post-chrétienne. Le volume propose, à partir de ce moment essentiel, un retour en arrière dans le temps - l'antiquité, le moyen âge - et un saut vers le futur, notre présent, et entend confronter les débats historiques les plus complexes, éclairés par les meilleurs spécialistes, avec une réalité contemporaine dans laquelle, comme nous le savons parfois trop bien, l' "Autre" hante encore l'identité incertaine des sociétés et des peuples.
Prose intense, phrase limpide, recherche d'un absolu toujours différé, Ma tête de l'autre est une confession. C'est le récit d'une conversion. Une véritable expérience intérieure.
Quel est le rôle joué par l'État dans la définition et la prise en compte de ce qui est religion et de ce qui ne l'est pas, en autorisant, officialisant, légalisant, mais aussi en régulant les rapports entre les différentes religions ? La ville et ses espaces publics constituent un théâtre majeur, une scène d'expression et de visibilité de ces processus politiques, mais aussi des conflits religieux. Or, la mondialisation agit sur les pratiques religieuses et les religions, qui ne cessent de se reconfigurer. C'est la « gestion » politique et économique de ces expressions contemporaines de religiosité, et les positionnements des États face à elles, notamment dans le cadre de la ville, que se proposent d'étudier les chercheurs ici réunis - non sans faire une place aux travaux consacrés aux croyants, en tant qu'acteurs sociaux, et aux modalités selon lesquelles ceux-ci expriment ou revendiquent leur droit à une égalité de traitement en tant que membre d'une communauté religieuse.
Arabie Heureuse pour les uns, royaume de tous les rigorismes pour les autres, il est au coeur de la Péninsule Arabique un territoire de sable, grand comme quatre fois la France, qui nourrit abondamment nos fantasmes. Cet ouvrage a pour ambition de redonner place à la raison, de dessiner une image plus précise, moins passionnelle, d'un pays excessivement méconnu. Pour nous y aider, voici un précieux vade-mecum d'analyses historiques, religieuses, sociologiques et politiques, fruit d'une décennie de travail, de réflexions et d'enquêtes de terrain, indispensables pour distinguer les « djihadistes » des « salafistes », les tribus bédouines des princes saoudiens, les fortunes et ambitions des uns et des autres et mieux comprendre les moeurs locales. Cette nouvelle édition est actualisée et enrichie des toutes les données économiques, sociales, politiques et culturelles disponibles en cette fin d'année 2019.''
Explicitant la philosophie et les critères de son approche, Zafrani écrit lui-même à ce sujet : "Nous nous sommes proposés, tout au long de nos études et de nos recherches, de réaliser à la fois une analyse raisonnée des situations et une synthèse équilibrée des phénomènes afin de servir la science et la conscience historique, la mémoire collective et un patrimoine culturel qui nous est cher, à mille égards. Cela, nous l'avons fait avec le projet d'une quête des lieux de dialogue, de rencontres des hommes et des idées, d'espaces de convergences entre cultures et civilisations qui sont autant d'espaces de fidélités, de liberté et d'universalisme." Haïm Zafrani, auteur notamment de Deux mille ans de vie juive au Maroc, Juifs du Maroc. Vie sociale, économique et religieuse. Etudes de taqanot et responsa, et de Juifs d'Andalousie et du Maghreb, a consacré toute son existence à ses recherches et à l'enseignement, en étant toujours soucieux de transmettre son savoir. Son engagement, en la matière, qui était une forme de militantisme, ne peut qu'inciter à la réflexion tous ceux qui se soucient aujourd'hui d'histoire, de culture, de patrimoine, de diversité, de paix et de fraternité en ces premières décennies du XXIe siècle. Une urgence d'autant plus vitale pour l'humanité que l'enracinement culturel est devenu un enjeu capital dans le monde ultra-connecté. L'on ne peut que saluer et se réjouir de l'initiative prise par Mustapha Saha de consacrer un ouvrage à ce "penseur de la diversité", et de présenter, avec sa belle plume et le sens de la formule qui le distingue, l'homme dont il était familier depuis fort longtemps, et une oeuvre féconde dont il a une connaissance intime et qu'il rappelle avec une remarquable précision. Mohammed Kenbib.
« Vais-je tenter de faire oeuvre d'historien ? Non ni moi, ni mes parents, ni mes grands-parents n'avons la moindre prétention à entrer dans l'Histoire, fut-ce par une petite porte. Et les seuls éléments concrets dont je dispose, c'est dans ma mémoire que je peux les trouver - hormis concernant ma vie professionnelle qu'emporté par mon élan, j'ai commencé à raconter, et pour laquelle je disposais de sources abondantes. C'est donc à partir de quelques connexions neuronales survivant dans un coin de mon cerveau que je peux chercher à faire un récit où apparaîtront mon entourage, mes proches et quelques reflets d'une époque à jamais disparue. Sans trier mes souvenirs, j'ai simplement laissé courir ma plume en espérant que, dans ce désordre, certains lecteurs, dont mes petits-enfants, peut-être, trouveront une petite lucarne éclairant ce passé déjà lointain, qui nous fait ce que nous sommes, qui fait ce que vous êtes! »