Comment les évolutions du catholicisme anglais expliquent-elles la transformation de son regard sur la « Question juive » pendant les 50 ans qui séparent la fi n de la Grande Guerre de la mise en oeuvre de la déclaration conciliaire sur les Juifs ? L'idée d'une « Question juive » s'impose en Angleterre à la suite de la Révolution d'Octobre et de la Déclaration Balfour. Parmi les catholiques, elle donne lieu à des approches qui se diffractent entre lectures politiques et lectures spirituelles, jusqu'à ce que l'évidence des persécutions en Allemagne plonge dans l'effroi une élite catholique qui se refuse à légitimer la brutalité nazie. La nécessité de venir en aide aux réfugiés juifs convertis au catholicisme rapproche alors catholiques et Juifs, et débouche sur la création d'une instance de coopération judéo-chrétienne en 1942. Entre catholiques et Juifs anglais, une nouvelle dynamique se met alors en place, qui s'appuie au cours de années 1950 sur le développement de perspectives oecuméniques, et valorise l'approche uniquement spirituelle de la « Question juive », à l'origine du dialogue judéo-catholique qui s'initie en Angleterre après le second Concile de Vatican.Olivier Rota est docteur en Sciences des religions, et habilité à diriger des recherches en Histoire. Il travaille sur les questions relatives à l'histoire contemporaine des minorités religieuses, du dialogue inter-religieux et de l'apostolat, en Angleterre, Israël et France. Il est membre de l'Institut d'Étude des Faits Religieux (IEFR).
Nombre de pages
802
Date de parution
24/06/2021
Poids
860g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782204143325
Titre
Les catholiques anglais et "la question juive"
Auteur
Rota Olivier
Editeur
CERF
Largeur
151
Poids
860
Date de parution
20210624
Nombre de pages
802,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Au cours du Concile Vatican II, l'Eglise, "scrutant son propre mystère", redécouvrait son lien avec le judaïsme. L'impact sur les relations judéo-catholiques fut indéniable, notamment en France, même si cela n'alla pas sans réticences de part et d'autre, et l'asymétrie entre les interlocuteurs mit longtemps à s'estomper. Mais au-delà des manifestations de bonne volonté, une question fondamentale demeure encore en suspens : le dialogue est-il possible sur le plan théologique ? L'ouvrage collectif dirigé par Olivier Rota aborde, peut-être pour la première fois dans un cadre universitaire, cette question de fond. Il souligne qu'un préalable d'une portée considérable a déjà été accompli : la dissociation entre histoire et théologie. L'apport de la nouvelle historiographie aussi bien juive que chrétienne de la période des origines du christianisme permet désormais de dépasser les thèmes de "rupture" et "substitution" et de redécouvrir comment judaïsme et christianisme se sont construits l'un face à l'autre à partir d'une souche commune. C'est dans cette aspiration à une fraternité retrouvée, sans prétention à une quelconque supériorité d'un côté ou de l'autre, que les participants à cette riche journée d'étude mettent leur espérance d'une révolution théologique.
L'histoire de l'apostolat reste à écrire. Dans le cadre du présent volume, nous avons choisi de traiter d'une histoire particulière : celle d'un groupe de jeunes femmes qui a travaillé à « l'apostolat direct » des Juifs dans la Palestine mandataire, avant d'être absorbé en 1936 par la Congrégation de Notre-Dame de Sion, impliquée dans la conversion des Juifs. Devenues infirmières, jardinières d'enfants, aides sociales, elles ont évolué dans des milieux juifs où leurs conceptions de l'apostolat se sont transformées. Résistantes pendant la Seconde Guerre mondiale, elles ont sauvé de nombreux Juifs. Leur apostolat de conversion s'est progressivement mué en un apostolat dégagé de toute visée prosélyte. Le présent ouvrage retrace l'histoire de cette mutation qui fait écho aux grands bouleversements de l'apostolat catholique des années 1930-1970.Olivier Rota est historien, docteur en sciences des religions, membre de l'Institut d'Étude des Faits Religieux. Il travaille sur les questions relatives à l'histoire des minorités religieuses, du dialogue interreligieux et de l'apostolat, notamment féminin.
Un siècle sépare le premier Concile de Vatican (1869) du second (1962-1965). Période de renouvellement paradigmatique pour l'Eglise catholique, ce siècle fut aussi celui d'une reformulation des relations judéo-chrétiennes. Il faut voir plus qu'une coïncidence dans la synchronie de ces deux phénomènes. L'entrée dans la modernité a modifié les conditions propres à l'existence juive et chrétienne, conduisant à terme à de profondes modifications dans la relation tissée entre Juifs et chrétiens. Défi indépendamment lancé à l'Eglise catholique et aux Juifs, la modernité se trouve en effet au coeur des nouvelles dynamiques relationnelles que tissent chrétiens et Juifs après la révolution française et l'ouverture des ghettos européens. La modernité est un retour de l'homme vers lui-même, à l'origine d'un mouvement général de prise de conscience de soi. Attentif au fait que la rénovation du discours catholique sur le Juif s'est produite dans les cadres donnés par la modernité, nous soutenons l'argument suivant : ce sont les tumultes de la modernité qui ont engendré une nouvelle compréhension des relations entre catholiques et Juifs. Seules les conditions modernes d'existence ont finalement été capables de briser la logique circulaire et auto-référente de la tradition antijuive de l'Eglise. En quête d'éléments endogènes et exogènes pouvant donner sens aux tensions et aux transformations du discours catholique sur le Juif, nous nous proposons de saisir la trajectoire suivie par le philosémitisme paulinien dans la modernité.
L'engagement des femmes catholiques dans l'institution ecclésiale a conduit, au XXe siècle, à bouleverser les représentations admises des rôles féminins dans l'Église. Puisant dans leur foi chrétienne la source de leur action, ces femmes ont dû répondre aux questions suscitées par leurs contacts avec les mouvements féministes, suffragistes ou syndicalistes de leur époque. Consacrées à des situations variées, révélatrices de la pluralité des engagements, les différentes contributions rassemblées ici entendent participer au mouvement de croisement, déjà engagé dans les sciences sociales, entre l'histoire des religions et les études de genre. Il permet d'éclairer les situations, notamment conflictuelles, engendrées par l'engagement féminin dans une institution caractérisée par ses structures hiérarchiques masculines et une longue histoire de pouvoir masculin.
La Bible de Jérusalem est le fruit de la traduction collective des textes hébreux et grecs par l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem qui lui a donné son nom. La première version est parue en 1956. La version actuellement imprimée date de 2000. La qualité des introductions, des traductions et des notes reflète le meilleur de la recherche exégétique contemporaine. La mise en pages réjouit l'oeil tout en facilitant l'intelligence du texte - l'usage de strophes signalant par exemple les passages poétiques. Cette disposition est devenue un modèle pour toutes les bibles modernes ultérieures. Des références dans les marges renvoient à d'autres passages. La Bible de Jérusalem est actuellement la traduction biblique la plus répandue en France, et fait figure de classique. La fidélité aux textes originaux en fait une bible d'étude. La qualité littéraire de sa traduction, la grande attention portée à son vocabulaire et à son style en font une bible pour la lecture, adaptée à tous les publics. Les livres présentés sont ceux du canon catholique.
Depuis la vague d'attentats de janvier 2015 jusque dans des tragédies plus récentes, une incompréhension mine notre société : comment des jeunes, français ou installés en France de longue date, peuvent-ils adopter des positions haineuses à l'égard de ceux qu'ils décrivent comme leurs ennemis ? Comment des campagnes de harcèlement peuvent-elles se développer sur les réseaux sociaux pour dénoncer les contenus de certains cours ? Les questions sont complexes, et n'appellent pas des réponses simplistes. Cet ouvrage - élaboré dans une perspective interdisciplinaire (droit, philosophie, psychologie, sciences de l'éducation, sociologie, théologie) - aborde concrètement les difficultés et les actions possibles, associant chercheurs et acteurs du terrain éducatif. Le monde éducatif est, en effet, confronté à la problématique du décalage entre discours se voulant scientifiques et dogmes religieux, menant dans certains cas au dysfonctionnement de l'institution scolaire (avec notamment le refus de participer à certains cours). La réflexion et l'action sur ce thème supposent donc de ne pas prendre de position surplombante, mais de pallier la méconnaissance du phénomène religieux chez une partie de ceux qui se confrontent à ses manifestations contemporaines, et de prendre la mesure des failles psychiques, intellectuelles, voire spirituelles de nos dispositifs collectifs d'éducation et de transmission du savoir. Les expressions religieuses contemporaines les plus extrêmes seraient alors à penser dans ce cadre du déficit des valeurs symboliques partagées qui feraient lien...