Paru en 1950, le grand livre de Raymond Schwab (1884-1956) est une révolution qui valut la gloire à son auteur. Grand classique, La Renaissance orientale bouleversa la perception que le public se faisait des figures les plus célèbres de l'histoire contemporaine de la littérature et de la philosophie. Etrange affaire : célèbre dans le monde entier, l'ouvrage était introuvable en France. Avec élégance, rigueur et douce imperturbabilité, Schwab y montre tout ce que la pensée, la littérature, les sciences et les arts européens doivent à cette redécouverte obstinée des pensées orientales qui commença au XVIIIe siècle. La fascination exercée par l'Orient sur les sciences et les arts en Europe entre le XVIIIe siècle et la fin du XIXe, a dessiné en profondeur les perspectives panthéistes dans lesquelles notre civilisation a voulu définir sa modernité. Alors que la "première Renaissance" redécouvrait au XVIe siècle l'Antiquité gréco-romaine, cette "seconde Renaissance", aux XVIIIe et XIXe siècles, ouvre les structures mentales de l'Europe à l'Orient. Celui-ci est conçu à la fois comme son autre et comme son origine, puis transformé en quelque chose qui va devenir ce qu'est notre monde. C'est la manière dont les sources orientales ont pu donner lieu à une appropriation européenne qui intéresse l'auteur. Dès lors le matériau qu'il inspecte est considérable : citons pêle-mêle et parmi tant d'autres Lamartine, Hugo, Michelet, Baudelaire, Wagner, Goethe, Nietzsche, Shelley, Leconte de Lisle, Emerson, Flaubert... Les sources du basculement de toute une civilisation dans la grande accélération moniste est la préoccupation majeure de ce livre. Celui-ci s'est imposé, au fil du temps, comme une éblouissante somme d'histoire des idées tout autant que, de l'aveu même des spécialistes, comme la plus magistrale histoire de l'orientalisme jamais écrite. Lors de sa traduction anglaise il y a quelques années, le Journal of Asian Studies écrivait ainsi de La Renaissance orientale qu'il s'agissait "d'une oeuvre extraordinaire", et que "la richesse des détails, la synthèse imaginative des matériaux, la présentation captivante y étaient inégalées en ce domaine". Dans le New York Times, Bernard Lewis en personne concluait : "Le livre de Schwab apporte un magistral éclairage, enrichissant en profondeur notre compréhension de la tradition intellectuelle et de sa place dans l'évolution du monde occidental". Voici ce chef-d'oeuvre à nouveau significativement disponible pour la première fois depuis sa parution. Une belle introduction de Thibaut Matrat fait portrait de l'auteur en sa vie et ses livres.
Nombre de pages
452
Date de parution
06/09/2024
Poids
800g
Largeur
180mm
Plus d'informations
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EAN
9782251455921
Titre
La Renaissance orientale
Auteur
Schwab Raymond ; Matrat Thibaut
Editeur
BELLES LETTRES
Largeur
180
Poids
800
Date de parution
20240906
Nombre de pages
452,00 €
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La découverte des civilisations orientales par l'Occident, à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, grâce notamment au déchiffrement du sanskrit, fut comme une seconde Renaissance, une "Renaissance orientale", qui mit rapidement au centre de la vie culturelle, en particulier chez les Romantiques, la dimension spirituelle de l'Asie. Maître-livre sur le pouvoir des influences culturelles, sur la porosité des idées, sur le rôle crucial des personnages secondaires, passeurs anonymes, traducteurs, compilateurs, universitaires, sans lesquels Goethe, Hugo ou Schopenhauer n'auraient pas eu accès à l'Orient, cette somme éblouissante peut se lire aujourd'hui comme la première histoire globale de l'orientalisme.
Anna Federner, vieille gouvernante allemande, bougonne et bornée, dirige de son mieux la maison de Miss Mathilde. Les jours se succèdent, ternes, monotones, uniquement rythmés par les petits drames du quotidien. Et la brave Anna meurt de n'avoir pas su vivre... D'une plume juste et sobre, Gertrude Stein évoque la banalité du quotidien et le destin manqué d'un c'ur simple.
A la fac, Eli le brun et Victor le blond partagent la même chambre. Ils sont inséparables et pourtant absolument aux antipodes l'un de l'autre. Victor, c'est l'ombre : complexe et torture, il passe ses journées à noircir les ouvrages de développement personnel de ses parents pour laisser apparaître des slogans d'un pessimisme saisissant. Eli, c'est la lumière - un garçon fascinant, doté de toutes les qualités, charismatique et solaire. Pourtant, sous la surface lisse du visage parfait de son ami, Victor entrevoit des démons inavouables. Et il n'est pas au bout de ses surprises,.. Car un jour, Eli fait la découverte du siècle : des pouvoirs surhumains semblent se manifester chez ceux qui ont subi une expérience de mort imminente. On les appelle des EO - pour "ExtraOrdinaires". Aveuglés par l'ambition et la curiosité, les deux amis se lancent un défi insensé celui de frôler la mort pour percer ce mystère. Malheureusement, leur tentative tourne au désastre. Dix ans plus tard, Victor croupit en prison, tandis qu'Eli est acclamé en héros. Mais ce que le monde entier ignore, c'est que le véritable monstre rôde dehors, en toute liberté...
Les Belles Lettres regroupent dans ce somptueux coffret réalisé par Benjamin Van Blancke les deux volumes d'Isaac Asimov consacrés à l'histoire romaine, de sa fondation à sa chute. C'est sa fascination pour l'histoire du grand Empire romain qui inspira Asimov pour construire son Empire galactique dans le Cycle de Fondation, oeuvre qui s'est rapidement imposée comme un classique et comme une référence de la littérature de science-fiction. Dans La République romaine, Asimov retrace l'épopée d'une petite tribu qui a bâti en l'espace de 500 ans, grâce à son audace et à son ingéniosité, l'une des civilisations les plus brillantes de l'histoire : Rome. De la fondation légendaire par Romulus à l'avènement d'Auguste, Asimov dresse, grâce à sa maîtrise parfaite de la narration, un tableau limpide de cette époque fascinante. Chaque chapitre s'ouvre sur l'une des superbes illustrations de Benjamin Van Blancke, et immerge tout entier le lecteur dans cette « suite extraordinaire de triomphes et de désastres, de faits de bravoure au combat et de bêtise dans la paix, d'intrigues sordides et d'idéalisme glorieux » (Isaac Asimov). Dans le second et dernier volume consacré à l'histoire romaine, Isaac Asimov guide ses lecteurs à travers les quatre siècles durant lesquels Rome assura son hégémonie sur le monde occidental, apportant la paix à une centaine de millions de personnes. L'Empire romain reprend le récit là où La République romaine l'avait laissé, à l'avènement d'Auguste et au début du principat, et couvre toutes les lignées d'empereurs jusqu'aux royaumes germaniques et à la victoire de Clovis à Soissons, qui marque la fin de la tradition romaine, 1239 ans après la fondation de la Ville par Romulus. Se plaçant en chroniqueur lucide, Asimov, au moyen d'anecdotes savoureuses et d'apartés, relie la « grande » histoire, celle des batailles et des dirigeants, à la « petite », celle du quotidien et des masses anonymes. Ce volume est, comme le précédent, illustré par les majestueux dessins de Benjamin Van Blancke.
Depuis sept ans, Le Bulletin des Belles Lettres est le compagnon idéal de vos bibliothèques, arpentant les livres et les époques avec pour seule boussole un thème annuel. Ce numéro part à la rencontre des langues imaginaires, nées par frictions étincelantes avec notre réalité commune. Il rend hommage à l'intraduisible, à ce qui se joue à la lisière des langues et des mondes connus. Certains tissent des mots comme un flot, de conscience ou de rimes. Chez Simine Dânechvar, Virginia Woolf et James Joyce, la langue romanesque prend des formes intimes qui subjuguent la conscience ; les poètes Yahya Kemal et Ahmet Hâsim réinventent l'art poétique turc ; avec Rilke la poésie passe d'une rive à l'autre ; Lewis Carroll fait du langage sa créature. D'autres parlent des langues nouvelles. Déchiffrez l'elfique de Tolkien et conversez en na?vi ; adonnez-vous à la glossolalie jubilatoire d'Antonin Artaud ; inventez des hiéroglyphes avec Athanasius Kircher ; écoutez la confession d'un interprète extra-terrestre mise en récit par Alexander Dickow et animée par Laurent Gapaillard. Cryptogrammes pirates, alphabets sorciers, runes merveilleuses et faux japonais d'un mythomane génial vous initieront au mystère des signes.
Claudel Paul ; Caron Maxence ; Soeur Marie de l'as
Cet ouvrage n'a guère à voir avec ce que l'on publia jusqu'à présent de Claudel (1868-1955). Il est un fait qu'en dehors de quelques titres, l'un des plus célèbres écrivains du monde n'est aujourd'hui connu dans son pays que de nom. Ce volume édite ses livres capitaux. Il est préfacé par Émilie d'Arvieu (Soeur Marie de l'Assomption), dominicaine et arrière-petite-fille du grand homme. Claudel n'est pas un écrivain comme les autres : derrière cette force qui plonge dans le puits de Jacob un bras sculpté par Isaïe, Eschyle et Rimbaud, il est la plus puissante figure fondatrice de l'Histoire contemporaine. Cette figure est encore si proche de nous, que nous commençons seulement d'apercevoir l'ampleur où conduit sa parole. Entrant un jour de Noël à Notre-Dame ce « grand coeur catholique », qui d'abord ne le fut point, se convertit au christianisme de manière aussi fulgurante qu'inattendue. Il fréquente alors chez Mallarmé où il se rencontre avec la jeune avant-garde. Irréductible aux manières des habitués de la rue de Rome, Claudel crée une oeuvre souverainement affirmative en qui l'art est indissociable de l'annonce de la Vérité. Or, annoncer la Vérité, c'est ce que signifie précisément le mot « prophétie ». Prophétiques, les oeuvres de Claudel le sont par nature : armées de l'héritage de l'immortalité antique dont elles déduisent un symbolisme universel, elles dépassent les avant-gardes. Claudel traverse ainsi les genres littéraires, qu'il soumet à cette exigence prophétique et dont il obtient une parole nouvelle et éternelle. Poète, bien sûr, puis dramaturge dont le théâtre est un poème à plusieurs voix, il est d'abord un penseur au sens le plus pur. Ainsi, après avoir achevé Le Soulier de satin, il laisse le théâtre et consacre trente ans de sa vie à l'invention d'une nouvelle forme : la méditation biblique totale, en qui s'unissent tous les arts au sein d'une seule pensée récapitulant sa plénitude. Ces livres de philosophie, véritablement katholiques, prolongent sa recherche poétique qui, dépassant à présent le cadre d'un « théâtre dont la scène est le monde », épouse en une langue sublime les contours de l'Écriture Sainte afin de découvrir le sens de notre monde et la clef de son avenir. Jamais de tels textes n'avaient été écrits. Avant que Claudel ne manifestât cette unité qui mène des Cinq grandes Odes à Un poète regarde la Croix en passant par l'étincelant examen de notre époque au regard de l?Apocalypse, jamais n'avait été établie la cohérence qui va de la poésie à la pensée la plus intense. C'est ce parcours, cette cohérence, cet art, cette unité d'une vie qu'incarne notre ouvrage en réunissant les livres majeurs où, traçant son chemin entre grands poèmes et traités bibliques abyssaux, se révèle la pensée prophétique de Claudel.
Pendant une douzaine d'années, Jean-Pierre Otte s'est attaché à rassembler les mythes premiers du cercle Arctique, des deux Amériques, de l'Afrique noire, de l'Océanie et de l'Australie de l'"Ere du rêve". Ces mythes de création qui, dans le recours à l'imaginaire, demandent à la vie le secret de ses origines, étaient peu connus, dispersés ou fragmentaires, souvent jamais traduits de la langue dois laquelle les grands voyageurs et les premiers ethnographes les rapportèrent. Dans un second temps - et cette démarche fera date -, Jean-Pierre Otte s'est efforcé d'amener ces grands récits de la tradition orale à l'existence écrite. Son travail dans la rigueur n'en est pas moins une transposition poétique, aussi vivante et passionnée que possible. Il s'agissait d'amplifier le sens, d'exalter les couleurs, d'accentuer les contrastes, et de mettre en évidence, sans le dénaturer, le contenu philosophique, métaphysique, religieux, amoureux ou moral des mythes du commencement. Rendus magnifiquement, ces matins du monde ont été choisis pour être représentatifs des grands courants cosmogoniques, lesquels ne sont peut-être, malgré leurs différences, ou plutôt grâce à elles, que la diversité fabuleuse et fertile d'une unité foncière inscrite au plus profond de la mémoire du monde et de la nôtre.