« Je suis sûr que le lecteur qui rencontrera Armonía Sommers pour la première fois s'arrêtera de lire de temps en temps pour se demander comment fonctionne cette fascination inexplicable qu'exerce le texte sur lui, à quoi ressemble-t-elle. Il s'agit d'un mécanisme de raréfaction du monde, d'une manoeuvre hallucinatoire pour le représenter, d'une fièvre programmée qui interfère entre les mots, les êtres et les choses. L'énergie poétique de la prose propulse ces fictions par agglutinement. Tout dépend de cette énergie et on ne trouvera pas (ni dans les lieux, ni dans le parler des personnages, ni dans le ton du narrateur) un seul trait de couleur locale. La ville, la campagne, les caractères ont une certaine universalité abstraite malgré l'épaisseur de leur matérialité, malgré les jus corporels qui suintent, malgré leurs odeurs et leurs stridences. Chaque circonstance est minutieusement, saturée, volontairement surchargée par l'écriture. » De la préface de Gustavo Espinos
Somers Armonía ; Carrasco Alexandra ; Rinkel Bland
Le jour de ses trente ans, Rebeca Linke se coupe la tête et la raccroche à ses épaules avant de s'enfuir nue dans la forêt. Commence sa vie de femme libre, débarrassée des injonctions sociales et morales, une course vertigineuse, à travers villages et paysages, désir et violence, fascination et rejet. Une femme nue traverse le monde comme une menace et une révélation : Rebeca lève le voile sur les peurs, les fantasmes et l'hypocrisie collective. Publié en 1950 et jugé obscène, La femme nue est un roman-fable incandescent, mêlant réalisme, gothique et fantastique. ?uvre radicale, il explore le désir, la sexualité, la domination sociale et la violence, sous une forme poétique, sensuelle et dérangeante. Son autrice, Armonía Somers, figure majeure et longtemps marginalisée des lettres latino-américaines, déploie ici une écriture inclassable dans un texte d'une liberté rare.
L'été finit mal pour Lily, Maëlle et Chiara ! Les trois copines sont privées de portable, interdites de chat sur MSN et, catastrophe ! elles découvrent qu'elles ne seront pas dans la même classe à la rentrée au lycée ! Pourtant, cette nouvelle année leur réservera bien des surprises, et pour commencer, leur rencontre avec Mélissande, belle et mystérieuse. Cette grande fille aux boucles rousses deviendra-t-elle leur amie ...
Les jumeaux de Castelberjac continuent leur chemin à la cour de Versailles. Louise joue du luth pour la favorite du roi, la marquise de Montespan, et Nicolas a une place de choix au sein des jeunes chantres. A l'occasion d'une grande réception, le roi offre à la Montespan un coffret rempli de sequins d'or pour confectionner sa robe de bal. Mais très vite, la marquise accuse sa couturière, la meilleure amie de Louise, d'avoir volé le coffret ! Une mission de la plus haute importance attend les jumeaux, qui doivent débusquer le véritable coupable... sans quoi l'accusée sera envoyée à la Bastille !
Dans le village de Kilmallock, en Irlande, la belle Fiona lance un défi surprenant: si un musicien arrive à jouer aussi vite qu'elle danse, il pourra l'épouser. Jusqu'à maintenant, tous ont échoué, comme si les pieds de Fiona étaient ensorcelés. Padraig O'Hara un violoniste de passage dans la région, tombe sous le charme de la jolie danseuse et décide de tenter sa chance...
Bentancor Marrtín ; Aubergy Jacques ; Ferrari Alej
Ce livre n'a pas une seule tache d'encre volontaire qu'il faudrait déchiffrer. Quelques photographies l'accompagnent, mais elles ne prétendent qu'engager un dialogue avec les textes et les lecteurs, en aidant l'imagination ou en renforçant l'image intérieure de la Tercera Sección qui se dessine au fil des pages et des mots. La géographie ou l'histoire réelles de ce terroir situé en Uruguay ont moins d'importance que l'autre dimension que la mémoire personnelle, familiale et sociale qui construit un nouvel espace «â??hybride entre celui, réel, de la Tercera Sección et un autre, créé selon ma fantaisie, et qui, avec le temps, a peu à peu dévoré le premierâ??», comme l'a dit Martín Bentancor.
1899. Les ultimes préparatifs de l'Exposition Universelle. Une ère de science et de progrès s'ouvre pour faire oublier les déchirements de l'affaire Dreyfus. Les temps sont à l'optimisme mais voilà qu'une affaire de moeurs sème le trouble et inquiète Paris : dans les tramways, on pique à l'aide d'aiguilles des femmes à l'entrejambe. Lorsque l'une d'entre elles meurt, la presse se déchaîne contre les anarchistes qui exploitent le fait divers pour semer la terreur. Une estampe, mais qu'en sait la Sûreté ? Dans un Paris nostalgique, peuplé de regrets, Nino, un vieux militant hanté par le souvenir des violences et des échecs, enquête pour mettre hors de cause les mouvements libertaires, avec l'aide inopinée d'un Oscar Wilde en butte aux affres de l'exil, bien décidé à réaliser son dernier chef-d'oeuvre : le dynamitage de la tour Eiffel. Un roman d'aventures baroque, à la manière des feuilletons du XIX siècle, qui ressuscite un Paris populaire, ouvrier et solidaire, loin des clichés de la ville Lumière. Mêlant aphorismes précieux et argot fin de siècle, Sébastien Rutés salue dans un hommage tendre et décalé l'anarchisme parisien et le poète irlandais qui vit ses derniers jours entouré de personnages réunis par la défaite des idéaux.