Siza est à part. Indépendant, discret, il compte dans le monde de l'architecture parmi les plus grands et s'y est fait un nom à force de conviction profonde. Il parle à voix basse et porte sur les choses un regard pénétrant. De l'objet à la ville, son oeuvre, saluée partout et largement commentée, atteint une sorte de grâce qui échappe aux théories. Et, à défaut d'explications savantes, c'est par petites touches qu'on peut esquisser les contours du personnage, témoin de son époque et lucide devant les déséquilibres du monde. On dit qu'il dessine comme un ange, qu'il n'écrit pas sinon quelques textes épars, qu'il allume des cigarettes et oublie de les fumer, inséparable de ses cahiers noirs. Et de sa pratique de l'architecture, on n'a pas trouvé mieux que de dire qu'elle est poétique, et de lui qu'il est un poète. Que pouvaient alors soixante-cinq textes de lui à part ça ? Rien. Sinon tenir dans une main tant de choses à la fois, une vie d'homme, d'artiste, architecte de surcroît ; une place dans le monde à quoi rien ne correspond.
Nombre de pages
237
Date de parution
18/10/2024
Poids
618g
Largeur
167mm
Plus d'informations
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EAN
9782863644539
Titre
Celui qui n'écrivait pas
Auteur
Siza Alvaro ; Machabert Dominique
Editeur
PARENTHESES
Largeur
167
Poids
618
Date de parution
20241018
Nombre de pages
237,00 €
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Ce livre constitue un plaidoyer, par l'un des architectes majeurs de notre époque, destiné à éduquer le regard pour apprendre à observer notre environnement sans focalisation excessive sur ce qui peut apparaître "nouveau". Pour Alvaro Siza, imaginer ne consiste pas à "inventer" des éléments extraordinaires mais principalement à s'imprégner et à organiser différemment ce que le passé, les lieux ou les autres cultures nous livrent d'idées, de processus, de formes... L'architecte doit pouvoir être qualifié d'humaniste au sens où il cherche à servir avant tout les hommes pour lesquels ses bâtiments sont destinés. Il ne doit pas chercher a priori la prouesse technique ou plastique ce qui pourtant semble constituer la caractérisation d'une architecture contemporaine mondialisée. Pour Siza, l'un des fondamentaux reste bien le lieu, le site et sa prise en compte dans ses interactions avec l'"humain", au centre de toutes les contraintes d'un projet. Ces textes (illustrés de dessins originaux) témoignent de la démarche originale et respectueuse d'un très grand architecte.
Le présent volume est le dernier de la saga presque presque transparente, capturée par Guillaume Geneste entre le printemps 2012 et l'hiver 2016. Presque transparente, puisque ce sont des situations organisées en images par un photographe, même s'il est muni d'un appareil amateur. L'identité qui se noue entre le regard et la main, puis entre eux, le corps et la mémoire écrit l'histoire d'un photographe. Un photographe travaille un univers magique, fait de suspensions, de présence-absence, de codification, d'alchimie ou, comme le souhaite Vilém Flusser, d'aspiration à la liberté. Et cette liberté, qui est davantage résolution et volonté que sentiment, est aussi exclusive que l'amour, celui qu'évoquait Beaumarchais, et avec qui elle partage la qualité qu'il lui attribue et qui sert ici de titre à cette analyse : trop n'est même pas assez." Tereza Siza
Patrick Bouchain est un architecte, urbaniste, maître d'oeuvre et scénographe français. C'est un pionnier du réaménagement de lieux industriels en espaces culturels (le Lieu unique à Nantes, la Condition publique à Roubaix, Le Channel à Calais...). Partisan d'une méthode collaborative avec les habitants, permettant de définir une stratégie collective pour aborder les questions urbaines, son action est guidée par sa liberté, son goût de l'expérimentation, son appétence pour les territoires et les sites. Son travail vise à promouvoir le " possible ignoré ", sortir des standards pour que le temporaire débloque des situations figées, en jonglant, si nécessaire, avec la législation. Et toujours conserver une forme d'inachèvement qui accueille l'imprévu.
Comment comprendre le paysage ? Dépassant l'idée d'un spectacle inerte ou d'un simple "objet", cette série d'études déploie au contraire celle d'un milieu dynamique : le paysage doit être considéré comme une "relation". A partir de la marche, de la danse, du mouvement en général, en dialogue avec le théoricien John Brinckerhoff Jackson, la danseuse Anna Halprin et l'architecte Lawrence Halprin, le collectif Stalker, les artistes Carl Andre, George Trakas ou Mattias Poisson, c'est l'expérience même du paysage qui est appréhendée et explorée ici. Une expérience qui s'enrichit des figures particulières de désorientation que l'art donne l'occasion de mieux révéler. Des formes de représentation comme la carte et la riche production créative qui l'accompagne, ou la photographie aérienne qui bouscule les échelles et la perception des territoires, offrent une manière différente de regarder. Dès lors, le déplacement horizontal se double implicitement d'une vision verticale ? une autre façon de traverser le paysage. Une même conviction parcourt ces écrits : pour comprendre et transformer nos paysages, pour y vivre et pour les aimer, il nous faut mobiliser un goût esthétique et un imaginaire productif, donnant à l'art, à la philosophie, à l'anthropologie un rôle essentiel.
Le 15 avril 2019, le spectacle de l'incendie de Notre-Dame de Paris émeut le monde entier. L'heure est aujourd'hui aux projets de reconstruction de son extraordinaire charpente et de sa flèche, entièrement détruites. Chef-d'oeuvre médiéval, la cathédrale n'en est pas à sa première réfection. Au début du XIXe, après deux siècles de dégradation continue, Notre-Dame voit son sort basculer. Viollet-le-Duc est alors chargé de sa restauration. Publié en 1856, la Description de Notre-Dame constitue un guide des différentes parties de la cathédrale et de l'ensemble de son appareil sculptural, tant extérieur qu'intérieur. C'est un vocabulaire précis et détaillé, enrichi, pour en faciliter la lecture et la compréhension, de dessins et de gravures de la main de l'architecte.
Longtemps vu comme un artiste de prestige, appelé par la vocation et protégé par le "Prince", l'architecte est aujourd'hui amené à évoluer dans un contexte fortement dominé par le néolibéralisme mondialisé. Au cours des dernières décennies, la créativité personnelle, le travail immodéré, le "colloque singulier" avec la clientèle qui caractérisaient sa pratique ont progressivement cédé le pas à une logique comptable calquée sur les méthodes de l'entreprise. En matière de construction, privée comme publique, la priorité est désormais à la rationalisation des processus de production, aux démarches qualité, au New Public Management, et au recours aux contrats globaux (partenariats public-privé et contrats de conception-réalisation) qui sécurisent les commanditaires. Si quelques figures charismatiques de l'architecture font durer l'illusion, la profession, viscéralement attachée à son statut d'acteur culturel, traverse une véritable crise d'identité. Comment ne pas "perdre son âme" dans cette nouvelle donne ? A quels outils, compétences, stratégies recourir pour s'adapter ? Et, in fine, la voie néolibérale est-elle la seule possible ?