La ville du vingtième siècle n'est pas l'ouvrage d'un historien. Si le souci d'un découpage historique pertinent est annoncé dans l'introduction, l'identification de grandes périodes n'est pas la priorité de l'auteur:«Ce livre n'est pas et ne veut pas être le récit des événements du XXe siècle qui concernent la ville [...]; ce n'est pas non plus un ouvrage de vulgarisation, mais l'exposition de plusieurs hypothèses qui ont mûri en observant les archives de faits et de récits dont l'ampleur est celle que permet une expérience personnelle.»Ce sont en effet ces hypothèses, représentations intellectuelles du fait urbain, qui structurent l'ouvrage. Trois récits qui fournissent à l'auteur des clefs de lecture de la ville du XXe siècle, de ses périodisations et des principaux projets qui l'ont concerné.Le premier porte sur l'expansion et la dissolution de la ville, histoire d'une peur et d'une attente de la disparition du fait urbain dans l'urbanisation totale du territoire.Le second concerne la fin de la ville moderne et avec elle l'idée que la construction de la ville puisse faire partie d'un plus vaste projet d'édification d'une nouvelle société, ou même d'un «homme nouveau».Le troisième est celui des aspects matériels du Welfare, c'est-à-dire «d'une recherche patiente des dimensions physiques et concrètes du bien-être individuel et collectif.»L'ouvrage comprend alors trois chapitres thématiques, illustrés par des exemples dont chacun éclaire les intentions de l'auteur - Les Hauts de Rouen, Milton Keynes et NWMA. Ces projets de transformation ou de création de grands territoires tiennent lieu de contrepoint à une réflexion plus vaste sur la ville du XXe siècle.Bernardo Secchi enseigne l'Urbanisme à l'IUAV de Venise. Il a étudié et conçu des plans et des projets pour Sienne, Bergame, Prato, Pesaro, Brescia, Genève, Marseille, Rennes, Rouen et Anvers. En qualité de participant à la consultation internationale pour le Grand Paris, il a été invité à réfléchir sur le futur de l'agglomération parisienne. Il est l'auteur de Squilibri regionali e sviluppo economico (Déséquilibres régionaux et développement économique), Marsilio, 1974; Il Racconto urbanistico (Le récit de l'urbanisme), Einaudi, 1984; Prima lezione di urbanistica, Laterza, 2000 (Première leçon d'urbanisme, Parenthèses, 2005), et de nombreux essais publiés dans les revues d'architecture et d'urbanisme.
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Nombre de pages
226
Date de parution
25/06/2009
Poids
240g
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EAN
9782862220642
Titre
La ville du vingtième siècle
Auteur
Secchi Bernardo ; Grillet-Aubert Anne
Editeur
RECHERCHES
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0
Poids
240
Date de parution
20090625
Nombre de pages
226,00 €
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Alors que la pression pour construire d'énormes quantités de logements (...) semble avoir diminué, tandis que la pression pour "modifier" l'existant est forte. Je soutiens qu'il ne s'agit pas seulement de penser à modifier l'usage de ce qui existe déjà ou de le remplacer par une nouvelle architecture, de combler les parties des villes inachevées, mais qu'il s'agit aussi aujourd'hui de concevoir le sol de manière non triviale, réductrice, technique et inarticulée".
Cet ouvrage n'est pas un traité d'urbanisme: il s'inscrit dans une tradition qui, en langue française, s'est ouverte avec les Introduction à l'urbanisme d'un Marcel Poëte ou d'un Pierre Lavedan. Le renouvellement de la réflexion est évident. Cette initiation à l'urbanisme s'inspire non seulement des disciplines classiques mais de celles qui se sont épanouies dans les dernières décennies: sciences du langage et des signes, archéologie du savoir, anthropologie et même musicologie. Métaphore mais surtout analogie placent ainsi l'urbanisme à un carrefour de savoirs et de savoir-faire. La périodisation historique proposée par l'auteur est originale. L'histoire de l'urbanisme, à la fois reflet et moteur de l'histoire urbaine, s'enracine dans la modernité depuis la Renaissance: long parcours aux avatars multiples, dont le court XXe siècle marque à la fois le chant du cygne et la désagrégation. Ainsi passe-t-on à la ville contemporaine, la sprawl city, mais qui est loin de s'établir en table rase. Quels sont les effets de cette mutation sur les modes d'intervention de l'urbaniste, sur sa culture, sur sa philosophie même? Car il ne s'agit pas seulement de répondre aux caractères de la ville contemporaine mais d'en engager l'avenir. C'est le sens de la notion de projet. Pour Bernardo Secchi, l'urbaniste reste un auteur: au-delà des savoirs et des savoir-faire ne doit-il pas respecter une déontologie?
La porosité est une notion déterminante pour penser la ville contemporaine. Elle s'inscrit dans une conception renouvelée de la mobilité, qui enchevêtre les dimensions sociale et physique. Comprise comme une métaphore, elle sert à penser l'adaptabilité et la stratification des tissus, des eaux, de la végétation et des dynamiques de la nature. La ville poreuse est né de la réflexion menée par Bernardo Secchi et Paola Vigano sur le Grand Paris et la métropole de l'après-Kyoto, à partir de la mission de recherche et projet lancée par la Présidence de la République en 2008. L'hypothèse des auteurs est que toute métropole devra, à l'avenir, se confronter à une "nouvelle question urbaine" qui se décline en trois situations de crise, liées à la croissance progressive des inégalités sociales, à l'accroissement des risques environnementaux et à la mobilité au sens large, sur fond d'une crise économique et politique d'ampleur. Agir sur la structure spatiale de la métropole et de son imaginaire, garantir une accessibilité généralisée, donner de l'espace à l'eau et aux relations biotiques, procéder par stratifications pour réduire la consommation d'énergie: ce sont les stratégies fondamentales d'une solution non élitaire à ces problèmes. Une démarche rigoureuse étaye l'hypothèse de recherche et de projet, dans une relation très féconde entre conceptualisation, description, exploration du futur et représentation. Un "vaste programme", mais aussi un projet possible, sont exposés dans ce livre.
Résumé : Le creusement des inégalités sociales est un des défis majeurs du 21e siècle. En saisir les causes réclame toutefois de dépasser la seule grille d?analyse économique et d?appréhender ce creusement dans le lieu de son inscription la plus concrète, la ville. Considérée depuis tout temps comme l?espace de l?intégration sociale et culturelle, la ville a également été, tout au long de son histoire, le théâtre de stratégies de distinction de plus en plus complexes. Les gates communities cernées de favelas, pour extrême que soit cet exemple, en sont la matérialisation actuelle la plus significative. Influencées par la double rhétorique de la sécurité et de la différence et guidées par le marché et sa rationalité unilatérale, les stratégies de distinction contemporaines impriment leurs marques au coeur de l?espace urbain : de sociales, les inégalités deviennent spatiales, et toutes deux, se renforçant mutuellement, favorisent des régimes de ségrégation territoriale dévastateurs. Les urbanistes portent, selon Bernardo Secchi, de lourdes responsabilités quant à cette dérive. Il livre dans cet ouvrage une réflexion lucide et claire sur l?histoire et les mutations récentes de la ville et avance des solutions pour faire face à ce qu?il nomme la " nouvelle question urbaine ". Il plaide pour une ville poreuse, perméable et accessible. Son projet se veut ambitieux : il doit tenir compte des qualités des villes qui nous ont précédés et donner forme à une nouvelle conception du collectif.
Au-delà de la valeur littéraire d'une écriture, dont l'influence souterraine sur la littérature contemporaine est de plus en plus reconnue, au-delà de l'effort d'élucidation critique des essais, l'oeuvre de Maurice Blanchot, depuis Thomas l'obscur jusqu'à Discours sur la patience, ouvre une série de questions que notre époque se pose encore sous une forme confuse. Le parti pris de Blanchot pour la littérature a eu pour conséquence, voulue ou non, de constituer un dehors de l'oeuvre littéraire où, étroitement dépendant de l'écriture, s'édifiait un autre monde pour les hommes. Cet autre monde, dont nous parvient la rumeur prolixe et sourde, fût-il le produit d'une passion pour l'écriture, appartient à tous, à la communauté anonyme, mais à ce point piégé dans un rapport au langage et aux exigences dialectiques et sociales, qu'il est réduit au silence, et cela presque politiquement. C'est de ce monde recouvert que l'oeuvre de Blanchot se fait l'écho. Le dehors, le neutre, l'incessant, l'immédiat, la dissolution du présent et du sujet, l'absence de livre, ces termes n'appartiennent pas seulement à l'espace littéraire, ils commencent aussi à dessiner le monde à venir. Mais peut-être est-ce à condition d'en parler comme " parle " la littérature, que ce monde viendra au jour. Ce monde exige de nous une adhésion agissante, dont la portée est politique, et s'exprimant sous le terme de non-pouvoir.
Pendant près de dix ans à Paris, un vieux juif a occupé le temps libre que lui laissait son métier de tailleur à écrire le livre de sa vie, le livre de sa traversée du siècle. Voilà un récit unique qui nous vient de ce qui sera peut-être la dernière génération des Juifs polonais nés en Pologne ; voilà l'évocation de cette longue marche du stalinisme qui mena bon nombre de ces Juifs des synagogues de Pologne aux camps de déportation soviétiques. Moshé, né à Zamosc en 1909, raconte cette histoire d'amour entre un peuple et la révolution. Il nous raconte la Pologne des Juifs et des militants, où depuis mille ans campent quelque trois millions de Juifs harcelés par des Polonais qui n'en finissent jamais de cuver leur antisémitisme. Alors, pour expurger le monde de ses injustices sociales et raciales, Moshé a choisi le communisme. Il est de ces hommes tutoyés par la victoire d'Octobre toute proche ; la génération des héros, des martyrs, des tchékistes aussi. Poursuivi pour ses activités politiques, Moshé fuit la Pologne en 1929, la veille de son procès. Réfugié en France, il travaille et milite dans la M.O.L. et dans le Secours rouge. En 1933, il gagne l'U.R.S.S., est arrêté en 1937. Il restera dix ans au goulag, mais il n'aura pas renié son passé militant.