Cet ouvrage fait partie d'une trilogie écrite par Elsa Valentin avec ses élèves apprenant le français, et illustrée par Frédéric Hainaut. Nous avons déjà publié "Poème sucré de mon enfance", et un troisième livre "Je suis né sur un dromadaire" est en préparation. Ces trois livres sont consacrés au thème de l'exil, la trace, le souvenir, ce qui fait que nous sommes ce que nous sommes, le souvenir d'où nous venons. Ce poème raconte l'enfance d'Azbeer Suliman. Il y a un enfant qui va à l'école, une grande s'ur qui veille sur lui, un coq adoré et surtout, un grand-père omniprésent dans ce récit, omniscient, un sage dont la mémoire accompagne le présent du narrateur. Ce long poème est une ode à l'enfance, une mémoire sensorielle que chacun, chacune d'entre nous garde blottie au fond, et que l'on dit mieux dans la langue de son enfance. Elsa Valentin écrit pour les enfants en jouant avec la langue et les langues. Elle revisite parfois les contes traditionnels, comme dans « Bou et les 3 zours » qu'elle écrit dans un langage mêlant mots d'autres langues, mots inventés, et mots-valises. Par ses cours de français aux demandeurs d'asile et la rédaction de leurs récits de vie pour l'OFPRA, elle poursuit cette réflexion sur les niveaux de langues, les mots justes pour se dire, la langue appropriée pour parler le monde. En ce sens, elle travaille le bilinguisme, voire le plurilinguisme, qui trouvent leur écho dans cette publication du Port a jauni. Pour traduire ces mots en images, nous avons choisi Frédéric Hainaut, qui dessine comme dans un souffle, avec l'énergie et le geste dru, sec, assuré et naïf d'un enfant. Auteur et illustrateur de dessins animés, Frédéric Hainaut se lance aussi dans des séries picturales impulsives, comme la série que nous avons choisie, où l'on voit tout à la fois les scènes de village, les hommes et les animaux, le paysage sec, le sauvage.
Témoin d'une ère qui est finie… Je garde en moi toute la sagesse D'un temps où la nature régnait… Mais l'homme de nos jours s'empresse A faire ses lois, sans se soucier. Il fut un temps où, sur mes rives, L'ours chassait tranquille sa proie. Mais la chaleur de l'air m'inhibe… Je fonds… et l'ours coule avec moi… Je fonds d'amour pour tous ces êtres Qui puisent leurs vies dans mes entrailles… Je fonds en vagues de tristesse, C'est l'homme qui veut que je m'en aille… Je craque, j'explose, puis je résiste. Où est la gloire des nuits d'hiver ? ? Mais cette humanité persiste Et ne voit pas que je m'y perds… Je garde en moi toute la mémoire Du temps de l'harmonie sur Terre… Je fonds chaque jour de désespoir… A l'aide !… crie la banquise polaire.
Voix d'une jeunesse palestinienne à qui l'on a tout volé sauf l'ardent désir de vivre, Gaza écrit Gaza est un livre-mémoire, un livre-testament. Guidés par le poète Refaat Alareer, quinze jeunes écrivent depuis Gaza la résistance et l'espérance. Ils conjurent, de récit en récit, l'occupation, la guerre, le génocide. Traduit par des écrivains de toute la francophonie, ce livre est l'expression collective d'une solidarité au-delà des frontières.Écrivain, professeur et activiste palestinien de Gaza, Refaat Alareer est né en 1979. Sa passion et sa foi en la littérature ont inspiré toute une génération. Auteur du célèbre poème If I must Die, hymne à l'humanité, il a été assassiné le 6 décembre 2023.
Fatima est une histoire d'enfance autobiographique, celle d'une enfant née et grandie au Maroc avec des parents français géographes, « ils travaillent trop je trouve », et avec Fatima, « assise entre ses genoux, dans ses grandes jupes, ça fait un hamac ». Une histoire faite de souvenirs olfactifs, sensoriels et de mots dans trois langues, arabe, français, tachelhit. Dans cette enfance, Fatima est la grande cheffe, avec des mains orange de fée magicienne et un visage comme une carte géographique du grand Sud. Le poème de Caroline Trois est une déclaration d'amour, emprunte de la nostalgie de l'enfance mais aussi d'une rupture à venir qu'on devine. Les illustrations à l'encre lumineuse illustrent l'histoire à hauteur de regard d'enfant : elles s'attachent aux détails et au minuscule, elles tentent de rendre les parfums, par plans successifs qui ignorent le réalisme. On retrouve le principe d'écriture de l'auteur égyptien Sonallah Ibrahim et de son roman « Le petit voyeur » dans l'écriture graphique d'Anouck Constant : voir le monde en se souvenant du regard que nous étions enfant.
Abbas Mo ; Norac Carl ; Heredia Géraldine ; Macaig
Dans ce joli coffret dédié aux PAYSAGES, on retrouve trois titres de la collection Poèmes du Port a jauni : ? L'HOMME SANS PAYSAGE ? POÈMES DE ROCHES ET DE BRUMES ? POÈMES EN PAYSAGES accompagnés de 12 magnifiques cartes postales issues des livres et des liens QR code vers les versions sonores bilingues en français et arabe disponibles sur notre site : un cadeau idéal !
Une première version de ce livre a été publiée en 2021 avec d'autres illustrations de Jérémie Fischer. Les poèmes de Bernard Friot et leur traduction en arabe de Golan Haji sont identiques... à une ligne près ! mais où ... Ou ? dessous, derriere, dessus, en haut, en bas, dedans? partout ? Ici. Étonnant : ici change tout le temps. C'est même un peu agaçant. "Ici, c'est là où je suis : aux WC, quand je lis des BD ? sur le canapé, d'où je regarde un dessin animé ? c'est le ruisseau glacé où je trempe les pieds, et c'est aussi mon lit ici, quand je rêve d'ailleurs et d'autre part loin, oh loin, d'ici." Treize poèmes comme un jeu spatial adapte a la petite enfance, où Bernard Friot explore en poésie les adverbes de lieu. Treize poemes comme une promenade en images. Les nouvelles illustrations de Jérémie Fischer sont chatoyantes et ludiques. Ici, on devine les oreilles d'un lapin dans les montagnes au loin. Là, on plonge dans le paysage jusqu'à deviner ce qui apparaît, derrière. Jérémie Fischer investit l'espace comme un jeu, il guide notre regard dans les paysages avec ses collages orange, qui nous montrent où se passe le poème, dessus, dessous, en bas, oui... là !