Extrait Extrait du prologue Je suis toujours sceptique quand un écrivain raconte son enfance en détail. Peut-être suis-je jaloux qu'il garde une vision si claire de ses jeunes années alors que mon propre passé semble avoir disparu depuis longtemps. Ce qui m'a permis de mettre un peu d'ordre dans tout ça, c'est qu'à l'âge de dix ans, l'écriture m'intéressait. J'écrivais des nouvelles. L'ennui, c'est que je ne connaissais pas grand-chose à la vie. Et que je n'ai pris aucune photo, ni rien gardé en souvenir. Il y avait des choses auxquelles je tenais mais je croyais qu'elles seraient toujours là. Tout comme moi. Il y avait Jackson, dans le Tennessee. Malgré tous mes voyages - à Chicago, New York, en Alabama, à Memphis, ou même à Porto Rico l'été 1960 -, je savais toujours que j'allais rentrer chez moi à Jackson. C'est là que ma grand-mère et son mari s'étaient installés. C'est là que ma mère et ses frère et soeurs étaient nés et avaient grandi. C'est là que j'avais été élevé, dans une maison de South Cumberland Street qu'ils considéraient tous comme leur maison, quoi qu'ils fassent et où qu'ils le fassent. C'étaient les personnes les plus importantes de ma vie et cette maison c'était chez eux. C'est là que j'ai commencé à écrire, que j'ai appris à jouer du piano, que j'ai commencé à vouloir écrire des chansons. C'est à Jackson que j'ai entendu de la musique pour la première fois. C'était ce qu'on appelait le «blues». Ça passait à la radio. Ça passait sur les juke-box. C'était la musique de Shannon Street au Fight's Bottom le samedi soir quand elle tonitruait et que le whisky de contrebande de Memphis coulait à flots. Le blues aussi venait de Memphis. Shannon Street était un sujet tabou chez moi, une chose qui n'effleurait même pas ma grand-mère. On n'écoutait jamais de blues chez nous. Notre maison se trouvait à côté du salon funéraire Stevenson and Shaw's. Le gérant s'appelait Earl Shaw, un des hommes les plus charmants que j'aie eu le plaisir de connaître. Sa femme était une bonne amie de ma mère, et nos familles étaient si proches que j'ai considéré ses enfants comme mes cousins pendant des années. De toute évidence, les affaires du salon funéraire marchaient bien parce que je me souviens clairement du jour où M. Shaw a acheté un immeuble dans East Jackson. Les déménageurs sont venus vider la maison d'à côté, puis les employés de la décharge ont mis tout le reste à l'arrière d'un vieux camion. Ma grand-mère connaissait le type de la décharge et, après un bref échange avec lui, il a demandé à ses deux fils de déposer un vieux piano droit délabré contre le mur de notre salon. J'avais sept ans. Assez grand pour apprendre à jouer. Elle avait dans l'idée de me faire apprendre quelques chants d'église pour les jouer pendant les réunions de son club de couture. Voilà comment j'ai commencé à faire de la musique. La radio du salon ne passait jamais de blues. Ma grand-mère l'avait calée sur la station qui diffusait ses feuilletons l'après-midi et ses émissions préférées le soir. Quand nous avons eu une seconde radio, elle fut vite surnommée «Radio Base-ball», et ça ne manquait jamais, à chaque retransmission, j'écoutais le match. Mais parfois j'essayais de tomber sur WDIA qui émettait depuis Memphis, la première radio noire du pays où chantaient en direct des personnalités comme Rufus, Caria Thomas et B.B. King. En fin de soirée j'essayais de capter le Randy's Record Show de Nashville.
Résumé : John Lee est mort un jour de juillet, à New York. On a retrouvé son corps dans la 17e Rue, entre la 9e et la 10e Avenue. Il avait dix-huit ans. C'était un petit dealer qui "travaillait" après l'école. Qui a tué John Lee ? Quatre hommes possèdent un fragment de la vérité : Spade, Junior Jones, frère Tommy Hall et Q.I. Quatre destins qui incarnent la violence, la ruse, mais aussi l'espoir d'une rédemption, dans un quartier voué à la misère et à la drogue. " Pour évoquer les divers langages de ce petit monde, Gil Scott-Heron a choisi une écriture brutale, incisive, très dialoguée. Pas étonnant qu'il soit entré dans le monde de la musique, entre soul et rap, et qu'il soit également un poète reconnu. Paru en 1971, Le Vautour n'a pas vieilli tant la violence verbale, l'intransigeance des personnages et l'ironie de l'auteur nous secouent, entre enquête et littérature, entre réalisme et fiction noire. " Dinah Brand, Lire.
Résumé : Du Tennessee au Madison Square Garden, où il chanta "The Revolution Will Not Be Televised", Gil Scott-Heron était un homme de combats. Dans ces mémoires rythmés par son phrasé vif et imagé qui inspira des générations d'artistes, il évoque son enfance mouvementée mais aussi ses rencontres avec Bob Marley, Michael Jackson ou Stevie Wonder, qui l'embarqua dans une tournée en hommage à Martin Luther King. Gil Scott-Heron (1949-2011) est musicien, poète et romancier. Citoyen noir américain engagé, il est considéré comme le précurseur du rap et a notamment influencé de nombreux musiciens issus du mouvement "Spoken Word". "?uvre d'un véritable écrivain et magicien des mots, La Dernière Fête est aussi passionnant et indispensable que les Chroniques de Bob Dylan." The New York Times Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Stéphane Roques
Résumé : John Lee est mort un jour de juillet, à New York. On a retrouvé son corps dans la 17e Rue. Il avait dix-huit ans. C'était un petit dealer, toujours à l'affût d'un coup, qui " travaillait " après l'école. Alors, qui a tué John Lee ? Quatre hommes possèdent un fragment de la vérité : Spade, Junior Jones, frère Tommy Hall et Q.I. Quatre destins qui incarnent la violence, la ruse, mais aussi l'espoir d'une rédemption, dans un quartier voué à la misère et à la drogue. Ce " polar " au réalisme impeccable est aussi un grand roman politique sur l'Amérique urbaine de la fin des années 60, qui allait bientôt basculer dans la violence raciale.
Résumé : John Lee, petit dealer new-yorkais de dix-huit ans, est mort assassiné. Quatre hommes qui l'ont connu possèdent un fragment de la vérité : Spade, qui contrôle tout le quartier, Junior Jones, un chef de bande, frère Tommy Hall, militant noir et éducateur, et QI, l'intellectuel de la rue. Tous ont essayé de se tirer d'affaire... Gil Scott-Heron (1949-2011) était musicien, poète et romancier. Citoyen noir américain engagé, il est considéré est l'un des précurseurs de la scène rap actuelle avec vingt albums enregistrés, deux romans et trois recueils de poèmes publiés, créant une synthèse entre la soul, le jazz et la poésie. " Un roman noir au réalisme suffocant, fustigeant la société américaine, son racisme, ses injustices criantes, l'hypocrisie de ses institutions. " Chronic'Art Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean-François Ménard
Ces gamins blancs, Huck et Tom, m'observaient. Ils imaginaient toujours des jeux dans lesquels j'étais soit le méchant soit une proie, mais à coup sûr leur jouet. [... ] On gagne toujours à donner aux Blancs ce qu'ils veulent". Qui est James ? Le jeune esclave illettré qui a fui la plantation ? Ou cet homme cultivé et plein d'humour qui se joue des Blancs ? Percival Everett transforme le personnage de Jim créé par Mark Twain, dans son roman Huckleberry Finn , en un héros inoubliable. James prétend souvent ne rien savoir, ne rien comprendre ; en réalité, il maîtrise la langue et la pensée comme personne. Ce grand roman d'aventures, porté par les flots tourmentés du Mississippi, pose un regard incisif entièrement neuf sur la question du racisme. Mais James est surtout l'histoire déchirante d'un homme qui tente de choisir son destin. Percival Everett est l'auteur d'une vingtaine de romans, de plusieurs recueils de nouvelles, de poésie et d'essais. James a reçu en 2024 le National Book Award et connaît un immense succès dans le monde entier. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Anne-Laure Tissut
Résumé : "Je m'appelle Rosie Lane, je suis forte et je vais me tirer d'ici". Ici, c'est-à-dire ce village du nord de l'Angleterre où réside la Gracieuse Congrégation des Pauvres Pécheurs dont fait partie Rosie Lane depuis sa naissance. Rosie n'a qu'une idée en tête : fuir l'emprise de cette communauté religieuse et de ses adeptes fanatiques pour vivre sa vie. A Londres, elle trouve un emploi de serveuse dans un pub, le Sunday Morning . Elle travaille dur, s'étourdit en écoutant Nick Cave, consomme de la codéine sans modération et rencontre des garçons. Mais tout cela ne suffit pas à guérir cette âme qu'exalte la lecture des poèmes d'Emily Dickinson et des Hauts de Hurlevent. Ni à lui faire oublier un premier amour brisé. Assoiffée de liberté, Rosie Lane trouvera-t-elle enfin l'apaisement ? Porté par une énergie irrésistible, ce portrait d'une jeune fille rebelle frappe par sa fraîcheur et sa justesse. Née à Madagascar, d'origine indienne, Shaïne Cassim vit en France depuis l'âge de sept ans. Elle a publié de nombreux livres pour la jeunesse et travaille dans l'édition.
Combien de temps va-t-elle tenir en seconde générale ? Elle se moque d'arriver en retard. Elle fait ça pour sa mère. En vérité, Kayden fait semblant." ; Kayden est bien entourée. A la maison, il y a A'isha, sa mère, qui trouve toujours du temps pour elle malgré la fatigue du travail, et Shadi, sa grande soeur, complice de toujours. Au lycée, il y a ses amis, Nelly la grande sportive, Samy le rêveur, et Djenna qui n'est jamais dupe de rien. Kayden observe les uns et les autres occuper les cases d'un système trop rigide. Elle écrit ce qu'elle voit, et ce qu'elle ne voit pas. Un jour, Mme Fontaine, la professeure de littérature redoutée, lit ce que Kayden a écrit. Une faille s'ouvre, elle le sent, Kayden sera la prochaine à réussir le concours d'entrée à Sciences Po. Dans une langue brute et vibrante, Fatima Daas signe un roman puissant sur l'ambition, la quête d'identité et la nécessité de se réinventer. Kayden doit-elle jouer le jeu... ou en changer les règles ?
La musique country et l'americana sont deux genres musicaux emblématiques des Etats-Unis, dont la diversité reflète la complexité de l'identité américaine, bien éloignée de l'imagerie stéréotypée véhiculée par le cinéma, la publicité et la bande dessinée. Témoin initial des histoires, des luttes et des aspirations des habitants du Sud, la country a évolué et s'est étendue, se mêlant à d'autres musiques (blues, folk, rock, électro, rap), fédérant ainsi un public toujours plus large autour d'une identité sonore populaire. L'americana est née à la fin des années quatre-vingt-dix, pour promouvoir de nombreux artistes qui se reconnaissaient davantage dans les valeurs sociales et progressistes, attachés à leur héritage traditionnel et désireux de s'émanciper des visées commerciales de l'industrie musicale de Nashville. Enracinés dans la riche histoire musicale américaine, ces deux genres explorent les thèmes universels des joies et des difficultés de l'existence. Cette anthologie retrace en 100 disques un siècle d'histoire de ces musiques, depuis les premiers enregistrements de la Carter Family jusqu'à Cowboy Carter de Beyoncé.
Né d'une mère noire jamaïcaine et d'un père blanc d'origine anglaise, Bob Marley (1945-1981) a révélé au monde l'universalité du reggae. Ses chansons - Get Up Stand Up, No Woman No Cry, etc. - en font, aujourd'hui encore, un des symboles de la contestation. Mais il est impossible de comprendre la singularité de cet auteurcompositeur-interprète sans essayer de le replacer non seulement dans l'histoire de la Jamaïque et de la musique noire américaine et caribéenne, mais aussi dans ces terreaux profonds que sont le panafricanisme et l'Eglise orthodoxe éthiopienne. C'est ce à quoi s'attelle cette biographie d'un réfractaire lumineux qui assurait ne jamais prendre de congés "parce que ceux qui s'emploient à rendre le monde encore plus mauvais ne sont jamais en vacances".
Résumé : A la radio à France-Inter, ainsi qu'à la télé, avec les émissions "Pop 2", et "Les Enfants du Rock", Patrice Blanc-Francard en a éveillé plus d'un à la musique, au carrefour des années 80. Aujourd'hui, il ouvre les portes de son jardin secret, le Jazz : "Déambuler avec passion dans le Jazz, ce paradis privé, est l'un de mes grands bonheurs. Mais la musique est assurément un art mystérieux. Et les codes de certaines formes de Jazz peuvent parfois sembler incompréhensibles, si l'on ne s'arme pas d'une certaine forme de curiosité, qui est je crois le meilleur défaut du monde. C'est pourquoi, avec cette soixantaine de récits de vies de musiciens (et musiciennes !), de lieux, d'événements, de disques cultes, j'ai voulu aborder autrement cette musique, le Jazz, passion de toute ma vie, et faire de ce Dictionnaire amoureux une collection d'aventures, de destins, pour ne pas dire de légendes, qui font la très riche histoire de cette musique".
Dans cet ouvrage, on partage le parcours de vie d’Amy Winehouse. Véritable phénomène de la scène jazz, la Britanique a séduit par son look mais encore plus par sa voix. Pourtant, Amy Winehouse a rejoint le tristement célèbre Club des 27 en 2011. Dans ce livre, on suit les premiers pas de la chanteuse jusqu’à sa descente au enfers. On explore ses relations familiales, ses influences musicales et on rencontre ceux qui ont précipité sa chute. Un récit émouvant !