La correspondance entre Voltaire et Catherine II narre une histoire d'amour platonique qui prend la forme d'un dialogue philosophique. Voltaire, fidèle à son culte des grands hommes, sacralise l'impératrice. Celle-ci rejette le rôle de déesse pour celui de disciple. Le sage et la tsarine multiplient les masques épistolaires : le "vieux malade de Ferney" se métamorphose en Alexandre le Grand qui, par son verbe philosophique, féconde Thalestris, la reine des Amazones. Le plaisir narcissique réciproque favorise un enjeu vital : mettre la philosophie au pouvoir. Après son échec cuisant à Versailles et à Berlin, Voltaire prend sa revanche auprès de la cour de Saint-Pétersbourg. Ce triomphe incarnerait la victoire des Lumières, prouverait l'efficacité de la philosophie. Le sage met sa plume au service de la Russie, sans dédaigner les honoraires généreux. En le couvrant de cadeaux, Catherine II reçoit en échange un don inestimable : la réputation de protectrice des Lumières. Comme toute histoire d'amour, la correspondance entre Voltaire et Catherine II passe de la séduction au bonheur parfait et au refroidissement. L'excitation lors de la guerre entre la Russie et la Turquie se transforme en déception en temps de paix. L'échange de lettres, presque hebdomadaire, tarit. Voltaire qui n'est jamais venu en Russie perd sa place de correspondant impérial privilégié. Néanmoins, même après sa mort, il reste le guide spirituel de la tsarine.
Nombre de pages
371
Date de parution
24/05/2006
Poids
562g
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EAN
9782352700074
Titre
Voltaire - Catherine II. Correspondance 1763-1778
Auteur
Stroev Alexandre
Editeur
NON LIEU
Largeur
0
Poids
562
Date de parution
20060524
Nombre de pages
371,00 €
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Quelles stratégies politiques, éditoriales, mais aussi mondaines doivent déployer écrivains, intellectuels et diplomates russes en France afin de conquérir l'opinion publique française ? Sont analysées, plutôt que la réception des ?uvres, les man?uvres qui contribuent à programmer une fortune littéraire, et la part respective qu'y prennent écrivains, éditeurs, traducteurs, journalistes et diplomates. En contribuant à repenser les mécanismes de la sociologie littéraire, c'est un volet inédit des relations littéraires franco-russes que l'ouvrage révèle. Cet ouvrage s'adresse aux amateurs et aux spécialistes.
Gretchanaïa Elena ; Stroev Alexandre ; Viollet Cat
La littérature européenne d'expression française offre une image de l'Europe perçue en tant que fondatrice d'une société qui, depuis le XVIIIe siècle, s'établit au-delà des barrières nationales. Il s'agit de définir l'historique, les contours et les composantes de cette représentation, qui rejoint des préoccupations contemporaines. Les écrits en question concernent plusieurs domaines de la production écrite : poésie, romans, théâtre, mémoires, journaux personnels, correspondances, ouvrages philosophiques et historiques, périodiques. Ouvrant vers une perspective transnationale qui se développe sur une longue période et favorise le rapprochement et l'entente entre différentes cultures, ces textes manifestent et concrétisent l'influence, souvent déterminante, qu'ont exercé et qu'exercent encore dans l'Europe du XXIe siècle la langue et la culture françaises.
En ces années de l'entre-deux-guerres, marquées par des évolutions techniques considérables, le cinéma occupe, à côté du théâtre, une place non négligeable dans la vie d'Antonin Artaud. Cette place fut trop souvent ignorée ou minorée par la critique, peut-être en raison du caractère de divertissement populaire généralement attribué au cinéma, , peut-être aussi à cause des mobiles alimentaires fréquemment invoqués par Artaud lui-même pour justifier sa participation aux tournages. Cependant il eut la chance de tourner avec les plus grands réalisateurs de son temps : Abel Gance, Marcel L'Herbier, Maurice Tourneur, pour le domaine français ; Georg Wilhelm Pabst, Fritz Lang, Karl Theodor Dreyer, pour les domaines allemand et scandinave. Par conséquent, il apparaît dans des films tenus aujourd'hui encore pour des chefs-d'oeuvre du cinéma muet ou parlant. Bien qu'il incarne à l'écran le plus souvent des personnages secondaires, il obtint quelques rôles d'importance, lesquels se distinguent par une interprétation atypique, quasi indissociable de sa personne : Marat dans le Napoléon d'Abel Gance, le moine Massieu dans La Passion de Jeanne d'Arc de Dreyer, le prédicateur Savonarole dans Lucrèce Borgia, d'Abel Gance, ou encore le Rémouleur ange-gardien dans Liliom de Fritz Lang. En sus de sa carrière d'acteur " à-tout-faire ", Artaud s'adonne à l'écriture de scénarios, pratique très en vogue à l'époque, et partagée par nombre de poètes associés de près ou de loin au mouvement surréaliste. Dans le cadre de cet ouvrage, est développée une étude détaillée de ces textes, en prêtant une attention particulière à celui qui servit de support à la réalisation par Germaine Dulac de La Coquille et le Clergyman, considéré comme le premier film surréaliste. Le rapport du poète au cinéma se révèle toutefois ambigu, comme le prouve - à la lecture notamment de ses lettres - l'expression récurrente d'un certain dégoût, sa critique portant aussi bien sur la fadeur ou l'inanité des rôles qui lui sont confiés que sur l'industrialisation croissante du secteur, La condamnation tardive du cinéma par Artaud - condamnation liée à sa machinerie oppressive, tributaire du capitalisme, et à son idéologie visant la colonisation des esprits - n'est pas totale : pour cet éternel révolté, il était impossible d'en finir avec ce médium qui a fortement influencé sa théorie théâtrale
Un moment peu connu de la vie de Picasso. Un tournant dans son oeuvre. Déconcerté par l'art nouveau, victime de la drogue, le peintre allemand Wiegels (celui dont Mac Orlan ferait le héros de Quai des Brumes) se pendit dans son atelier de Montmartre, en 1908. Picasso, qui entretenait un rapport ambigu avec le jeune peintre homosexuel, fut durablement déstabilisé par sa fin tragique. Sa dépression s'accompagna d'une rupture dans son mode de vie et dans son premier style pictural, même si nombre de personnages de son oeuvre (les Arlequins) resteront "wiegelsiens". En même temps qu'elle s'attache au folklore et aux rapins de la Butte à la Belle Epoque, l'étude éclaire "l'homosexualité secrète" de Picasso, selon l'expression de Cocteau. Cette homophilie éclate parfois dans ses toiles et explique le caractère sado-masochiste larvé de certaines de ses amitiés, sa misogynie, son homophobie — exorcisme de protection.
Voici un livre courageux, élégant et érudit. Au-delà du rapport du Coran à la femme qu'on retrouve le long du texte, au-delà de la représentation islamique finement décrite d'un corps féminin diabolisé ainsi que du statut quasi servile de la femme, le livre aborde des questions taboues, se rapportant à l'institution des "mères des croyants". Il en dévoile les non-dits en décryptant le texte sacré selon une démarche nourrie par les sources les plus autorisées. Comme le souligne l'introduction "le thème profond de ce livre est la contestation féminine à la naissance de l'islam et la façon dont les textes religieux, Coran et Sunna, l'ont étouffée et ligotée, en un mot enchaînée". Mohammed Ennaji "n'a pas froid aux yeux" dans son approche du sacré, l'expression est de Régis Debray dans sa préface à un autre titre du même auteur. Elle se vérifie à nouveau dans "Le corps enchaîné".