En ces années de l'entre-deux-guerres, marquées par des évolutions techniques considérables, le cinéma occupe, à côté du théâtre, une place non négligeable dans la vie d'Antonin Artaud. Cette place fut trop souvent ignorée ou minorée par la critique, peut-être en raison du caractère de divertissement populaire généralement attribué au cinéma, , peut-être aussi à cause des mobiles alimentaires fréquemment invoqués par Artaud lui-même pour justifier sa participation aux tournages. Cependant il eut la chance de tourner avec les plus grands réalisateurs de son temps : Abel Gance, Marcel L'Herbier, Maurice Tourneur, pour le domaine français ; Georg Wilhelm Pabst, Fritz Lang, Karl Theodor Dreyer, pour les domaines allemand et scandinave. Par conséquent, il apparaît dans des films tenus aujourd'hui encore pour des chefs-d'oeuvre du cinéma muet ou parlant. Bien qu'il incarne à l'écran le plus souvent des personnages secondaires, il obtint quelques rôles d'importance, lesquels se distinguent par une interprétation atypique, quasi indissociable de sa personne : Marat dans le Napoléon d'Abel Gance, le moine Massieu dans La Passion de Jeanne d'Arc de Dreyer, le prédicateur Savonarole dans Lucrèce Borgia, d'Abel Gance, ou encore le Rémouleur ange-gardien dans Liliom de Fritz Lang. En sus de sa carrière d'acteur " à-tout-faire ", Artaud s'adonne à l'écriture de scénarios, pratique très en vogue à l'époque, et partagée par nombre de poètes associés de près ou de loin au mouvement surréaliste. Dans le cadre de cet ouvrage, est développée une étude détaillée de ces textes, en prêtant une attention particulière à celui qui servit de support à la réalisation par Germaine Dulac de La Coquille et le Clergyman, considéré comme le premier film surréaliste. Le rapport du poète au cinéma se révèle toutefois ambigu, comme le prouve - à la lecture notamment de ses lettres - l'expression récurrente d'un certain dégoût, sa critique portant aussi bien sur la fadeur ou l'inanité des rôles qui lui sont confiés que sur l'industrialisation croissante du secteur, La condamnation tardive du cinéma par Artaud - condamnation liée à sa machinerie oppressive, tributaire du capitalisme, et à son idéologie visant la colonisation des esprits - n'est pas totale : pour cet éternel révolté, il était impossible d'en finir avec ce médium qui a fortement influencé sa théorie théâtrale
Date de parution
13/11/2026
Poids
300g
Largeur
155mm
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EAN
9782352703815
Auteur
Jean-yves Samacher
Editeur
NON LIEU
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155
Date de parution
20261113
Disponibilité
Prévente
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... / L'enjeu de l'ange dans le jeu du je /... / c'est l'anse de la langue qui s'élance /... / et coucou écho qui fait cocu le mot qui l'enfermait /... / ça se dégage gage donné au son qui rebondit [... ] pour lier/lire de nouvelles gerbes de sens / ... Lauses dit les pierres plates de certaines toitures comme les losanges de l'habit d'Arlequin, la juxtaposition ou le recouvrement diversement rythmés des mots dans un texte protéiforme, la conjugaison du verbe "oser" de toutes les manières possibles ce faisant. Des jeux homophones et carnavalesques font surgir pleine page le plus réel tréfonds du langage. Les discours suzerains sont désarçonnés quand des fusées éclairantes relancent et diversifient le sens : polysémiquons ! Ni matériau, ni instrument, ni objet, le langage (re)devient l'élément (é)mouvant dans lequel de l'indéterminé advient et surprend depuis le vide et l'inépuisé. Entrez avec Jean-Luc Lavrille dans la lauseraie de cette lutterature ouïssive ! Christian Cavaillé
Vainqueur du Grand Prix des Nations à dix-neuf ans, recordman du monde de l'heure à vingt-deux et vainqueur du Tour de France à vingt-trois, Jacques Anquetil est un "exemplaire unique" dans l'histoire du cyclisme. Unique pour sa précocité, unique pour un style aujourd'hui encore inégalé. Son palmarès est riche de cinq Tours de France, de deux Tours d'Italie, d'un Tour d'Espagne, de neuf Grands Prix des Nations, et du fabuleux doublé Dauphiné libéré / Bordeaux-Paris. Cas unique aussi, celui d'un grand champion français qui reçut de ses compatriotes plus de sifflets et d'insultes que d'applaudissements, notamment sur les routes du Tour de France. Sa rivalité mémorable avec Raymond Poulidor n'explique pas tout, même si elle porta à leur paroxysme les mouvements d'hostilité. Comment une telle incompréhension a-t-elle pu progressivement s'installer entre le public français et un champion tricolore qui accumulait pourtant les victoires ? Dans Anquetil, le mal-aimé, Yves Jean revient sur le parcours d'un cycliste hors du commun.
A l'heure où l'on s'interroge sur ce que vaut l'école et sur le rôle que la société doit lui assigner dans un monde en mutations rapides nous constatons dans le même temps la pérennité du lien fort qui relie la commune rurale à l'école ; il s'est construit par des choix de société ancrés dans la fin du XIXe siècle. La scolarisation en espace rural constitue à la fois un enjeu éducatif et d'aménagement du territoire. Le flux significatif de nouveaux habitants et la recomposition sociale importante dans les espaces ruraux entraînent des changements sociologiques des familles et des élèves. Face à ces mutations et aux hésitations des politiques successives de l'Etat, la question se pose de la mise en place d'un système socialement et spatialement équitable. Aujourd'hui, les formes d'organisation varient du maintien de l'école de village aux regroupements concentrés ou à la mise en réseau d'écoles dispersées. La territorialisation de la politique éducative et le financement croissant de l'école par les communes, le développement de l'intercommunalité et l'essor des activités périscolaires favorisent un nouveau rôle pour l'ensemble des acteurs : maires ruraux, enseignants et parents. Face à tous ces enjeux, ce livre dresse un diagnostic de l'école rurale qui montre clairement quels sont ses atouts et comment, par leurs initiatives, les acteurs locaux bouleversent en douceur le système éducatif.
Un moment peu connu de la vie de Picasso. Un tournant dans son oeuvre. Déconcerté par l'art nouveau, victime de la drogue, le peintre allemand Wiegels (celui dont Mac Orlan ferait le héros de Quai des Brumes) se pendit dans son atelier de Montmartre, en 1908. Picasso, qui entretenait un rapport ambigu avec le jeune peintre homosexuel, fut durablement déstabilisé par sa fin tragique. Sa dépression s'accompagna d'une rupture dans son mode de vie et dans son premier style pictural, même si nombre de personnages de son oeuvre (les Arlequins) resteront "wiegelsiens". En même temps qu'elle s'attache au folklore et aux rapins de la Butte à la Belle Epoque, l'étude éclaire "l'homosexualité secrète" de Picasso, selon l'expression de Cocteau. Cette homophilie éclate parfois dans ses toiles et explique le caractère sado-masochiste larvé de certaines de ses amitiés, sa misogynie, son homophobie — exorcisme de protection.
Voici un livre courageux, élégant et érudit. Au-delà du rapport du Coran à la femme qu'on retrouve le long du texte, au-delà de la représentation islamique finement décrite d'un corps féminin diabolisé ainsi que du statut quasi servile de la femme, le livre aborde des questions taboues, se rapportant à l'institution des "mères des croyants". Il en dévoile les non-dits en décryptant le texte sacré selon une démarche nourrie par les sources les plus autorisées. Comme le souligne l'introduction "le thème profond de ce livre est la contestation féminine à la naissance de l'islam et la façon dont les textes religieux, Coran et Sunna, l'ont étouffée et ligotée, en un mot enchaînée". Mohammed Ennaji "n'a pas froid aux yeux" dans son approche du sacré, l'expression est de Régis Debray dans sa préface à un autre titre du même auteur. Elle se vérifie à nouveau dans "Le corps enchaîné".
Etat paria de la Corne de l'Afrique, l'Erythrée est aussi un pays superbe, de la mer jusqu'au ciel, de la côte de la mer Rouge aux hauts plateaux du centre. Héritier de l'Empire axoumite, marqué par la colonisation italienne, le pays est également riche en trésors architecturaux aux accents mauresques, Art déco, futuristes et modernistes. Asmara, perchée à 2 300 m d'altitude, ne serait-elle pas la «capitale du style en Afrique» ? Terre d'aventure depuis l'Egypte ancienne, parcourue par Rimbaud, Buzzati, Monfreid, Pratt, Waugh et Malaparte, le temps semble aujourd'hui s'y être arrêté. De vieux Erythréens évoquent toujours l'âge d'or des années 1930, tandis que les jeunes, fuyant chaque mois l'Etat prédateur par milliers, oscillent entre résignation et espoir d'ailleurs. Cet ouvrage est le premier livre de photographies sur l'Erythrée en français. Ses chapitres sur l'histoire, la culture, la société et la politique éclairent ce pays oublié, entre splendeur et isolement.