Présence de Vladimir Jankélévitch. Le charme et l'occasion
Schwab Françoise ; Bouratsis Sofia Eliza ; Brohm J
BEAUCHESNE
48,50 €
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EAN :9782701015798
Vladimir Jankélévitch a marqué la philosophie française contemporaine par la richesse et la subtilité de sa réflexion. Son Truité"des rama, ses analyses de l'amour. de la mauvaise conscience. du mal, du pardon, du mensonge. de l'imprescriptible, de l'humour. de l'ironie. du pur et de l'impur, ont précédé sa magistrale synthèse finale, Le l'ara lare de la morale. Dans la lignée de Bergson dont il fut le disciple et le continuateur inspiré. Vladimir Jankélévitch s'est aussi singularisé par la fulgurance de sa Philosophie première et la profondeur de ses méditations métaphysiques sur La Mort, L'Irréversible et la nostalgie. Le Je ne-sais-quoi et le Presque-rien. Tain aussi originale a été sa passion pour la musique qu'il n'a jamais séparée de son écriture philosophique. Dans d'érudites et poétiques évocations, il a célébré comme nul autre le mystère de l'instant, les parfums de la nuit. la présence lointaine, l'évanescence du silence, l'improvisation rapsodique qui faut de la musique"l'inexprimable fécond de la vie, de la liberté. de l'amour". Son engagement résolu dans la Résistance française contre la barbarie nazie et le régime collaborationniste de Vichy. ses prises de position militantes contre les dictatures et les violations des droits de l'homme. son intransigeante défense de la philosophie ont témoigné de son éthique résistante qu'il a su transmettre à des générations d'étudiants. C'est à cette pensée libre et exigeante que le présent ouvrage rend hommage en restituant les Actes du colloque organisé sous l'égide de l'Association Vladimir Jankélévitch par Françoise Schwab. Frédéric Worms et Jean-Marc Bouvière les 16 et 17 décembre 2005 à l'Ecole Normale Supérieure de Paris:"Vladimir Jankélévitch: Actuel, Inactuel". Ce recueil a été enrichi par d'autres études, témoignages et documents, et complété par une notice biographique et la bibliographie exhaustive de Vladimir Jankélévileh. Ont également été republiés des conférences, articles et entretiens devenus introuvables de Vladimir Jankélévitch qui illustrent les principales thématiques de son oeuvre."
Nombre de pages
465
Date de parution
17/11/2010
Poids
666g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782701015798
Titre
Présence de Vladimir Jankélévitch. Le charme et l'occasion
Auteur
Schwab Françoise ; Bouratsis Sofia Eliza ; Brohm J
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
135
Poids
666
Date de parution
20101117
Nombre de pages
465,00 €
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Le livre de Françoise Schwab vient combler un vide. Il s'agit de la première biographie du philosophe et musicographe Vladimir Jankélévitch (1903-1985) - dont l'importance, non seulement en France, mais aussi à l'étranger, en particulier en Italie et en Allemagne, où ses prises de position contre le nazisme sont toujours au coeur des débats, ne cesse de grandir.Françoise Schwab, qui fut une de ses proches, a publié les ouvrages posthumes de Vladimir Jankélévitch et organisé de nombreux colloques consacrés à l'actualité et à l'originalité de son oeuvre. Son essai se propose de croiser les dimensions biographiques et intellectuelles de ce penseur majeur. On découvre l'itinéraire d'un homme extraordinaire qui fut pris dans les combats de son temps, depuis l'École normale supérieure, où il fut admis avec Raymond Aron et Jean Cavaillès, à sa filiation avec Henri Bergson, mais aussi avec les penseurs russes de l'exil, comme Nicolas Berdiaev, sans oublier son combat décisif pour la Résistance pendant la guerre.Au service de l'universalité d'une pensée vive, ravivée au creuset de son identité juive, Vladimir Jankélévitch a questionné la Grèce, le legs romain et celui de toute l'Europe. Il a été un homme dans son temps, un Socrate au milieu de la cité, que ce fût à Prague, à Lyon ou lors des événements de Mai 68, voire lors des états généraux de la philosophie à la Sorbonne en 1979.
Nul besoin de caution pour s'intéresser à l'oeuvre monumentale de Vladimir Jankélévitch (1903-1985) qui traverse de bout en bout le XXe siècle. Philosophe, écrivain, pianiste, musicologue, résistant, témoin et victime d'une guerre qui a « coupé sa vie en deux », infatigable marcheur de la gauche, professeur en Sorbonne... C'est tout cela que fut Vladimir Jankélévitch. Les visages de l'homme sont multiples et ce Cahier, à partir de conférences et d'articles de Jankélévitch désormais introuvables (sur la musique, la religion et son judaïsme), de documents historiques (un CV corrigé de la main de Jankélévitch, une attestation de Résistance), d'engagements publics (sur l'enseignement de la philosophie, sur l'Université française, sur la Shoah, sur l'Allemagne d'après-guerre), mais aussi, d'articles critiques et de témoignages de ses collègues, disciples et fidèles amis, permet d'en dessiner tous les contours. Toutes les pages de ce Cahier démontreront sans peine l'actualité d'une pensée qui lie tous les champs du savoir classique à l'exigence quasiment existentielle de la morale.Notes Biographiques : Philosophe et musicologue français, né dans une famille d'intellectuels russes, Jankélévitch entre en 1922 à l'École normale supérieure où il étudie la philosophie. Il rencontre en 1923 Henri Bergson avec qui il entretiendra une longue correspondance et à qui il consacrera un ouvrage en 1930. En 1941, pendant la guerre, il part à Toulouse où il s'engage dans la Résistance et donne des cours de philosophie clandestinement. Il devient titulaire de la chaire de philosophie morale à la Sorbonne de 1951 à 1979. Françoise Schwab, Pierre-Alban Gutkin-Guinfolleau et Jean-François Rey
Vladimir Jankélévitch, né le 31 août 1903 à Bourges, aurait eu cent ans en 2003. Professeur à la Sorbonne de 1951 à 1979, il a marqué de nombreuses générations d'étudiants par ses cours de morale et de métaphysique mais aussi par sa personnalité chatoyante, fougueuse, chaleureuse, humaine. Il n'a pas seulement écrit des livres aussi importants que Le Traité des vertus ou La Mort, mais il a également introduit un regard neuf sur la musique du XIXe et XXe siècle. Dix-huit ans après sa mort (6 juin 1985), alors que son oeuvre est traduite dans de très nombreux pays, il était important de faire le point sur l'apport de sa personnalité et de ses oeuvres autour de trois thèmes principaux : la philosophie, la musique, l'engagement dans le siècle. Philosophe engagé, il fut de tous les combats de son siècle (Résistance, mémoire de l'indicible) joignant philosophie et histoire vécue. La pensée morale de Jankélévitch nous ramène à ce qu'il privilégiait entre tout : une vie vécue selon l'ordre du coeur puisque ce dernier et lui seul, constitue la vraie structure d'acte de sa philosophie. Par son désir de faire reconnaître le primat absolu de la morale sur toute autre instance, Vladimir Jankélévitch aura, sans le vouloir, mené le combat de notre siècle ; c'est pourquoi son oeuvre survivra aux climats changeants de la philosophie.
Vladimir Jankélévitch, philosophe du devenir et grand théoricien de la morale, a laissé une oeuvre immense. Composé de textes rares, jalons essentiels de sa pensée, cet ouvrage regroupe les premiers livres de morale du penseur. Entre le premier et le dernier écrit de cette somme, quelque trente ans se sont écoulés (1933, année de sa thèse, La Mauvaise Conscience, et 1967, parution du Pardon). Ce laps de temps équivaut à un nombre d'années qui pèse du poids de la douleur infinie. Avant, la vie d'un jeune et brillant universitaire, à la pensée nimbée d'irrationalisme. Après, l'existence continuée de celui que les épreuves de la guerre ont tant marqué. Le philosophe d'âge mûr, chassant les idéologies teintées de romantisme, unissant la pensée et l'action, fait de la volonté le commencement et la fin de tout car, dit-il, "la volonté peut tout, la volonté est plus forte que la mort".
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.