Trajectoires" est la résultante d'un voyage de l'auteur sur la côte ouest de l'Amérique du Nord, de San Francisco à Los Angeles puis Portland, Seattle et Vancouver dont toutes les références au lieu ont cependant été gommées. Il y a plusieurs strates de textes, chacune correspond à un mode de notation : carnet de voyages (les passages les plus "larges"), photographies (à la justification réduite) et enregistrements sonores (à la justification encore plus réduite). Il y a une quatrième strate qui est la reprise inversée du texte qui a une justification entre le "carnet" et la description des photographies. Ainsi, le dernier alinéa est repris dans le deuxième mais réduit de moitié au signe près et ainsi de suite. Le mouvement va également en sens inverse puisque le premier est repris en avant dernier, toujours réduit exactement de la moitié de sa longueur. L'idée suivie par l'auteur étant de créer un sentiment d'anticipation et un autre de réminiscence, les deux s'interpénétrant et conférant au lecteur un rôle d'acteur. Une impression de déjà vu, mais pas tout à fait identique, dans lequel les temps se mélangent et la chronologie est bousculée au profit de formes figées du souvenir. A tout cela s'accolent plusieurs procédures et contraintes, toutes s'enrichissant l'une l'autre : - l'idée d'une phrase qui soit en même temps paragraphe et dans laquelle se lit, à quelques reprises, l'influence de l'alexandrin. Avec cette question : comment créer du rythme dans le "vers libre"? - l'expulsion du sujet. Le sujet, le "je" disparaît. Qu'est-ce que cela suppose en termes d'organisation formelle ? Comment la phrase demeure-t-elle saisissable et qu'est ce qui sourd d'elle quand sujet et objet y deviennent difficilement discernables ? Comme dans cet exemple : "S'observent les échanges de" au lieu de "J'observe les échanges de" . - l'instantané : que cela impose-t-il à la phrase et au rythme d'être d'abord suscité par une primauté iconique ? Car c'est l'oeil, l'image, qui est ici première. - la dilatation et la compression : que peut produire dans un espace (celui du livre) le gonflement ou l'étrécissement de certaines de ses parties, idée explorée musicalement par Boulez avec ses "noeuds de connexion". Le tout produit, au sens propre, une expérience de lecture.
Nombre de pages
64
Date de parution
19/04/2019
Poids
115g
Largeur
161mm
Plus d'informations
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EAN
9782960199475
Titre
Trajectoires
Auteur
Suchère Eric
Editeur
VIES PARALLELES
Largeur
161
Poids
115
Date de parution
20190419
Nombre de pages
64,00 €
Disponibilité
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Il reste le souvenir d'un jour, la marche le long des berges, le jaune d'un vêtement peint, la suite naturelle des éléments, la répétition des jours en identique, le longitudinal des pins, l'expulsion d'une albertine, l'arrêt optique sur une lectrice et Le Bernin en invisible. Les pins résument et condensent : que la lumière soit par-dessus les pins, voilée : résume antérieur.
Eric Suchère est critique d'art et poète, non pas dans le sens d'une double activité menée de concert, mais dans celui d'une création duale avec tout ce que ce mot contient de porosité, de perméabilité, d'ambivalence. Ses textes dits de critique d'art sont soit véritablement de la poésie en prose, soit ces textes s'apparentent pleinement à des dispositifs littéraires. Et ces dispositifs d'écriture oeuvrent toujours en cohérence avec l'artiste qui est le motif du texte et dont le texte est le motif. Il écrit pour l'art tout autant que sur l'art. La position de Suchère est unique. Et comme tout poète il interroge ses outils et la place de la création dans le monde actuel, ses enjeux sociétaux, les modes - non sans ironie et critique, seules voies pour avancer. L'art, la politique, l'art, la politique, l'art, la politique... Quelle est la question ou pourquoi poser la question ou pourquoi relier les deux comme s'il était évident qu'il y avait un art politique, que l'art avait été lié au politique, que l'art serait lié au politique, que l'art devrait être lié au politique ? Ou, en quoi ce qui est relatif à l'exercice du pouvoir ou à la réflexion sur cet exercice concerne l'art et plus spécifiquement les arts plastiques contemporains ? Une fois la question posée, rien ne va plus de soi. On pourrait simplement se replonger dans l'histoire et dans quelques liens déjà bien établis entre les deux domaines mais l'on manquerait la cible. La cible serait : en ces temps troublés où les populismes et le capitalisme triomphent et où les utopies politiques ont presque disparu remplacées par le pragmatisme économique et la célébration de la démocratie comme seul mode de gouvernance acceptable, en quoi l'art peut-il quelque chose ? Que peut-il faire ? Que faire ...
Ici, un narrateur se souvient d'un paysage, d'une femme, d'une ville, et zoome sur ces quelques images. Ces boucles, bribes, fragments d'histoires apparaissent, s'estompent, se déplacent puis s'intensifient, se fixent jusqu'au gel.
Résumé : Playlist est une exploration des affects provoqués par la musique ou, plutôt, par les souvenirs de ces affects, par la mémoire involontaire qui ressurgit à l'écoute. 100 disques - datant de 1967, année de la naissance de l'auteur, jusqu'à 2017, année de ses 50 ans - sont évoqués dans de courts textes en prose mesurée.
Une présence amoureuse" conte l'histoire d'amour entre deux jeunes italiens, Orazio et Serena. Orazio vient souvent le soir contempler la belle Serena dont il est tombé éperdument amoureux, dissimulé derrière un arbre. Serena, aux mêmes heures, protégée par la pénombre de sa chambre, contemple Orazio, dont elle est tombée amoureuse. N'osant approcher Serena, Orazio se déguise en une jeune fille qu'il nomme Letizia. N'osant approcher Orazio, Serena se déguise en un jeune homme qu'elle nomme Carmine. Letizia va rencontrer Serena avec qui elle va se lier d'amitié. Carmine va rencontrer Orazio avec lequel il va se lier d'amitié. Peu à peu, alors que ces êtres créés étaient conçus uniquement pour rapprocher leurs créateurs, ils vont s'étoffer, acquérir une consistance propre, dont leurs créateurs ne parviendront plus à se défaire. Dans une langue magnifique, d'une précision chirurgicale, Vincenzo Cerami nous conte leurs rencontres, leurs promenades, et la façon dont peu à peu, par des riens, la fiction s'incarne dans le réel. Aussi subtil qu'original, "Une présence amoureuse" est un sublime roman d'amour.
Dans "Plus grand que les faits" il est question d'incendies, de cigarettes, d'un homme, d'une femme, de leur rencontre, de la passion qui s'ensuit, de chiens, d'un hôtel, d'un canari. Tous ces détails qui s'entremêlent, s'ajoutent l'un à l'autre, poème après poème dessinent une forme de narration ad minima, dont le lecteur serait comme le monteur (au sens cinématographique du terme). Sur tout cela plane une sensation de menace, comme d'un feu qui couverait sous les cendres. Mais aussi, sous ces cendres, c'est peut-être bien l'amour qui couverait... Ce recueil, le quatrième et le plus important de Jan Baeke, est tout à fait atypique dans le paysage de la poésie hollandaise. La poésie hollandais trouve en général à s'exprimer dans des collections de poème, parfois rassemblés anthologiquement ou thématiquement. Il est très rare qu'un livre de poésie soit, comme ici, un long poem. Et c'est bien comme tel qu'il convient de le lire. Ainsi, au fur et à mesure de la lecture, les différents motifs introduits s'éclairent l'un l'autre et une forme "d'histoire" émerge. Cela même si l'ensemble reste assez mystérieux. Ce recueil a reçu un accueil critique très important aux Pays-Bas où il est considéré comme un livre majeur.
Blanc & Noir" fait partie de cette ?uvre de Jørn qu'il adresse à des revues depuis bientôt dix ans maintenant. Entre la prose "libre" et l'essai théorique sur la poétique, ses textes déploient un éventail large de préoccupations. L'auteur y développe une certaine posture de compilateur. Il circule entre diverses données historiques, esthétiques, linguistiques ou théologiques, dans une écriture qui cherche à être la plus transparente possible mais s'arrêtant toujours en-deçà d'une conclusion permettant à un sens vraiment constitué de prendre. Comme si leurs très grand mystère provenait de la clarté de leur énonciation. Dans Blanc & Noir, un paysage de rivière en hiver renvoie l'auteur à l'image du cygne mallarméen, à la page noire de Sterne et à un rituel funéraire de Roumanie. Tous les motifs s'entremêlent avec une grande simplicité et dessinent une narration qui vient s'achever, littéralement, aux pieds de l'auteur, dans le croisement de l'image d'une jeune enfant et de la neige blanche qui disparaît dans le noir de la rivière. Par certains aspects, la prose de Jørn, ou du moins les effets qu'elle induit, n'est pas sans rappeler, avec d'autres moyens, celle de Conrad Aiken...
Elégies imaginaires" regroupe les poésies complètes de Jack Spicer, traduites ou retraduites par Eric Suchère. Cette édition reprend donc tous les poèmes précédemment traduits et publiés de l'auteur américain (et actuellement tous indisponibles) et y ajoute un bon tiers d'inédits. En guise de postface figure également une des dernières conférences données par l'auteur à Berkeley un mois avant sa mort. Celle-ci, introduite par Peter Gizzi, permet d'éclairer remarquablement la particularité de l'oeuvre du poète américain et son originalité, encore aujourd'hui. Cette édition est complétée d'une brève préface, d'un index complet, d'une courte biographie, d'une bibliographie en anglais et une autre en français. Cette édition clôt donc le travail de traductions de ses oeuvres entamé il y a maintenant près de vingt ans. Cela alors même que plus rien de Jack Spicer n'était plus disponible.