Malgré les espoirs nourris par les démocraties après la Seconde Guerre mondiale, malgré la tentative de construire un ordre international fondé sur le multilatéralisme et malgré la dissuasion nucléaire, la guerre ne cesse de se rallumer en de multiples points du monde, y compris aux portes de l'Europe. Depuis 2022, la guerre en Ukraine a réactivé d'anciens débats : rationalité et justification morale de la guerre, nature des interactions stratégiques entre acteurs du conflit, mobilisation de la population civile, légitimité et efficacité des sanctions contre l'agresseur. Elle soulève également de nouvelles questions. Du côté de la Russie, la guerre fait-elle l'objet d'un consensus au sein des élites ? Pour l'Union européenne, est-elle l'occasion d'une cohésion approfondie, à l'image de l'accueil coordonné des réfugiés ukrainiens ? Ce conflit illustre également l'étendue des armes et des cibles de guerre, des plus traditionnelles telles que l'eau aux outils de communication les plus modernes.Les douze contributions réunies dans ce volume abordent ces questionnements à l'aide des outils propres à différentes disciplines des sciences sociales et humaines. La plupart se rapportent à la guerre en Ukraine, mais certaines ramènent le lecteur au Moyen Âge ou à l'Antiquité, tandis que d'autres appréhendent la manière d'écrire l'histoire de la guerre ou de la représenter dans une ?uvre picturale.Table des matières : Introduction, par Claudia SenikI. Morale et rationalité dans la guerre1. Du combat à l'histoire : Howard Zinn, le napalm et Royan, par Ambre IvolLe déclencheur de mémoire : l'usage du napalm dans deux guerres très différentesFaire de l'histoire radicalePrendre la suite : révisions et prolongements historiques2. L'acceptabilité morale des sanctions économiques à l'égard d'un État en guerre : les citoyens de l'Union européenne entre idéalisme moral et réalisme politique, par Christine Noël LemaitreLes sanctions économiques de l'Union européenneL'acceptabilité morale des sanctions et ses déterminantsL'acceptabilité morale des sanctions économiques de l'UE : entre réalisme politique et idéalisme moral3. La Guerre des Juifs contre les Romains en 66-73 était-elle rationnelle ? Par Michaël GirardinL'irrationalité des causes rationnellesLa rationalité des causes irrationnellesLa pluralité des rationalités incompatibles4. Goya, Gros et Géricault face à la guerre : beauté, horreur et vacuité, par Ozvan BottoisFonctions et valeurs de la représentationRésistance et répressionHéroïsme et horreurPensées d'anonymeHorreur et vacuitéII. Russes et Européens dans la guerre en Ukraine5. Les Russes face à la guerre en Ukraine : une épineuse question, par Ekaterina GloriozovaSonder l'insondable : l'opinion publique en contexte autoritaireDécentrer le regard : la contestation à travers les pratiquesL'ambivalence du politique au prisme du qualitatifFaire face à l'incertitude et à la peur : les opinions politiques comme moyen de réassuranceConstruction du consensus et clivage générationnel6. Consolidation du consensus élitaire, dispersion du pouvoir d'État : les conséquences paradoxales de la guerre en Ukraine sur la Russie de Vladimir Poutine, par Victor ViolierLa consistance du consensus politique en situation autoritaireLes structures de force, colonne vertébrale du régime de Vladimir PoutineLe resserrement du pouvoir autour des structures de force et la caporalisation de la frange libérale de l'éliteLa pression des milieux nationalistes : une opposition qui concourt à la radicalisation du champ politique russe dans le contexte de la guerre en UkraineUne recomposition des acteurs au sommet du pouvoir russe et une reconfiguration des frontières de l'ÉtatLes conséquences paradoxales de la guerre en Ukraine sur le consensus des élites et le pouvoir d'État7. Dans la guerre d'Ukraine, l'Union européenne se révèle-t-elle comme l'État des Européens ? Par Sylvain KahnUne approbation nette du soutien à l'UkraineUne satisfaction massive à l'égard de la politique humanitaire et d'accueil, une approbation nette et différenciée du soutien financier et des sanctionsUne approbation majoritaire et différenciée du soutien militaireUn patriotisme européen ?Face à la guerre, une demande d'étaticité européenne8. La protection et l'accueil des exilés de guerre ukrainiens, par Jean-Louis ItenUne protection adaptée à l'urgenceAccélérer la réponse au besoin de protectionFaciliter un accueil satisfaisantUne protection imparfaiteLes limites à court termeLes limites à plus long termeIII. Formes anciennes et modernes de la guerre9. Le chiffrement peut-il sauver des vies ? Les messageries sécurisées et leur infrastructure comme lieux de complémentarité entre la cyberguerre et la guerre conventionnelle : le cas de l'Ukraine, par Francesca MusianiUne perspective de sciences sociales sur le chiffrement et son infrastructureHistoire(s) des dispositifs de communication en temps de guerreMessageries chiffrées, des outils stratégiquesAu-delà du chiffrement : les infrastructures de communication comme outils de survie en temps de guerreLe chiffrement, entre la " guerre pour la gouvernance de l'Internet " et les nouvelles guerres10. L'eau comme arme et cible de guerre : quelle(s) réponse(s) du droit international ? Par Marion LarchéLa révolution juridique portée par le droit international humanitaireLes insuffisances du droit international humanitaireLa difficulté d'engager la responsabilité des auteurs de crimes de guerreQuelles (res)sources pour dépasser les lacunes du droit international humanitaire ?La saisine prometteuse des juridictions de protection des droits de l'homme ?11. La Défense à l'ère du New Public Management, par Violette LarrieuUne mise en oeuvre sans équivoque du New Public Management dans la Défense" Le ministère de la Défense a utilisé vraiment tous les cabinets de conseil de la place "La consolidation d'une élite modernisatrice de la DéfenseUne " modernisation " sous tension12. La ville assiégée ou la militarisation d'une société (France, fin du Moyen Âge), par Laurent VissièreLa ville et son enceinteLa ville et ses défenseursModalités du guet et de la gardeLes limites du systèmeBourgeois militarisésLe rôle des non-combattantsEntretenir le moralLa Fondation pour les sciences socialesLes lauréats 2022 de la Fondation pour les sciences sociales.
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Nombre de pages
240
Date de parution
28/03/2024
Poids
300g
Largeur
139mm
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EAN
9782348083099
Titre
Un monde en guerre
Auteur
Senik Claudia
Editeur
LA DECOUVERTE
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300
Date de parution
20240328
Nombre de pages
240,00 €
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Le bien-être au travail ne se réduit pas à de simples facteurs individuels et psychologiques. Il tient largement à la structure des entreprises, à leur type de management et à leur climat social, qui peuvent aussi engendrer de grandes souffrances. En s'appuyant sur des recherches récentes, françaises et internationales, l'économiste Claudia Senik met au jour les sources profondes, parfois invisibles, d'un bien-être au travail dont l'impact sur la vie sociale et économique est considérable. Elle passe en revue tous les leviers dont les services de ressources humaines devraient s'emparer pour accroître l'épanouissement professionnel de leurs salariés : autonomie, perspectives de progression, valorisation symbolique des fonctions, transparence des modes de différenciation salariale, etc.
La pandémie de covid-19 a suscité une réaction politique particulièrement forte de la part de tous les gouvernements du monde. Elle ne constitue pourtant pas un phénomène inédit, ni par son ampleur ni par sa gravité. La chronique des pandémies connues est longue, depuis la peste noire de 1347 en passant par la grippe espagnole de 1918 et, plus récemment, le sida, le SRAS, Ebola, la dengue, etc. L'équilibre dynamique entre bactéries, virus et humains bascule souvent dans des spirales qui déciment ces derniers. Récurrentes et universelles, les pandémies sont révélatrices des sociétés qu'elles frappent, notamment dans le rapport à la mort et aux morts, la confiance dans la science et le politique, les réactions psychologiques face à l'incertitude et le besoin de scénarios prospectifs pour les gouvernants. C'est ce qu'illustrent les études de cas réunies dans cet ouvrage collectif, dont les éclairages inédits sont issus de différentes sciences sociales et humaines.
L' un des principaux héritages de la pandémie de covid-19 est certainement l'extension des interactions fondées sur les technologies numériques de l'information, en particulier le travail à distance. Dans la plupart des pays, la situation a imposé un recours massif au télétravail pour tous ceux qui le pouvaient. Ce choc a accéléré une évolution ancienne, mais lente et inégale, alimentée par la numérisation de l'économie, permettant à certains de travailler en dehors des locaux de l'entreprise, à domicile ou ailleurs. Le télétravail, au moins partiel, est entré dans les moeurs et pourrait concerner aujourd'hui près de la moitié des emplois dans les pays développés. Après deux cents ans de séparation, le retour au domicile de l'activité économique soulève d'importants défis juridiques. Il est aussi porteur d'interrogations quant aux effets sur le bien-être des travailleurs : liberté accrue ou désocialisation, facteur d'innovation et de coopération renforcée ? Quelles sont les limites à l'extension du travail à distance ? A-t-il touché différemment les hommes et les femmes ? Les travaux réunis dans cet ouvrage, issus de différentes disciplines des sciences humaines et sociales, apportent des éclairages inédits sur ces questions.
Présentation de l'éditeur La modernité démocratique a fait du bonheur une idée neuve, un principe constitutionnel, presque un devoir. Dès lors que l'individu est reconnu comme la figure centrale du monde, son bonheur devient l'objectif de la société tout entière. Si le bonheur est in fine la mesure de tout choix, il importe de lui trouver une métrique, même approximative. C'est pourquoi un nouveau matériau, accumulé depuis une quarantaine d'années, vient étendre le champ des grandeurs observables par les chercheurs en sciences sociales. Il s'agit du niveau de bonheur déclaré par les individus lors des grandes enquêtes auprès de la population, qui vient s'ajouter aux grands indicateurs mesurant la richesse d'une société. La problématique centrale de l'économie du bonheur concerne la croissance. Cette dernière rend-elle vraiment les gens plus heureux ? Dans le cas contraire, faut-il mesurer le bien-être au-delà du PIB, voire changer de modèle économique ?
En tant que femmes, nous sommes tous les jours les cibles d'interpellations, de harcèlement, d'agressions verbales, physiques ou sexuelles plus ou moins graves, plus ou moins violentes, au travail, dans l'espace public et privé. Souvent nous ne savons pas comment réagir, comment dire non, et comment faire comprendre que, lorsque nous disons non, c'est non. L'autodéfense pour femmes - qui n'a rien à voir avec du kung-fu -, ce sont tous les petits et grands moyens de se sentir plus fortes, plus sûres de soi et plus aptes à se protéger et à se défendre dans toutes les situations de la vie quotidienne, que ce soit au niveau mental, émotionnel, verbal ou, en dernier recours, physique. Comment reconnaître et prévenir une situation d'agression ? Comment réagir efficacement, savoir se protéger et éviter la violence ? Ce guide pratique propose une série d'astuces simples et faciles pour poser ses limites et se sortir de situations difficiles : identifier le type d'agression et la psychologie de l'agresseur, utiliser et gérer ses émotions, prévenir la violence par la défense verbale et la désescalade du conflit, mobiliser des tactiques de diversion et de fuite, faire jouer la solidarité, savoir où frapper pour faire mal... Contre tous les stéréotypes qui interdisent habituellement aux femmes de prendre leur sécurité en main, il faut apprendre à dire non et oser se défendre.
Que signifie "protéger la nature" ? Répondre à cette question concrète, urgente, suppose d'affronter une question proprement philosophique. Car la notion même de "nature" ne va plus de soi. On a pris l'habitude d'aborder l'environnement à partir des oppositions entre nature et culture, naturel et artificiel, sauvage et domestique, que la globalisation de la crise environnementale a effacées : le changement climatique remet en cause la distinction traditionnelle entre histoire de la nature et histoire humaine. Ces oppositions tranchées n'ont plus lieu d'être, mais leur effacement ne signifie pas pour autant le triomphe de l'artifice. On peut continuer à parler de "nature" et même en parler mieux, parce qu'il n'y a plus à choisir entre l'homme et la nature, mais plutôt à se-soucier des relations entre les hommes, dans leur diversité, et la diversité des formes de vie. Que l'on s'intéresse à la protection de l'environnement, aux techniques ou à la justice environnementale, cet ouvrage montre qu'il est possible de concilier le souci de la nature, la diversité des cultures et l'équité entre les hommes ; et qu'il existe aussi des manières d'agir avec la nature et pas contre elle.
Narcisses pathologiques mégalomanes, prêts à tout pour réussir, Narcisses vulnérables, hypersensibles à la critique, dissimulant leur désir de toute-puissance derrière une façade d'humilité, les Narcisses sont de tous les fronts et font recette. Pour s'en prémunir, il faut pouvoir les reconnaître : Marie-France Hirigoyen propose ici une grille de lecture explicite et salutaire. Dans un monde toujours plus compétitif, les Narcisse occupent des positions de pouvoir au sein des affaires ou des médias, voire à la tête des Etats. Certains observateurs, confondant narcissisme et confiance en soi, considèrent que le renforcer permettrait d'affronter les maux de l'époque. Pourtant, les " psys " dénoncent régulièrement le rôle désastreux du narcissisme ambiant sur leurs patients : solitude, souffrance au travail, désordres amoureux... Pour comprendre cette réalité paradoxale, Marie-France Hirigoyen propose une enquête détonante nourrie de sa clinique. Elle pointe la confusion entre le narcissisme sain, qui permet d'avoir suffisamment confiance en soi pour s'affirmer, et le narcissisme pathologique consistant à se mettre en avant aux dépens des autres. Elle reprend la genèse de ce concept dans la psychanalyse freudienne, puis dans la psychanalyse américaine, qui l'a transformé en mettant l'accent sur l'" estime de soi " - participant ainsi d'un glissement de sens emblématique. Emaillé de nombreuses études de cas, histoires et récits de vie, ce livre explique ainsi de manière vivante et originale les dérives du monde moderne, où de plus en plus d'individus sont centrés sur eux-mêmes, " scotchés " à leurs écrans, " accros " aux réseaux sociaux pour se valoriser et exister uniquement dans le regard de l'autre. Mais il invite aussi, grâce à un dialogue renouvelé entre psychanalyse et sociologie, à mieux comprendre les traits narcissiques pour contrer l'ascension des Narcisse tout-puissants. Un projet indispensable pour notre avenir commun.
Depuis une dizaine d'années, les caméras de vidéosurveillance ont envahi notre paysage urbain. Une frénésie sécuritaire qui fait déjà l'objet d'abondantes critiques mais qui dissimule encore ses véritables failles, systémiques, techniques, juridiques, tout en banalisant chaque jour un peu plus une idéologie d'autosurveillance généralisée. Depuis les années 2000, les caméras de vidéosurveillance et de vidéoprotection ont envahi notre paysage urbain. Cette nouvelle manière de protéger la population fait couler beaucoup d'encre. Or les prismes dominants (sécurité versus liberté) et les images mobilisées (du Panoptique à Big Brother, en passant par Minority Report), en disent plus sur les fantasmes collectifs que sur les réalités concrètes de ce dispositif. Dans ce récit d'enquête, au plus près des expériences et des représentations des acteurs publics et privés qui utilisent la vidéosurveillance au quotidien, Elodie Lemaire passe au crible les idées reçues sur cet oeil sécuritaire, pour mieux en identifier les vrais dangers. En nous faisant pénétrer dans les salles de contrôle et les coulisses des tribunaux, l'auteure montre que les usages de la vidéosurveillance sont loin d'être conformes à sa réputation de " couteau suisse de la sécurité " ou de " reine des preuves ". Mais ces limites cachent d'autres dérives bien réelles, comme la banalisation d'une idéologie qui construit progressivement notre vision sécuritaire du monde social.